We have a dream…

Brésil

Brésil

Nous quittons donc sans regret la Bolivie pour passer notre première nuit… dans un noman’s land! En effet nous avons effectué les formalités de sortie du territoire bolivien vers les 18h30, juste à la fermeture des bureaux et le temps que l’on arrive à la douane brésilienne, les bureaux de la « migracion » étaient déjà fermés… On a donc passé la nuit sur un parking en terrain neutre entre la Bolivie et le Brésil! Le lendemain, les formalités sont avalées à la vitesse du son. Apparemment il n’y a pas de déclaration particulière à faire pour Lapinou… et Couic était planquée dans la cabine, dans son sac de voyage! Plus qu’une frontière à passer et on est sauvé…
Première halte à Miranda où on mange enfin de la viande épaisse et tendre comme on en n’a pas eu depuis longtemps! Enfin un vrai pays où on peut apprécier de mastiquer autre chose que de la poussière. J’en profite pour faire faire une petite cure de jouvence à Lapinou, maintenant que les garages ont des outils et des marchandises. Deux nouvelles bavettes ainsi que deux nouveaux feux arrières de toute beauté vont pouvoir faire de beaux clin d’œil aux nombreux bikinis que nous promet la côte atlantique…
Bon d’accord, tout n’est pas parfait puisque maintenant, quand je freine, j’ai aussi les veilleuses qui s’allume et le moteur qui ne veut plus s’arrêter mais le retour à un monde civilisé se doit d’être progressif… sous risque de rejet viscéral! Ce serait dommage…
On bivouaque sur la place centrale de Miranda, l’ambiance n’est plus du tout la même que dans les pays précédents… Motos de grosses cylindrées qui rugissent sur la roue arrière, voitures qui passent à toute vitesse avec la sono à fond, (bon, ça on l’a déjà eu mais à des vitesses moins élevées…), éclairage comme en plein jour, on a l’impression d’être dans un nouveau monde et ce n’est pas vraiment désagréable… si ça ne dure pas toute la nuit! Un petit bémol quand même, alors que l’on commençait juste à être au top en « castillano » il va falloir que l’on se mette au portugais! Et là, je crois bien que ce n’est pas gagné tout de suite. Pour cette première journée en territoire brésilien, le premier constat est sans appel! On ne comprend absolument rien au portugais. À tel point que pour communiquer avec les ouvriers du garage où j’ai fais changer les feux arrières de Lapinou, un des gars avait affiché un traducteur sur son ordi qui traduisait le portugais en anglais et vice-versa. Quelle joie de retrouver un pays civilisé!
Plouc un jour, plouc pas toujours… Lol!

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Deuxième journée sous la pluie, parfois diluvienne. Pas grave car le paysage est plutôt plat de chez plat, sauf qu’à la différence de la Bolivie, ici il est cultivé la paysage… Des champs à perte de vue et les kilomètres s’enchaînent avec une certaine monotonie. Nouveau bivouac sur la place d’une petite ville où on se régale à nouveau avec de superbes brochettes de bœuf et de petits cœurs de …? (J’y coumprend tijours pas le portouchgai…) Donc des brochettes peut-être de rats mais en tout cas succulentes et on va même retourner à la boucherie/ grillerie pour en acheter d’autres pour le lendemain.
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. Nous finissons enfin par atteindre les chutes d’Iguacu à la fin du troisième jour, toujours sous le déluge! Après avoir élu domicile au camping/ auberge de jeunesse Paudemar, nous passons notre quatrième journée brésilienne, toujours sous le déluge, à ne rien faire… enfin un peu de repos! Tiens… Il se met aussi à pleuvoir dans Lapinou! Ça, c’est tout de suite moins drôle… Heureusement que le lanterneau défectueux se trouve au dessus du réchaud à gaz et non au dessus du lit! Pratiquement tous les camping-caristes que nous avons croisés ont eu des problèmes d’étanchéité, dus au vieillissement prématuré des joints, soumis à des variations de températures importante (de-20° à +40°) associées aux vibrations des pistes qui peuvent s’avérer destructrices. Si vous pensez à construire vous même l’aménagement de votre camping-car, c’est un point à ne pas négliger! Évitez d’installer un lanterneau au dessus de la literie… Nous en avons croisé plus d’un qui se maudissait de ne pas y avoir pensé avant…
…Et le cinquième jour, Dieu retrouva enfin le commutateur du soleil! Sans attendre on se propulse fissa direct à l’entrée du parc des cataratas et que le spectacle commence.
Un seul mot: inimaginable, suivi d’une nouvelle réflexion à deux balles…
Combien d’entre nous ont-ils entendu parler des chutes de tapettes du Niagara et combien ont entendu parler des chutes d’Iguacu? …
Pourtant il n’y a pas photo… Cherchez l’erreur!

Iguacu,les plus belles cataractes que la vie m’ait donné le plaisir de contempler. Les flots, grossis par le mauvais temps qui semble régner, autant côté brésilien qu’argentin, depuis une quinzaine de jours, s’écoulent en centaines de cascades (275 exactement…), toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. L’horizon entier est peuplé de cascades, de cataractes, de chutes, noyées dans un brouillard mouvant qui vous drape le corps dans ses tourbillons sans fin pendant que l’imaginaire est, lui, peuplé d’indigènes et d’aventuriers tout droit sortis du film Mission! Le bruit, les embruns, la végétation tropicale, ajoutés aux flots marrons déchaînés par les orages, nous transportent une nouvelle fois dans un autre monde, oui celui là, celui des rêves enchantés. Partout où porte le regard, le songe n’est pas loin et la vue se brouille rapidement dans les volutes embrumées. La passerelle Garganta del Diablo sera bientôt submergée par les flots en furie et les ouvriers du parc se pressent pour démonter les dernières protections anti-chutes avant que la nature reprenne ses droits. Lorsque nous étions, il y a quelques années, dans le grand Nord, en Laponie, nous avions eu droit à un exceptionnel -50° et aujourd’hui que nous sommes aux antipodes, nous avons droit à un non moins exceptionnel record de crue du Rio Iguacu. Débit normal des chutes d’Iguacu: 1,5 millions de m3/seconde, débit de la dernière plus grande crue en 1983: 35 millions de m3/seconde et aujourd’hui le débit est de 45 millions de m3/seconde et ce n’est pas encore fini!!! L’exceptionnelle beauté du monde nous saute aux yeux dans toute sa grandeur démesurée. Dès le lendemain, le parc va d’ailleurs fermer par mesure de sécurité alors que, côté argentin, la décision de fermer l’accès aux chutes était déjà prise depuis la veille! Le cours de la vie du touriste moyen semble être interprété différemment de chaque côté de la frontière…
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Le lendemain, après un passage d’environ 12 secondes et demi en territoire argentin, (nous avons été informés de la fermeture du parc seulement au passage de la douane argentine…), nous décidons l’évacuation immédiate …
… en hélicoptère magique au dessus de sa majesté en colère.
L’envolée est de toute beauté bien que fugace… 10 minutes suspendus au dessus d’un spectacle diabolique, orchestré spécialement pour la venue de quelques ploucs en vadrouille. Dix minutes intenses qui vous marquent pour toujours. Alex et Audrey, un jeune couple de back-pakers savoyards, fait partis du voyage et l’alchimie fonctionne une nouvelle fois. Nous passons une excellente journée tous ensemble, avec visite du splendide parc aux oiseaux qui fait face à l’héliport, puis repas mitonné par le grand chef Alex en personne. Cerise sur le gâteau, Alex me télécharge sur l’ordi le mythique film Mission que nous allons pouvoir visionner dans un contexte on ne peut plus idéal. Merci à tous les deux pour cette journée inoubliable en espérant vous revoir un jour à Chamonix ou en haute-Loire.
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… Dans toute cette histoire, il y a quand même quelque chose qui m’inquiète un peu! Moi qui ait un panier percé à la place de la mémoire, comment vais-je bien pouvoir faire pour me souvenir de toutes ses journées inoubliables??? En voilà un sujet métaphysique pour occuper nos futures longues soirées d’hiver!

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Quatre jours plus tard, après une route longue et monotone, nous arrivons sur la côte atlantique du Brésil. La fin du voyage approche et à l’excitation du retour vient déjà se joindre l’amer sentiment que la fin d’un rêve est bien proche. Un an et demi de liberté absolue, sans aucun rdv, sans aucune obligation, sans téléphone, sans GPS, sans facture (presque…), sans montre et sans hypocrisie ni concession possible, juste seuls face à Dame Nature. Un an et demi, loin de la société de con sommation, quel bonheur mais comment gérer le retour… Avant même de toucher mon sol natal j’ai déjà succomber grave! Mais bon, faut bien se ré-acclimater doucement pour compenser la fin d’un si beau rêve… et accueillir l’éclosion de dizaines de nouveaux rêves!
On bivouaque près de la plage des roses (Praia da Rosa) dans l’espoir de voir quelques baleines. Le guide mentionnait qu’on pouvait en apercevoir dès le mois de juin… L’abruti de rédacteur à du confondre Junio et julhio, apparemment pas de baleine avant juillet!
Tant pis pour nous, on reviendra en avion…
Maintenant descente sur l’Uruguay et Montévideo pour trouver un bateau pour Lapinou et, attention, les ploucs reviennent et ça va faire mal!
Mille merci de nous avoir suivi pendant ses grandes vacances et si vous voulez partager plus d’émotions et de photos, n’hésitez pas à venir nous voir (ou à nous inviter…) et se sera avec plaisir que nous jouerons les prolongations!
Carpe diem
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Reste plus qu’un chapitre à écrire sur l’Uruguay et le bateau qui va ramener Lapinou à la maison… Snif! Mais heureux de bientôt vous retrouver tous!

Commentaires sur: "Brésil" (3)

  1. Elyane et Gérard a dit:

    ah quel plaisir de vous lire..votre bonne humeur met du sourire sur mes lèvres et dans mes yeux. je crois que je vous ai déjà écrit, pas sûre (problème de rangement dans l’ordi vous savez ce que c’est..!!) ce sera avec plaisir que nous vous rencontrerons si c’est possible en France soit chez vous soit chez nous à votre retour. nous sommes dans l’attente de notre camion et projet de traverser sur le continent américain en début 2015.donc des réponses à nos questions, des conseils (vous savez..l’avant départ..) enfin.. du vécu par des gens sympatiques, normaux, et drôles comme vous seront bienvenus et surement rassurants. nous habitons dans le sud ouest de la France. encore merci à vous et peut-être à bientôt.
    au fait c’est quand et où votre prochain périple qu’on se régale à nouveau de vos talents de narrateur parce que ça va nous manquer.
    Elyane et Gérard

    • Ah, ça fait plaisir de voir des gens enthousiastes! Pas de problème pour se rencontrer, vous avez bien compris que j’aimais partager les choses simplement et c’est un de mes prochains rêves, de continuer, avec mes modestes moyens, à pouvoir aider ceux qui le souhaitent, à réaliser quelques uns de leurs rêves.
      À bientôt
      Phil

  2. Durand a dit:

    Oubliez pas des l’instant ou vous posez le pied sur le territoire français il faut payer, hihihi, bon Les aventuriers vous arrivez quand ? Et ou ? A quel heure ? Et comment ?

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