We have a dream…

L’Equateur

Le passage de la frontière Colombie/ Équateur est un peu longuet, les formalités ne sont pas compliquées mais l’unique gars qui s’occupe de l’importation temporaire des véhicules en Equateur est d’une lenteur et d’une inorganisation impressionnante. On va donc rester environ 4 heures à la frontière à attendre son bon vouloir, mais visiblement on n’a pas à se plaindre car il semblerait que la moyenne oscille plus souvent entre 5 et 7 heures pour arriver à obtenir ce fameux document d’importation temporaire… L’arrivée en Ecuador est grandiose, la route domine une immense vallée et une fois de plus, on se sent vraiment fourmis dans ce monde minéral qui s’offre à nos yeux. Nous faisons une halte près d’Ibara au bord de la lagune Yaguarcocha dans le seul camping de voyageurs du coin, avec wifi s’il vous plait! Nous y retrouvons toute une flopée de routards, deux camping car français, un belge, un suisse et un allemand! C’est marrant mais à peu près tous les types de véhicules sont représentés, du fourgon aménagé au poids lourd 4×4 en passant par le camping car traditionnel. Celui qui m’attire l’œil par son incongruité est un énorme camion, avec seulement deux roues motrices pour une dizaine de mètres de longueur, une décoration adhésive tapageuse, un porte à faux arrière limitant les possibilités de franchissement à rien et un aménagement intérieur digne des plus beaux yachts de luxe. Un suisse est sensé se mettre de temps en temps derrière le volant, sûrement entre deux portions d’autoroute… Pour les routes il doit utiliser son superbe quad qu’il sort de son immense soute. C’est le premier camping car de voyageur que je trouve aussi déplacé. Le luxe affiché est tapageur voir agressif, le véhicule est inadapté pour circuler sur des routes de montagne et lorsque je demande à son propriétaire le nom du site Maya sur lequel se trouve la pyramide dessinée sur l’un des flans de son camion il n’est même pas foutu de me dire que c’est celui de Tikal… Je me suis alors abstenu de lui demander l’origine des pyramides égyptiennes qui lui tenaient compagnies ni le nom du parc de Monument Vallée dont les splendides Butt occupaient le fond du camion. L’accueil des propriétaires du camping est très sympa mais sa situation géographique ne nous enthousiasme guère, nous y restons donc seulement deux nuits, le temps de tailler la bavette avec Cathy, une sympathique et dynamique jeune retraitée qui voyage seule dans son sprinter et le temps de profiter de la liaison Wifi pour mettre à jour le blog. J’ai une furieuse envie de bivouaquer seul au milieu de la montagne dans un paysage de rêve, alors maintenant qu’on se trouve enfin dans ses fabuleuses Andes, ça urge!!! Marre de ses hôtels à touristes avec tout le confort dont on n’a plus besoin. Mich a repéré sur le guide une route qui devrait être sympathique et qui passe par le village d’Olmédo.
image

image

image

image

image

image

image

Alors c’est parti mon kiki! Direction Olmedo… sauf qu’on ne va jamais trouver cette fameuse route! On file donc sur le village de Cotacachi spécialisé dans l’artisanat du cuir. Rebof! Des magasins comme on en a chez nous avec des blousons comme on en a chez nous. Bon d’accord, ils ne sont sûrement pas au même prix que chez nous mais ce n’est plus ce que l’on recherche. On continue donc sur la lagune Cuicocha. Rebofbof!!!Heureusement que l’entrée du parc est gratuite mais on ne peut pas bivouaquer sur place. On pourrait s’installer devant l’entrée du parc mais l’endroit est insipide. On se contente donc de descendre jusqu’au bord de la lagune mais l’endroit ne nous apparaît pas comme très dépaysant, ou tout au moins pas très andin (deviendrait-on difficile…) donc on reprend la route en sens inverse pour bifurquer à droite, tout de suite après la sortie du parc, sur une belle et large route toute neuve qui doit mener à ….?
…On en sait trop rien mais on s’en fou puisque elle monte dans la montagne, là où je veux passer la nuit. Les dix premiers kilomètres sont une vraie autoroute pour mégalomane suisse, ensuite quelques légers travaux viennent un peu salir par endroit le beau goudron neuf, puis le goudron disparaît pour laisser la place à une large piste qui va progressivement se rétrécir pour devenir parfois un chemin boueux… On s’en fou toujours, nous sommes enfin dans la montagne andine, seul au monde. Nous arrivons dans la vallée de la route sacrée par le village de Apuela. Le paysage est à couper le souffle mais nous ne trouvons pas le passage pour passer sur la piste qui serpente de l’autre côté de la vallée, derrière le rio. En plus il semblerait que nous soyons à l’opposé de la direction d’Otavalo, village où nous souhaitons nous rendre. Donc on commence à reprendre la piste en sens inverse… Un peu contrarié quand même! Je m’arrête donc à un endroit d’où je peux observer tout le maillage de chemins qui serpentent dans la vallée et j’en déduis que l’on a du rater quelque chose, il n’est pas possible que cette piste finisse en cul de sac dans ce village. J’arrête des gars qui passent en 4×4 et ils me confirment qu’il y a bien un passage dans le village pour rejoindre un petit pont qui enjambe la rivière et permet de rejoindre la piste qui serpente au loin et qui m’appelle de tous ses lacets. Donc demi-tour, vive les 6 mètres de longueur de Lapinou, et à nous la « Valle de la ruta sacrada ». Encore et toujours du pur bonheur sur des kilomètres de pistes qui serpentent dans une nature sauvage et encore préservée de la touristomania. Au bout d’un moment, on se renseigne quand même sur la direction à prendre pour rejoindre Otavalo mais tous les gens interrogés ouvrent de grands yeux en nous disant de faire demi-tour… La boussole nous indique aussi de faire demi-tour… Mais on ne veut pas faire demi-tour!!!! On veut au contraire faire le tour du pâté de montagne pour, ensuite, rejoindre Otavalo. On trouve enfin quelqu’un de compréhensif qui nous explique la route, enfin non, la piste à suivre. Il regarde Lapinou et nous dit « …avec ça, ça devrait passer »… Ouh! Je sens que ça va être bon!
Cinq kilomètres plus loin, nous quittons donc la grande piste pour en prendre une autre, plus petite… Et nous arrivons bientôt sous une belle cascade, avec un bon débit qui gicle directement sur la piste… T’en voulait du typique! Et bien tiens! Va y sers toi!
Je suis littéralement aux anges. Plus tard, nous allons passer sur une autre piste, empruntée par une noria de camions qui travaillent pour la cimenterie Lafarge! C’est bon ça, on peut tomber en panne, on trouvera toujours quelqu’un pour nous aider… On se fera passer pour Mr et Mme Lafarge lol… Et on monte, et on monte, toujours plus haut à l’assaut des cols andins. Parfois les 3/4 de la piste ont disparu dans un glissement de terrain, parfois la piste disparaît dans une brume épaisse, parfois la piste devient un champ boueux mais elle nous accepte et nous laisse passer pour que nous puissions nous gorger de toutes les merveilles qu’elle nous laisse entrevoir. On va s’arrêter plus tard, beaucoup plus tard, à la nuit, dans la brume, au milieu de rien, pour un bivouac sur la piste, juste protégé par un gros tas de sable, posé là, sur le côté de la piste comme une grosse merde. Et oui, il faut de tout pour faire un monde et ce soir, c’est un gros tas de sable qui va se transformer exprès pour nous en meilleur abri du monde. Après une nuit de plomb, même pas troublée par les quelques camions qui ont du passer dans la nuit, le réveil sur la montagne environnante est fantastique. Un peu de brume s’amuse avec Dame nature, les nuages s’effilochent sur le relief tourmenté et jouent sans cesse avec les vallons, je ne me lasse pas du spectacle. Une petite dame nous demande si on peut l’emmener jusqu’à Otavalo. Ce sera avec plaisir, mais avant que nous ne soyons près à décoller, le car en retard est arrivé et a pris notre petite mamie. Tant pis! Hier nous avons déjà eu le papy. On ne va quand même pas concurrencer les taxis du coin… quoi que l’on ne puisse pas dire que l’on en ait vraiment croisé…
image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

Nous retournons donc sur Otavalo, célèbre pour son marché du samedi. Sauf que nous sommes jeudi… Pour nous, Otavalo sera donc maintenant célèbre pour son marché du jeudi. On s’offre nos premiers bijoux depuis notre départ, une paire de boucles d’oreille pour Mich et un masque Inca à porter en pendentif pour moi plus un bonnet spécial RZR… Tout va bien pour nous, merci.

image

image

image

On tente une nouvelle boucle à partir d’Otavalo, toujours conseillé par notre guide Galimard spécial gogo. Direction Cayambe puis Tabacundo, Perucho et retour sur Otavalo. Jusqu’à Tabacundo, … bof bof…, puis on prend une petite route à flanc de montagne et là, ça devient tout de suite mieux. Dans le village de Perucho, on décide de quitter la petite route pour plonger dans le fond de la vallée par une petite piste… Pour nous le bonheur n’est plus dans le pré mais sur les pistes qui mènent au pré. Et nous arrivons « via al Eden », si, si, véridique! Mais nous lui préférons la « via Palmares » où nous trouvons un joli petit coin pour bivouaquer avec, comme d’habitude, vue sur la mer de montagne et ballades à domicile. Nous faisons la connaissance de Marco, un jeune trentenaire qui a des idées pour s’occuper pendant au moins trois générations. Il vient de racheter une propriété sur laquelle il veut faire pousser des arbres fruitiers et faire de la culture biologique. Il élève également des lapins, veut implanter des oliviers et accueillir des écoliers pour les sensibiliser à la gestion de l’eau et à la culture bio. Il a suivi des études d’ingénieur agronome, a été étudier en Italie, en Espagne et même jusqu’en Israël! Une bien belle rencontre et nous repartons les poches pleines de citrons et d’un fruit dont on a oublié le nom mais que l’on doit conserver encore 4 jours dans du papier avant de pouvoir les goûter…

image

image

image

image

image

image

image

image

Réveillés par les oiseaux qui gazouillent par millier c’est quand même mieux que réveillés par les trois chiens du proprio… Et puis pas besoin d’aller se cacher ou de faire dix kilomètres pour aller pisser un coup en plein air… Je ne suis vraiment pas fait pour les villes! Maintenant que j’ai le bonnet qui va bien, on va rester sur notre nuage, tout là haut, sur les sommets andins.
On est censé reprendre la route direction Otavalo, mais on a du encore foirer quelque part et on arrive dans un petit bled accroché à la montagne nommé San José De Minas. Après en avoir fait trois fois le tour, il faut se rendre à l’évidence, la route goudronnée s’arrête bien ici… Youpee!!! On demande la route d’Otavalo à des ouvriers qui travaillent à la construction d’un immeuble… Mort de rire! Ils sont adorables et veulent tous nous renseigner mais pas un ne nous donne la même route à suivre! Il va falloir faire un choix… J’opte pour le plus simple: une fois à gauche, une fois à droite puis tout droit. Après avoir refait encore trois fois le tour de la ville et redemander une dizaine de fois le chemin, nous finissons, pas très convaincus, sur une étroite piste qui monte directement à flanc de la montagne. Par chance, nous allons rejoindre deux cavaliers qui vont nous confirmer que nous sommes bien sur la bonne piste. L’ascension est une fois de plus superbe. La vallée prend de la profondeur très rapidement bien que nous ne puissions rouler qu’au pas. Arrivés au col nous prenons en stop Adriana et son bébé qui souhaitent se rendre au marché d’Otavalo. C’est la grande sortie mensuelle et Adriana s’est parée de ses plus beaux atours. Nous la déposons donc au marché avant de nous diriger sur le parc aux condors. Notre enfoiré de guide Gallimard nous indique seulement l’adresse d’une hacienda qui propose cette excursion pour aller voir voler des condors mais nous nous débrouillons pour trouver l’adresse tout seul. Ce n’est pas bien dur, il suffit de ne pas louper le premier panneau à l’entrée de la laguna San Pedro sur la gauche, après c’est très bien indiqué. Les vols de démonstration ont lieu à 11h30 et à 15h30 si il ne pleut pas. On arrive à midi… On va donc en profiter pour manger sur le parking et à 15h30 nous sommes dans l’amphithéâtre pour assister au vol du condor. En guise de condor, on va avoir droit aux vols d’une buse de vogue et d’un vautour feignassous qui ne va même pas être capable de revenir tout seul, soit-disant parce-qu’il n’y a pas assez de vent pour le porter… C’est donc le dresseur de mes deux qui va aller le rechercher tout là bas, en bas du pré sur son arbre perché. Comme on s’étonne de ne pas pouvoir voir de condor volé, le chef nous dit que le gouvernement interdit de faire voler les condors car c’est une espèce protégée et qu’ils ne peuvent pas prendre le risque d’en perdre un! Quelle bande de voleurs, faire de la pub pour un parc de condors avec démonstration de vol et te balancer juste une paire de buse! Pour l’heure, c’est plutôt moi qui me sent pris pour une triple buse! Le spectacle de rapace au château de Montverdun est bien plus intéressant. J’espère que nous aurons l’occasion d’apercevoir quelques condors au Pérou car là-bas il semble y en avoir encore quelques uns. Un bon coup de gueule donc sur ses pseudo guides de merde qui veulent imiter le guide du routard ou le Lonely Planet, et qui en réalité ne sont que des guides commerciaux où ne paraissent que les entreprises qui acceptent de payer pour paraître dans le guide. Dans ses recueils d’adresses n’apparaît donc que les programmes concoctés par des tours opérateurs ou les grands hôtels locaux. Nous qui avions voulu jouer la diversité lors de l’achat des guides, on a vraiment eu tout faux! Reste plus qu’à échanger nos bouses de Petit Futé et guides Galimard contre des routards…
Même pas moyen de dormir sur le parking des autres enfoirés du parc à buses, mais on s’en fou parce-que juste à la sortie de leur parc, il y a une belle plateforme qui nous accueille juste au dessus de la laguna San Pedro. Cette nuit, les étoiles seront au bord du lac, avec nous au dessus pour les admirer!

image

image

image

image

image

image

image

image

<a image

image

image

image

image

image

image

imagehref= »https://philetmich.files.wordpress.com/2014/03/image200.jpg »&gt;image

image

image

image

image

image

Commentaires sur: "L’Equateur 1ère partie" (2)

  1. Malou Bruneton a dit:

    de tous ces beaux paysages et de ces récits ou nous avons l’impression de voyager avec vous, il faudrat PHIL en faire un livre profitez bien de ces moments superbes la vie est si courte grosses bises à tous les deux et prennez bien soin de vous Malou

  2. rv de riotord a dit:

    slt a vous , ce blog est de plus en plus bien , a chaque chapitre on en prend plein
    les yeux c’est super! bonne continuation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :