We have a dream…

L’Écosse

 

 

Suite et pour les photos voir sur FB

Première journée en Angleterre
Nous sommes le 02 mai 2016, à 8h20 précise, la rigueur britannique est bien au rendez-vous, la navette d’eurotunnel s’ébranle pour nous emmener non pas à vingt mille lieux sous les mers mais seulement à quelques dizaines de mètres ce qui ma foi, nous suffit bien. J’avais tellement entendu parler de ce fameux tunnel que je tenais vraiment à le prendre au moins une fois dans ma vie. Je pensais amortir le coût du voyage en embarquant quelques clandestins dans Lapinou mais même après avoir fait le tour en long et en large du village de Sangate, pas moyen d’en voir la queue d’un… C’est plus facile de les voir à la télé. De même, au moment d’embarquer dans les wagons d’Eurotunnel, on s’attendait à être pris d’assaut par une meute de sans-papier affamés mais non, rien, rien de rien… Même dans notre navette d’ailleurs il n’y a rien, seulement trois véhicules pour toute la rame qui doit pouvoir en contenir une centaine… Je comprends mieux les raisons du déficit chronique de l’entreprise.
Une demi-heure plus tard, Lapinou pose ses roues sur le goudron humide de Folkestone. Les images stéréotypées que nous avons en tête d’une Angleterre humide et toujours sous le brouillard ne sont pas contrariées… Nos premiers kilomètres sur la voie de gauche se font sous la pluie et dans le fameux fog (brouillard normalement spécifiquement londonien mais qui a du faire le déplacement pour nous saluer!) On s’arrête sur le parking d’une grande surface pour retirer des livres sterling dans un distributeur mais surprise, il faut déjà payer une livre (1,40€) pour pouvoir utiliser le parking une heure, remboursable seulement pour un minimum de cinq livres d’achat dans la grande surface… Bien sûr on ne paye pas (question de principe) et quand on revient deux heures plus tard après avoir effectué une petite visite touristique du village et acheté quand même pour 15 livres de bouffe dans la grande surface, on se prend une remonté de bretelle par le gardien du parking. Comme il me demande d’aller prendre un ticket, je lui dis que non, puisqu’on s’en va… On a quand même une réputation française à défendre, ce n’est pas parce qu’il y a des réglementations bêtement commerciales uniquement destinées à enrichir les déjà nantis que l’on doit s’y conformer comme des moutons. Le gardien m’a répondu que j’avais de la chance, je ne sais pas si c’était à propos de mon raisonnement ou du fait d’avoir échapper à une amende mais oui, c’est comme ça…
Nous avons prévu de faire notre premier bivouac près de Stonehenge et lorsque nous arrivons sur le site nous sommes accueillis par une belle éclaircie. Encore un signe. Quel bonheur d’arriver, après une journée de pluie et de brouillard dans un lieu aussi mystique sous un soleil radieux. Les nuages se dissipent à grande vitesse, bien aidés par un vent assez soutenu et bien assez frisquet… J’apprécie mon bonnet péruvien qui ne me quitte plus.
Par contre ici aussi, ils ont vu la vierge…
22 euros par personne pour aller voir, même pas de près, un petit tas de cailloux au beau milieu d’un immense pré!
…faudrait p’être bien pas prendre les français pour des américains, mais heureusement y sont pas fous les ploucs gaulois!
Alors on fouine, on ouvre et on referme des barrières de passage pour les troupeaux, on observe les mouvements en dehors du site officiel et hop, on se faufile le long des frêles barrières qui encadrent le territoire payant pour arriver finalement à avoir une très belle vue d’ensemble du site sous le soleil couchant. Pourquoi dépenser plus mon fils?
Bon, pour ce qui est des vibrations cosmiques et telluriques, on verra cette nuit ou demain matin…
Après un petit tour de reconnaissance avec Lapinou dans les chemins du Wiltshire pour essayer de trouver un lieu accueillant pour passer la nuit, nous revenons bivouaquer sur un accès champêtre au site avec vue imprenable sur les mégalithes. Mon pendule m’indique de bonnes vibrations annonciatrices d’une nuit paisible.
Cinq heures du matin (en Angleterre il y a une heure de moins qu’en France), quelques voitures d’irréductibles mystiques passent devant Lapinou endormi pour assister au lever du soleil sur ce site millénaire. Je me dis que c’est peut être l’occasion d’approcher un peu plus intimement des pierres et de profiter de l’absence des gardiens pour sauter quelques barrières…

Renaud m’accompagne.

Arrivé devant l’entrée
j’voulais pas payer 25 balles
alors j’me suis arraché
direction les barrières
lorsqu’est arrivé
un espèce de grand balaise
tout essouflé
il m’a quand même marmonné
qu’y avait deux espèces de gardiens
qui l’avait bien fait chier
mais qu’en passant quand même sur le côté
y’avait moyen de s’approcher…

Le grand balaise a sauté dans son berlingot et s’est éloigné visiblement bien contrarié.
Donc pas de communion intime avec le minéral pour cette fois mais les lieux mégalithiques ne manquent de toutes façons pas dans le coin…
Le soleil se lève en même temps qu’une légère brume enveloppe délicatement les pierres millénaires, l’atmosphère serait magique si il n’y avait ce bourdonnement incessant de la route hyper fréquentée qui passe à proximité du site. Décidément ce lieu est maintenant bien trop exposé aux vicissitudes de ce monde mercantile pour satisfaire mon amour de terre sauvage et authentique.
Peut-être que la Cornouaille, hors saison touristique, devrait pouvoir nous offrir quelques spots encore légendaires… Nous préférons pour le moment rester dans le sud de l’Angleterre, histoire de laisser encore un peu de temps à l’été pour qu’il puisse commencer à s’installer plus au nord, en Écosse par exemple… Ce n’est pas que l’on deviendrait frileux mais presque…
Une grosse étape plus tard, nous voilà donc arrivés à Looe, typique petit port de pêche de Cornouaille. (qui dit le routard de Roland qui date quand même de 1989…)
Beurk, gros site attrape-touristes, même si on est encore hors saison, bien que l’activité touristique ne semble débuter visiblement qu’au premier juin, ici comme sur la côte d’azur, tout est payant. Le site étant très escarpé, les places de parking sont vite limitées… et hors de prix! Ici aussi, visiblement il n’y a pas de petits bénéfices. Les camping car ne sont évidemment pas les bienvenus et même l’accès internet à l’office de tourisme du coin est tarifé. Le village est une succession de commerces internationaux, comme on peut en trouver dans n’importe quel village touristique du monde. Tout sauf dépaysant! Pourtant le sentier côtier serpentant le long des falaises déchiquetées paraît bien attirant. Nous expérimentons donc avec Lapinou nos premières petites routes à une voie où de rares espaces sont aménagés pour pouvoir permettre à deux petits véhicules de se croiser… Chance, on ne va croiser personne et nous finissons par dénicher au milieu de rien, une petite plate forme juste au bord de la mer idéale pour y établir notre bivouac du jour. En plus le fameux chemin côtier qui relie Looe à Polperro passe justement par ici… Mektoum
On va rester deux jours sur place à se balader à pieds le long du littoral et à rêvasser. La splendide petite église de Talland qui nous surplombe veille sur nous. Nous allons à pieds jusqu’au port de Polperro qui, contrairement à celui de Looe, va nous enchanter. Bon, la dimension touristique est toujours là mais le port est beaucoup plus petit et il en émane une quiétude apaisante. Il fait toujours grand beau, toute la campagne est en fleurs et pratiquement aucun touriste ne vient troubler la quiétude des lieux. Tout va bien. Merci.

Il est l’heure maintenant de prendre la direction du nord. Comme malheureusement on n’a pas cette fois l’éternité devant nous, on se farcit un jour et demi d’autoroute… Le seul plaisir de ses 36 heures, c’est que l’autoroute était gratuite…
Notre point de destination est la ville de Windermere dans une très belle région de lacs et de montagnes (the Lake District)
On va passer deux jours tranquille à sillonner une belle région vallonnée pleine de lacs aux bord desquels on peut trouver des bivouacs sympa sur des parkings où en théorie le stationnement de nuit est interdit mais où, visiblement hors saison une certaine tolérance est admise… Bon, les camping car anglais bien disciplinés vont dormir dans les camping et les ploucs, bin y attendent sagement qu’on les vire et comme personne ne vient, ils passent la nuit tranquille où ils veulent pour profiter des magnifiques levé ou couché de soleil.

Bon allez, maintenant il va falloir se bouger un peu pour prendre la direction du but de notre voyage quand même. Direction l’Écosse qui finalement nous apparaît plus lointaine que nous ne l’avions pensé…
On va profiter du beau temps qui semble s’être bien installé et décidé à nous accompagner. Environ quinze kilomètres après être entré en territoire écossais, juste après avoir traversé le village de Langdon, Argh, enfer et damnation, mille million de sabord, la valve du pneu tubless de la roue avant gauche de Lapinou se décide subitement à fuir… Après avoir parcouru plus de 70 000 kilomètres en Amérique sans une crevaison je suis parti cette fois un peu la fleur au fusil… Bof, pour un petit mois de vacance à côté de chez nous, je ne me suis inquiété de rien et je n’ai amené avec moi absolument rien pour pouvoir faire de l’entretien sur le camion… Et comme pour passer Lapinou au contrôle technique avant de partir, j’ai du enlever tout ce qui n’était pas nécessaire au fonctionnement du véhicule pour une question de poids et que je n’ai rien remis… je n’ai même pas de clé à tube pour démonter les écrous de roues! De toute façon ce n’est pas vraiment très gênant puisque je n’ai pas emmené de roue de secours non plus!
Allo? Mike Giver…
Bon, il va me falloir quand même plus de deux heures pour arriver à dévisser les écrous avec les moyens du bord mais je suis quand même parvenu à faire passer de l’arrière à l’avant, l’une des deux roues arrières jumelées en remplacement de la roue dégonflée. Nous retournons donc sur cinq roues au lieu de six dans le centre de Langdon pour essayer de trouver un garage. Nous sommes dimanche et bien-sûr le seul garage du village est fermé. Nous attendrons donc au bord d’une belle rivière qui traverse le bled, l’ouverture du garage demain matin. Lapinou attire du monde, les écossais serait-ils plus démonstratifs que les anglais qui nous ont superbement ignorés jusqu’à présent…
Je fais la connaissance d’Edouard, un gars natif du coin et visiblement grand voyageur depuis toujours. Je pense qu’il doit être à la retraite maintenant, il parle très bien le français et il revient juste de passer cinq mois en Equateur… Le personnage est étonnant et fascinant. En regardant juste une photo il est capable de me citer avec précision le lieu et le pays où la photo a été prise… Il connaît par cœur tout les départements de France et leurs chef-lieu et il n’apprécie pas particulièrement Paulo Coelho, mon idole. Bon, personne n’est parfait et en plus il est vrai que les livres de cet écrivain sont inégaux et que des fois il se l’a joue un peu, dans « le Zaïre » par exemple, mais j’ai tellement adoré « l’Alchimiste » ainsi que son livre sur le chemin de St Jacques de Compostelle qui ont certainement beaucoup contribué à me faire évoluer que je respecte beaucoup l’auteur. Pour revenir à Édouard, que j’aimerai bien connaître un peu plus profondément, je pense le revoir rapidement en France, ce qui confirmera, bien qu’il y ai longtemps que je n’ai plus aucun doute là dessus, que tout événement, même si il paraît de premier abord pas forcément agréable, est toujours motivé par un autre événement forcément agréable… Simple loi de l’équilibre. Dans le cas présent, une panne égale une rencontre. Pourquoi vouloir faire plus compliquer?
Le garagiste qui me change la valve hors-service, ré-équilibre aussi la roue, remonte et re-permute les roues avant et arrière dès qu’on arrive contre seulement 10 livres/sterling (14€). Ouf, à la campagne tous n’ont pas encore vu la vierge et en plus le patron se révèle hyper sympa. Il n’y a pas à dire, dès que l’on sort des lieux vraiment touristiques, on découvre un autre monde qui a encore conscience de la valeur des rapports humains et qui n’est plus seulement obnubilé par l’appât du gain. En tout cas, après l’indifférence des anglais, la chaleur des écossais nous est bien agréable.
Bon d’accord ça ne va pas durer bien longtemps car le lendemain, dans un tout petit village du nord de l’Écosse, à Inveraray exactement, en plein dans la région touristique des Loch, des voleurs ont essayé de forcer la porte de la cellule de Lapinou et cassé une clé dans la serrure pendant qu’on faisait le tour du village! On va dire que c’était peut-être l’œuvre d’étrangers… Mais Lapinou est blindé et ne s’en n’ai pas laissé compter. Le Sésame ne s’est pas ouvert et il a juste fallu encore bricoler une petite demi-heure pour arriver à extraire le morceau de clé cassée qui nous empêchait de rentrer dans Lapinou… Saurait quand même été ballot d’être obligé de dormir sur les sièges de la cabine de conduite alors qu’on avait tout le confort un mètre derrière. Bon, tout est bien qui finit bien et avec mon principe de l’équilibre, demain on devrait avoir une super bonne surprise. Youpee!
En tout cas ce soir et en attendant la surprise, comme on a décidé de ne pas se déplacer et de rester sur place, on a préparé le gourdin, la bombe anti-agression, la bombe anti-abeille et briefé le chien pour pouvoir recevoir dignement tous les cassos que l’on a cru voir défiler devant Lapinou depuis que l’on a pu réintégré la cellule… Comme quoi la disposition d’esprit influence fortement la perception des choses. Je pense que réellement la pensée positive peut induire une réalité positive sachant que, hélas, pour beaucoup de personnes, l’inverse est également valable… Finalement j’aurai quand même mis plus de trente ans pour comprendre le fameux « je pense donc je suis »… Un peu plus d’assiduité aux cours de philo m’aurait fait gagner du temps pour comprendre que le bonheur est dans le regard que porte l’individu sur la vie et que ce n’est pas la vie qui conditionne le bonheur, ce qui nous amène tout droit à la notion d’être ou d’avoir…

Zzzzzz Après une bonne nuit, nous continuons notre montée dans le nord de l’Écosse en direction de l’île de Skye. Sur le chemin nous croisons enfin la route de ses fameux châteaux mythiques qui peuplent mon imaginaire celtique. Tout est conforme, j’attend donc la venue de Neslie d’un moment à l’autre.
Bien que la terre soit privée de partout et qu’il n y ai que très peu d’accès aux lands intégralement occupées par des pacages à moutons ou par des hôtels à touristes, nous trouvons toujours des parkings avec de superbes points de vues suffisamment éloignés de la route pour pouvoir y passer des nuits tranquilles. Avant d’entrer sur l’ile de Skye, nous faisons une halte sur le parking du château sur lequel a été tourné le film Highlander. Ce château du XIV siècle, de nombreuses fois complètement démoli suite aux querelles régulières entre les celtes, les vikings, les normands, les espagnols, les jacobins, les végétariens, les écolos, bref rasé gratuitement suite aux traditionnelles querelles qui malheureusement agitent toujours le monde, a donc été complètement reconstruit par un Mac Rae entre 1912 et 1932. Ce qui est intéressant c’est que ce château est habitable, chauffé et meublé. Le panneau « Bed and Breakfast » n’est pas loin…
En attendant, de notre Bed and Breakfast privatif à roulettes, nous avons tout le loisir d’admirer un superbe coucher de soleil, juste sur les tours de la forteresse, à damner tous les vikings photographes hantant encore ce monde.
Le lendemain matin… Houp’s! C’est l’ouverture des soldes au château Eilean Donan Castle?
Il y a un monde fou sur le parking du château! On y trouve pêle-mêle une équipe de tournage d’un film indien, un allemand énervé de s’être vu refuser l’autorisation de pouvoir faire voler son drone au dessus du château, des français qui courent de partout, surtout là où c’est écrit interdit ou dangereux, des anglais qui se faufilent dans tous les recoins et toute une armada de gardiens en jupons qui essayent de maintenir un peu d’ordre dans toute cette frénésie. Oulala, on va vite prendre la panoplie d’Eric le Rouge est mettre fissa les voiles plein nord.

L’ile de Skye

On y accède par un pont moderne sans marque, fini l’époque des pont Lévis, et nous voilà partis à travers les méandres d’une côte particulèrement découpée. Nous traversons le village de Staffin lové dans une très belle baie puis nous trouvons rapidement un emplacement de bivouac magique sur la terrasse du Duntulm Castle Hôtel, situé juste à la pointe nord de l’île avec une vue imprenable sur les îles Hébrides. Nous allons assister une nouvelle fois à un magnifique coucher de soleil qui enflamme le paysage côtier. Alors que le soleil vient de se cacher derrière les montagnes des îles Hébrides, un gars venu dont ne sait d’où, descend à la main sur un trinqueballe maison un superbe canoë de mer par un petit chemin herbeux qui rejoint l’océan. Je le regarde incrédule s’éloigner dans la baie sur les eaux rougeoyantes… Le point devient de plus en plus petit jusqu’à disparaître de l’horizon qui s’assombrit tout doucement. Même pas peur (lui! pas moi…) A cette époque de l’année (mi-mai), le jour n’en finit pas de s’éteindre et je reste hypnotisé par la magie de ce lieu étrange. Les sons surprenants d’une batterie de musique qui saluaient le déclin du soleil et qui nous étaient portés par le vent se sont tus, le curieux navigateur du soir vient d’être happé par un éperon rocheux au fond de la baie et nous nous retrouvons seuls sur la terrasse d’un hôtel abandonné aux quatre vents. Que s’est-il passé dans ces lieux désertiques, quelles attaques perfides ont mis fin à cet immense projet, nous ne le saurons pas mais aucun revenant ne viendra trahir notre douce et paisible nuit.
Si douce et si paisible que nous décidons même de rester une deuxième nuit dans cet endroit enchanteur. Le soir, les brebis et leurs petits viennent faire les fous autour de Lapinou, les oies sauvages se posent pour la nuit dans le pré tout proche tandis que les lapins sortent de leurs terriers pour leur 1/4 d’heure de folie. Le paysage d’apparence si désertique grouille de vie. Pourtant le temps fraîchit, un vent du nord commence à se lever et la température se refroidit nettement. Le plouc moyen va donc se rhabiller et ressortir le mythique bonnet péruvien pour aller prendre encore quelques photos. Après une nouvelle nuit tranquille nous redescendons la côte ouest de l’île à la recherche de phoques. Nous les trouvons près du château de Dunvegan où une petite colonie semble avoir élu domicile. Pas besoin de payer l’entrée du château plus la randonnée en bateau pour approcher de l’île aux phoques puisqu’il suffit de continuer par la petite route qui passe le long du château pour arriver en face de l’île où se prélassent quelques mastodontes. Bon, ce n’est pas l’affluence californienne mais cela nous rappelle quand même de bons souvenirs. Direction maintenant Loch Carron de nouveau sous un soleil de plomb et une chaleur d’été. Bivouac après Lochcarron au bout du bout d’une petite route, face au loch Inner Sound et toujours face au soleil couchant. On va revenir bronzé comme si on revenait du Maroc…
On monte, toujours plus au nord et on bouffe du loch et de la montagne pelée à ne plus en finir. On croise pas mal de marcheurs en mal de solitude sûrement, beaucoup de motos pour qui les routes sont un régal (quand il fait beau…), quelques cyclistes routards à qui je tire mon chapeau car vu l’étroitesse des routes, les déclivités plus qu’importantes et le vent parfois violent, ce ne doit pas être facile tous les jours… Mais il m’a semblé comprendre que notre société d’assistés a créé chez beaucoup de personnes le besoin de se faire du mal. Séquelles du pouvoir religieux?, besoin d’expier ses fautes ou supposées fautes?, besoin de se surpasser pour soi ou pour épater la galerie?, je ne sais pas trop, sûrement un peu de tout ça en même temps. Quand l’occasion se présentera de discuter avec ses cyclistes fous, peut-être arriverais-je à en savoir un peu plus…
Nous arrivons dans le village d’Ullapool d’où l’on peut apercevoir de temps en temps des dauphins. Bon, là tout de suite, ils doivent déjà être tous en boîtes et munis de leurs code-barre personnels car on n’en verra pas la queue d’un. On longe le loch Broom jusqu’à sa pointe où on trouve comme d’habitude un petit parking désert qui nous attend sagement face à la mer et au soleil couchant. Tiens, petit bémol, on retrouve le panneau tristement bien connu  » NO OVERNIGHT PARKING  » assez rare hors des lieux touristiques. N’écoutant que notre légendaire savoir vivre et compte tenu de l’affluence touristique record de moutons locaux, nous nous installons tranquillement avec vue imprenable sur le phare côtier local mais hors service… Alors que j’attaque une bonne sieste bien méritée, Toc, Toc se fait entendre à la porte et je me retrouve face à une vieille paysanne qui me demande gentiment si j’ai bien vu le panneau… Oui, j’ai bien vu le panneau mais il ne fait pas encore nuit… Implacable, elle me donne jusqu’à 20h précise pour déguerpir du lieu! Je reprend ma sieste lorsque cinq minutes plus tard, de retour TOC,TOC à la porte! Quelle attitude adoptée? J’y met un coup de boule tout de suite ou j’essaye encore de rester poli et courtois comme me l’a si bien appris ma maman? J’ouvre la porte pour me retrouver, cette fois, face à un vieux monsieur qui, au lieu de passer la deuxième couche comme je m’y attendais, m’explique que le terrain sur lequel nous nous trouvons n’est pas privé mais appartient à l’ensemble de la Community et que l’hospitalité légendaire des écossais et plus particulièrement celle des gens constituant cette communauté, ne voyait aucun inconvénient à ce que nous passions un moment de détente et de repos face à ce paysage de rêve… Puisque nous avons le choix, nous restons donc sur place et passons donc une nouvelle nuit tranquille sans avoir revu la fermière sectaire.
La minuscule route entre Ullapool et Lochinver est absolument fantastique, certainement l’une des plus enthousiasmante que nous ayons eu la chance de parcourir jusqu’à présent en Écosse. On parcourt un mixte entre paysage montagneux, lochs profonds et traversées de petites landes verdoyantes sur une route délicieusement exotique qui se faufile entre des passages rocheux juste assez larges pour Lapinou. Notre imaginaire est content (comme parfois le réel de Dom…). Nous arrivons bientôt au bout du bout, c’est à dire à l’extrême nord de l’île. Nous faisons une halte au petit village de Tongue où on ne doit pas pouvoir les mettre souvent mais où il y a, toujours d’après le guide du routard, une jolie ballade romantique à faire à pied pour découvrir un joli château… Bof, bof et rebof. Le village est plus que banal, le tas de cailloux à voir minable avec en plus un accès qui longe une interminable station d’épuration sur lit de bambou bien odorante… Nous avions prévu de passer la nuit en Tongue mais nous reprenons la route à la recherche d’un spot plus agréable. Bien nous en a pris, car en redescendant vers la côte Est de l’Écosse, alors que nous traversons, sur une minuscule route à une voie, un immense plateau désertique, nous allons croiser le chemin de deux hordes de cerfs majestueuses. Le premier groupe d’une douzaine de bêtes, dont quatre mâles aux bois superbes, nous regarde avec inquiétude pendant un bon moment. Nous avons arrêté le moteur de Lapinou et les bêtes hésitent entre longer un grillage qui va les faire passer le long de Lapinou (à une cinquantaine de mètres quand même) ou rebrousser chemin et retraverser la route. Nous avons tout le loisir de les observer à la jumelle et de les prendre en photos avant que la troupe ne se décide de longer le grillage. C’est la première fois que je vois des cerfs d’aussi près et dans un lieu aussi sauvage cela fait vraiment plaisir. C’est la fin de la journée et les animaux doivent chercher à se rapprocher des points d’eau car nous apercevons une deuxième horde un peu plus loin le long d’une rivière. Nous avons donc eu la chance de voir jusqu’à présent des phoques, aujourd’hui des cerfs, maintenant direction Fortrose sur la côte Est où de charmants petits français nous ont indiqué une fort belle colonie de pingouins facile à observer.
Le temps se dégrade depuis quelques jours. Après une douzaine de journées absolument sans aucun nuage, ceux-ci ont commencé, au fur et à mesure que l’on montait plus au nord, à apparaître le matin pour disparaître complètement vers le milieu d’après-midi. Et puis là, il semble que les nuages veuillent commencer à s’installer durablement. Une petite pluie vient même de temps en temps gentiment laver le pare-brise de Lapinou. Nous faisons une halte pour la nuit sans grand intérêt à Aird, suivit d’une autre journée sans grand intérêt non plus pour arriver à Fortrose. Finalement les pingouins semblent être basés sur Edimbourg et nous devons nous contenter de deux dauphins sûrement payés par l’office de tourisme local pour batifoler régulièrement à l’embouchure du loch devant le phare local pour égayer les tristes journées pluvieuses des locaux. La pluie s’installe et tout devient beaucoup plus triste. On va essayer d’égayer la journée en allant voir aujourd’hui Nessie, le fameux monstre du Loch Ness. Petite halte à Inverness, petite ville sympathique qui nous remet un peu dans le bain de la civilisation. On y trouve même une bouteille de recharge camping-gaz dans une grande surface style Décathlon, Mich va pouvoir continuer à me préparer de délicieux repas chauds qui remontent bien le moral quand le temps devient gris… On mange sur le parking du château d’Urquhart qui borde le Loch Ness sous une pluie battante. Nous renonçons à le visiter dans ses conditions, ça fera toujours 16£ d’économiser…et prenons la direction de la montagne, destination Glen Affrique défini comme le paradis de verdure naturelle de l’Écosse. On comprend que, pour les écossais qui ont toujours les pieds dans l’eau, un peu de ballades en forêts et en basses montagnes puissent paraître magiques mais en ce qui nous concerne, en plus sous la pluie, pas de quoi casser trois pattes à un cochon. Seul le bivouac, absolument seuls au milieu d’une immense forêt…et pour changer un peu à côté d’une rivière (avec des saumons comme d’habitude en grève…) nous émoustille un peu.
Le lendemain il pleut toujours, nous rejoignons le Loch Ness, repassons devant le château d’Urquhart que nous renonçons définitivement à visiter et continuons notre route à la recherche du Poudlard Express. Nous le trouvons au sud du Loch Ness, après avoir bifurqué à Fort William en direction de Glenfinnan où nous allons nous installer confortablement au dessus du mythique viaduc dans l’attente de voir passer les détraqueurs lancés à la recherche de Harry Potter. Nous pensons très fortement à notre fifille adorée qui a vraiment été passionnée par les romans de J.K.Rowling et lorsque nous entendons le souffle lent et régulier de la lourde machine à vapeur qui entre sur le pont, le temps s’est suspendu et un ange est passé.
Merci

Commentaires sur: "L’Écosse" (3)

  1. agnes a dit:

    merci pour nous faire partagez votre voyage un vrai bonheur bisous a tous les 2.bonne route.agnes.

  2. Merci à toi et bonne journée

  3. Si tu veux voir des photos il faut aller sur Facebook
    Couic Lapinou

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