We have a dream…

Le Pérou 1

Le Pérou

La piste entre Zumba en Équateur et la frontière péruvienne est absolument superbe. En ce mardi 8 avril, nous sommes donc parti de Vilcabamba vers les 10 heures du matin pour effectuer les quelques 150 kilomètres qui nous séparaient de la frontière de Namballe où nous allons arriver seulement à la nuit tombée et sous un véritable déluge. Le goudron s’arrête rapidement peut après avoir quitté Vilcabamba, la piste alterne des morceaux en relativement bon état avec des tronçons qui semblent en perpétuelles réparations dues aux nombreux mouvements sismiques dans la région associés à l’érosion sans fin causée par les pluies diluviennes sur un terrain instable. Nous croisons des engins de travaux publics derniers cris qui luttent sans relâchent contre cette nature qui lutte pour sa tranquillité. Heureusement nous sommes à la fin de la saison des pluies et nous allons pouvoir ainsi traverser cette enchanteresse cordillère de Las Lagunillas sur une piste comme je les aime, celles où tu serres de temps en temps les fesses dans l’espoir que ça va passer, celles où tu pries pour que l’épaisseur de boue te laisse encore un peu d’espoir, celles où tu estimes la profondeur des passages à gué avec un peu d’inquiétude, celles où tu souhaites ne pas t’être trompé de chemin car le demi-tour et la remontée pourraient s’avérer problématique, celles où tu te sens fier d’en être arrivé à bout sans avoir du te faire treuiller parce que Dame Nature a bien voulu accepter gentiment ton passage. Une fois de plus, Lapinou s’est avéré être un excellent choix et il n’a pas failli. Que se soit dans l’eau, dans la boue ou dans les pierriers, ils nous a brillamment sorti de tous les passages délicats. J’avais quand même pris le soin de mettre, lors d’un arrêt sur un bout de piste sèche, les bottes et la corde de remorquage dans la cabine… Au cas où on viendrait à se coincer dans un passage boueux ou humide, je me voyais mal aller patauger dans 50 centimètres de boue en Croc!
Midi, nous prenons le repas sur le bord de la piste dans un paysage andin avec tout au fond, là bas en bas, le torrent qui gronde de ses flots boueux gorgés par les coulées de terre qui partent de la piste, directement là où nous sommes, pour plonger quelques centaines de mètres plus bas dans ses eaux froides. Souhaitons ne jamais être pris dans une de ses coulées… L’après-midi se passe à rouloter avec un égal bonheur d’une vallée à une autre et nous arrivons au poste de douane de Namballe juste à la nuit tombante sous une pluie drue également tombante. Nous décidons donc de ne pas aller plus loin et allons dormir 50 mètres après la barrière de la douane péruvienne… après avoir sorti les douaniers du bar où ils prenaient l’apéro…
Première nuit au Pérou! Bien calme, comme toutes les autres nuits d’ailleurs, contrairement à ce que nous avons pu lire sur d’autres blogs, nous n’avons vraiment jusqu’à présent que très rarement été embêté par l’environnement lors de nos nuits en Amérique. Peut-être deux ou trois nuits sur un an de voyage, vraiment pas de quoi se plaindre! Ça nous change du carnaval portugais…
S’ensuit deux jours de liaison pour arriver sur le site de la forteresse de Kuelap, un ouvrage colossale d’époque précolombienne perché au sommet d’une montagne abrupte et construit par les Chachapoyas bien avant l’arrivée des Incas. Après la partie goudronnée, une belle piste sur une trentaine de kilomètres nous permet d’apprécier la verticalité des montagnes andines. Quel travail de fou pour tous ses paysans qui y cultivent la moindre parcelle de terre jusqu’au bord ultime des précipices. Nous nous garons sur le parking de la structure d’accueil ultra moderne… Il est grand temps de visiter ce site encore sauvage avant que les autorités décident d’en faire un nouveau Machu Pichu, soit disant que la construction d’un téléphérique, pour rendre l’accès plus facile et plus rapide depuis la vallée, aurait déjà été budgétisé… En attendant, maintenant, en plus du prix d’entrée du site, il faut déjà obligatoirement se farcir la compagnie d’un guide. Putain de touristes qui viennent tout pourrir!
A merde, c’est vrai qu’on en fait partis… J’aime bien les guides, quand c’est moi qui choisit d’en prendre un, par contre quand on me les impose, ça me gonfle un peu. On a donc bien essayé de faire le forcing pour pouvoir rentrer sans, mais pas moyen! Donc maintenant la culture Chachapoya n’a plus de secret pour nous et l’accouplement des lamas non plus… Moi, en tous cas, ce que je préfère c’est bien tous ses fabuleux paysages qui nous entourent.
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Après avoir passer la nuit sur notre parking, on file se ravitailler sur la ville de Chachapoya qui casse pas vraiment des barres, puis nous reprenons la superbe route qui descend à Célendin. Nous faisons une halte sur le site de Revash composé de jolis monuments funéraires taillés dans une falaise. Après 5 kilomètres de piste, il faut laisser Lapinou au bord de la voie pour attaquer à pied un petit chemin escarpé qui monte au pied de la falaise, 4 kilomètres plus loin… Pour le moment, il se fait tard et je trouve un endroit pour me garer juste un peu au dessus du chemin, nous allons donc passer la nuit sur place. On ne devrait pas être embêté par le bruit… Seules quelques génisses nous tiennent compagnie.
Le lendemain nous attaquons la montée infernale dès … 10 heures 30! Bin ouais, on n’est toujours pas vraiment matinal. De toute façon, plus tôt il y a encore de la brume et puis là, en plus, j’avais le robinet de l’évier à changer. Donc parti à 10h30 pour faire 4 kilomètres de tapettes, on est revenu à…15h30!!! Cinq heures pour faire 8 kilomètres, les Ploucs sont fin près pour faire le marathon des escargots. Remarquez, on s’en fou, on est arrivé là où on voulait et c’est bien ce qui compte. …Même si on s’est fait allègrement doubler par un gamin de 4 ans, par une mule, par une poule et même si un autochtone nous a dit faire le parcours aller en moins de 3/4 heure… Juste un peu dur pour l’égo quand même… Mais on ne peut pas comparer un Désidérien avec un Péruvien! On se console comme on peut… mais tout n’est pas perdu, promis, on s’entraîne dur! D’ailleurs ce soir, à 18h30, on est déjà couché! … pour être en super forme, demain à l’aube, dès 10 heures quoi…
Finalement on a bien fait de passer une deuxième nuit sur place car aujourd’hui nous sommes dimanche, jour du marché au village de Yerbabuena juste en bas de la piste où nous sommes. Depuis 6 heures du matin, c’est une succession incessante de paysans, descendant de leurs montagnes pour aller vendre quelques bêtes. Du coup on est fin prêt à décoller vers 8h30! Le dépassement des bestiaux sur la piste est un peu folklorique mais tout se passe bien et on arrive rapidement sur la place du marché. On ne va pas acheter un bœuf mais se rabattre juste sur un bon carré d’agneau délicatement coupé à la hache! … Doit pas falloir l’emmerder la maman qui vend la viande quand on voit l’énergie avec laquelle elle magne la hache. Ensuite petit tour sur le marché des fruits et légumes où on fait le plein de pommes de terre (difficile de faire un choix car au Pérou il existe plus de 400 variétés de pommes de terre!). On se fournit également en ail, oignons, basilic et menthe. A midi, ça va être un vrai festin! On n’aurait pas du se lever si tôt… J’ai déjà faim! On avale ensuite vite fait le musée de Leimebamba avec ses fameuses momies du lac des condors. Fameuses, fameuses, mon cul oui. Faut quand même pas comparer de la viande pourrie de plus de 1000 ans avec un bon morceau d’agneau bien frais…
Ça se sent un peu que j’écris le blog pendant que Mich cuisine, non?…
Le problème c’est qu’il faut attendre encore 1/2 heure avant que se soit cuit! Je ne vais jamais tenir. J’essaye donc d’écrire pour m’occuper mais c’est dur, aujourd’hui je ramène tout à la bouffe. Tiens, on vient juste de voir sur le bord de la route, deux splendides toucans. Juste eu le temps de prendre une photo trouble, mais quand même eu le temps de me demander si c’était bon le toucan farci…
On a quand même fini par trouver un petit coin sympa au milieu d’un tas de biches de lait et là, ça y est, je vais aller déguster mon agneau.
Bon appétit!
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…3ème coup de cœur!!!
Pas pour l’agneau qui était trop dur après une simple cuisson rapide à la poêle (il va quand même lui falloir deux bonnes heures de cuisson à la cocotte pour être mangeable…), mais pour la sublissime route qui serpente dans la cordillère centrale du Pérou entre Leimebamba et Balsas. Exceptionnelle, fantastique, étonnante, merveilleuses, les mots me manquent pour qualifier la plus belle route sur laquelle j’ai eu l’occasion de rouler jusqu’à présent et qui correspond parfaitement avec tous les clichés que je pouvais avoir sur les pistes vertigineuses andines. Et il paraît que dans le canyon del Pato, les routes sont encore plus impressionnantes…
Ça promet!
En attendant on s’est régalé pendant plus de quatre heures. On a commencé le parcours dans la brume et la pluie, puis le temps c’est levé et toute la majesté des Andes nous a littéralement subjugué. Une route étroite et délicieusement vertigineuse nous a emmenés au paradis. Je ne pensais pas que des lieux aussi merveilleux pouvaient exister et l’enchantement a persisté tout l’après-midi, sans interruption aucune. Une petite route étroite était notre seul lien de vie avec ce monde étrange qui nous entoure, une petite route très étroite serait plus exact, voir même très très étroite, surtout quand le vide abyssale vous guette, voir vous attire, juste là, à quelques petits centimètres des roues de Lapinou… Étrange sensation de se sentir comme sur un tapis volant au dessus de ses majestueuses cordillères andines mais si fragile, que le moindre souffle peut te précipiter au fond du gouffre. Le soleil couchant jouant avec les nuages enflamme la scène et enfin nous ne faisons plus qu’un. Nous retrouvons pendant un long moment cette unité avec notre terre mère qui nous fait si souvent défaut. Lapinou, métamorphosé en majestueux condor, nous descend sagement jusqu’au bord du Rio Marañón. Nous nous arrêtons donc sur un petit nuage à la tombée de la nuit, un peu après avoir traversé le rio, au bord d’une toute petite station d’essence où on a même pu faire le plein d’eau et laver le linge dans le lavoir collectif. Retour au terre à terre…
… Bon, en plus le propriétaire vient juste d’allumer le groupe électrogène pour éclairer la station et on est juste à coté… J’espère que ce n’est pas une station 24h/24…!

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Chance, le groupe électrogène n’aura finalement fonctionné qu’une petite heure, le mouton n’avait même pas encore fini de cuire que nous avions retrouvé ce silence monacal qui convenait si bien à ce paysage qu’est même venue enchanter la pleine lune, nous incitant à prolonger le bonheur par une petite promenade nocturne.
Au matin, après avoir été salué par les colibris matinaux, nous reprenons la direction de Celendín. Rapidement dans les brumes, nous ne profiterons malheureusement pas du paysage avant de franchir un col à plus de 3000 mètres et de redescendre à travers un paysage moins tourmenté sur le village où nous allons poser un jeune autostoppeur local, évangéliste bien timide que nous avons pris un peu plus tôt. Nous mettons le cap sur Cajamarca, petite ville à taille humaine qui dit le guide. Beurk! Lapinou se fraie difficilement un chemin entre la multitude grouillante de triporteurs jusqu’à la Plaza de Armas, où le seul réconfort qui va nous attendre, est le restaurant Salas qui depuis plus de 60 ans, enchante les palais locaux. Je tente pour la deuxième fois de manger une couille… Ça s’écrit cuy et c’est une spécialité d’Amérique du Sud, petit cochon dinde à la chair délicieuse pour gourmet raffiné. Le premier devait avoir 150 ans et du être réchauffé 10 fois, c’était dans une gargote infâme à Chachapoyas. Là, ça s’améliore nettement, mais pour le coup, la bête devait être un peu trop jeune cette fois, parce qu’il n’y avait pas grand chose à manger… Le prochain, je me le choisis moi même sur le grill! Bien dodu et bien gras. Tiens, au fait, en parlant de bébêtes, j’allais oublier une rencontre intéressante que nous avons fait sur la route du col… Une belle mygale qui a traversé nonchalamment devant Lapinou! C’est la première que j’en vois une, en vrai, et j’espère bien la dernière! Brrrr, moi qui est la phobie des araignées, j’ai du quand même me forcer un peu pour aller lui coller l’objectif de l’appareil photo sous le pif…pendant que Mich est soigneusement restée bien à l’intérieur de la cabine de Lapinou! Et après, elle me dit: « Tu aurais dû la mettre dans une boîte » Bin tiens! Et puis après, la boîte, elle s’ouvre et tu dors dans la tente à côté de Lapinou. Très peu pour moi. On oublie donc vite cette rencontre et on s’enfuit une nouvelle fois de cette ville beaucoup trop peuplée pour nous. On choisit de passer encore par les petites routes pour rejoindre le cañon del Pato, donc direction Cajabamba. Pourrait quand même choisir des noms de villes qui se ressemblent moins,… car entre Cajamarca et Cajabamba, surtout prononcé à la française par deux ploucs, ça donne tout un éventail de pistes possibles… On bataille donc un peu à trouver la bonne route, on se perd sur une déviation qui nous fait passer par des pistes défoncées au milieu du Pérou profond…, on croise quelques pur et dur mais on finit quand même par retrouver le goudron, heureux de ne pas avoir atterris dans un cul de sac. Pour aujourd’hui, cela va suffire. Le temps est couvert et nous nous arrêtons de bonne heure sur un terrain communal dans le petit village de Condormarca. Avec un nom comme cela, on aura peut-être la chance d’en apercevoir un.
Mes vœux ont été exaucés et j’ai même pu en voir trois beaux spécimens, bien garés devant l’église et gracieusement fournis par leur sculpteur qui a vu le jour ici. A la nuit tombée, des villageois viennent entonner des chants religieux dans la salle communale voisine…
Y’ en a qui savent vraiment pas quoi faire, vont finir par m’endormir avant que le reste d’agneau soit encore cuit!

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