We have a dream…

Couic au pays d’Ubu roi

Couic au pays d’Ubu Roi

On a voulu bien faire les choses pour passer du Panama à la Colombie en avion avec super Couic!

On n’aurait peut-être pas du…..

Commençons par le début gentillet, on cherche classiquement dans la ville de Panama City un vétérinaire pour se faire établir une attestation de bonne santé du cleps et on finit dans un hôtel pour chien… Ils sont vachement évolués ici, fini les chenils et bonjour les hôtels pour chien et surtout bonjour les braves dollars des gringos. Bref, la bonne grosse de service qui pense avoir décroché le jacpot aujourd’hui nous donne l’adresse d’un vétérinaire près de l’ambassade des États Unis et comme évidement nous ne savons pas ou se trouve l’ambassade et qu’elle est incapable de nous expliquer la route pour y aller, elle veut absolument nous appeler un taxi en nous prévenant que c’est un peu cher… 25$!!! On lui demande alors si c’est loin et elle nous dit et redit devant nos oreilles ébahies que le bureau du vétérinaire est à 100 kilomètres de l’ambassade!!!! Devant notre incrédulité elle nous le confirme même par écrit en nous disant qu’il n’y a pas d’autre vétérinaire sur Panama.
Dégoûtés, on repart avec Couic sous le bras à la recherche du premier Mac Do qui voudra bien nous la prendre pour la transformer en steak haché.
Heureusement sur notre chemin on va croiser un poulet qui nous redonne espoir en nous situant l’ambassade des États Unis seulement à quelques kilomètres de là… On va donc tenter notre chance en allant laisser trainer notre groin dans ce quartier résidentiel où nous tombons sur une grosse pancarte signalant une université vétérinaire. Banco, nous fonçons dans les locaux, trouvons un centre des urgences, plein de vétérinaires et yop la boom, en deux temps trois mouvements le certificat de bonne santé est dûment établit par SuperVéto le Docteur Aldo Baso enregistré dans les ordres sous le numéro 768. Nous nous faisons alléger de la modique somme de 20$ mais au moment de prendre la poudre d’escampette, Aldo nous donne toute une liste de ministères que nous devons aller voir pour valider les documents nécessaires à l’exportation de Couic… Ça commence par le ministère de la santé, puis le ministère de l’industrie et du commerce pour finir par le ministère des relations extérieures! Je lui demande si c’est une plaisanterie ou une plaisanterie mais il m’assure que sans ses papiers établis par tous ses ministères on ne pourra pas prendre l’avion avec Couic.
Mouais…Il va falloir que l’on traverse la moitié de la ville, car évidement il n’y a pas un seul ministère qui soit l’un à côté de l’autre, au contraire le système administratif a bien pris soin de les éparpiller aux trois coins de la ville, et en plus il faut les faire dans l’ordre. On commence donc tout de suite à s’attaquer au ministère de la santé. Sans GPS, sans carte et sans adresse, trop fort les Ploucs et on finit quand même par localiser les bureaux du Zoonosis, ….au bout de deux heures d’embouteillages innommables. Un complexe immobilier immense (ément) vétuste nous crache au visage avec pleins d’immeubles éparpillés appartenant à diverses administrations où se trouve pelle-mêle des services de la justice, de la morgue, de l’hôpital, du travail, de la santé et bien d’autres encore. Le site est celui d’un ancien hôpital et si l’extérieur de quelques bâtiments a été repeint, quand on rentre à l’intérieur des bâtiments le désenchantement vous saisit de suite.
Bâtiment 252, c’est là que l’on devrait trouver le Docteur Gúlnez qui doit nous certifier le certificat de bonne santé établi par le Docteur vétérinaire Aldo. Le bureau devrait se situer au premier étage, quelque part. On passe le porche d’entré pour repérer aussitôt l’escalier qui monte au premier, ou plutôt le haut de l’escalier qui arrive au premier étage…car la première montée d’escalier s’est écroulée et il n’y a plus d’accès à la première plateforme. Ça commence bien, on déambule donc dans des couloirs crasseux à la recherche d’un deuxième passage pour attaquer l’exploration du premier niveau qui vu la poussière et l’état de délabrement du bâtiment, vient sûrement de rouvrir après 50 ans d’inactivité. Je m’imagine dans les locaux glauques de la Stasi russe… Mais la chance ne nous a pas encore abandonné et nous tombons assez rapidement sur le bon bureau. Enfin le bon local serait le mot mieux adapté car ça ne ressemble pas vraiment à ce que nous avons l’habitude de prendre pour un bureau. A l’intérieur se trouve deux personnes, un débraillé en train de bouffer sur sa table de camping et un autre bien habillé, pantalon noir à pince et chemise beige bien repassée en train de bailler devant un ordinateur éteint. Je leur explique la raison de ma venue et cinq minutes plus tard Jesaiscequejaiafaire rentre en scène avec son sac plastique plein de petits gâteaux à la main. 50 ans d’incompétence ne l’ont pas trop fatiguée et elle porte beau et propre sur elle, seule la façon de dévorer son sac de gâteau trahis déjà la rustaude sous évoluée sous le maquillage et le vernis d’apparat. Elle nous dit ne pas avoir sa secrétaire et commence à chercher pendant une demi-heure un fichier sur l’ordinateur. J’ai alors l’idée déplacée de lui suggérer que l’on a juste besoin d’un coup de tampon…
J’aurai pas du! Elle me jette un regard noir et me dit d’un ton sans appel qu’elle sait ce qu’elle a à faire et que je n’ai qu’à aller m’asseoir et attendre.
Comme j’aime quand on me parle comme ça!
Dieu doit tester mes nerfs.
Une heure plus tard elle essaye d’imprimer une feuille recto-verso mais n’y arrivant pas elle choisit de coller les deux pages… On s’en fout, on a enfin nos tampons d’authentification sur le certificat de bonne santé de Couic et c’est tout ce qui compte. Le Docteur nazedugâteau Gulnez peut aller se faire voir. Demain on ira vite fait aux autres ministères et basta.
Dans l’immédiat on doit retourner voir les services de la police pour récupérer le papier d’authentification du véhicule qui nous permettra de faire sortir Lapinou du pays. Cette formalité est vite expédiée et nous pouvons enfin penser à nous remplir le ventre et à mieux détailler ce fameux certificat de bonne santé.
Là non plus, j’aurai pas du…
Je m’aperçois de l’immensité de l’incompétence de Jesaiscequejaiafaire qui a authentifié le certificat à la date du 07 février alors que nous sommes le 17! Comme les douanes nous ont déjà demandé des certificats très récents je préfère retourner le faire modifier et montrer à l’autre dinde qu’elle n’est même pas foutue de marquer simplement la bonne date sur le peu de travail qu’elle essaye de faire.
17 heures, toc, toc à la porte de l’autre dinde et je lui annonce tout sourire qu’elle a fait un travail de merde. Elle regarde son papier, tripote encore l’ordinateur, appelle son collègue, téléphone et finit par me demander la facture du vétérinaire…
Tout ça juste pour rectifier une date, je sens se profiler une couille dans le potage. En effet, quelques minutes plus tard la morue jubile intérieurement et me dit qu’il faut d’abord passer par son secrétariat pour faire authentifier la signature et s’acquitter d’une taxe de 10$, après quoi seulement elle pourra faire authentifier le document… Vous me suivez?
Il faut d’abord faire authentifier la signature du document par un service avant de faire authentifier le contenu du document par un autre service pour ensuite le lui apporter à signer!!! De plus en plus fort. Je lui demande où se trouve le bureau de son secrétariat et l’infâme grognasse marmonne laconiquement « dans le bâtiment en face » … Rahhhh!!!Comme je commence à en avoir ras la casquette, je lui dis le reste et aussi que l’on ne risque pas de trouver le secrétariat tout seul vu le nombre incalculable de « bâtiments en face ». Avant que je lui face avaler son rimmel le gars bien habillé prend pitié de nous et nous emmène dans le bâtiment en face qui n’est d’ailleurs pas du tout en face par un dédale de couloirs, de passerelles et d’escaliers où même lui se perd! Il doit demander son propre chemin pour trouver enfin le bureau qui nous intéresse. On se regarde avec Michèle, on est dans un autre monde irréel. Je suis certain que je rêve et que je vais bien finir par me réveiller.

Deuxième acte
BienHabillé nous fait entrer dans un secrétariat où marinent deux tanches et un barbot . La plus grosse semble bien gratinée et bien sûr c’est à elle que nous devons nous adresser. On voit tout de suite qu’on l’a contrarie, même pas elle nous regarde, même pas elle nous parle, c’est hallucinant cette attitude de mépris mais elle part quand même chercher un énorme recueil de signatures sur lequel elle va vérifier manuellement l’authenticité de la signature de notre vétérinaire pour nous annoncer aussitôt qu’il est 17h05 et qu’il faut revenir demain à 8 heure pour finaliser tous les papiers… On insiste, essaye de faire le forcing pour finir par leurs dire nos quatre vérités et qu’elles peuvent se mettre le papier où elles veulent et qu’on s’en passera! Mais elles nous répondent, imperturbables, qu’à partir de ce moment là, nous ne pourrons pas sortir du pays avec le chien, les chiennes.

Troisième acte
Mercredi, 9 heures du matin, après m’être perdu dans les sous-sol puis dans les étages de ses bâtiments pouraves, j’arrive tant bien que mal à relocaliser le secrétariat avarié. Les deux tanches sont déjà en place plus une petite sardine qui curieusement n’a pas l’air désagréable. Je lui donne mon fameux certificat de bonne santé et elle me conseille gentiment d’aller attendre dans le couloir. Un bon quart d’heure plus tard elle revient me voir en me tendant un papier manuscrit sur lequel elle a écrit le modèle de lettre que je dois recopier manuellement. C’est une demande officielle, adressée à je ne sais quel directeur bidon, d’authentification de document… J’espère qu’il ne va pas falloir que je l’envoie par courrier recommandé avec accusé de réception sinon je deviens terroriste! Je recopie n’importe quoi parce-que je n’arrive pas bien à relire la plupart des mots dont j’ignore même le sens mais cela semble lui convenir, ce qui prouve bien l’aberration de la procédure. Elle me donne ensuite un tas de papier remplis à la main, me fait payer les 10$ et me renvoie chez Jesaiscequejaiafaire.

Quatrième acte
Même pas je te regarde, même pas je te parle. Bon, je commence à avoir l’habitude mais là j’ai même du louper un épisode. Je donne mon tas de papier au gars qui fait la sieste sur sa table de camping, qui va les remettre à Jesaiscequejaiafaire qui va elle même les remettre à BienHabillé qui me fait signe enfin de le suivre… Et c’est reparti à travers couloirs, passerelles, escaliers. Je lui dis que je vais finir par connaître tout le quartier mieux que ma maison et lui demande si ça l’intéresserait de manger du York à midi… On finit dans un nouveau bâtiment, un énième bureau administratif. Je ne m’occupe plus de rien, je pose mon cul sur un fauteuil et attend que BienHabillé face le boulot. Une demi-heure plus tard je le vois revenir avec la liasse de papier qui s’alourdit de plus en plus. Retour chez Jesaiscequejaiafaire pour la signature ultime accompagnée d’une demi-douzaine de tampon. Enfin la fin du début du cauchemar, j’en embrasse le papier, je vérifie l’exactitude de la date, mon éducation encore une fois m’empêche de faire un bon « fuck » à l’autre morue et je me carapate « vite fait bien fait » en comprenant tout la véracité de l’expression opposée.

Cinquième acte
Ministère de l’industrie et du commerce
Après avoir hésité à prendre un taxi, on décide de poursuivre par nous même les formalités débilinous jusqu’au bout avec Lapinou! On va bien voir qui c’est les plus forts, la bureaucratie maintenue volontairement archaïque par les états souverains ou Couic…
Pour le moment on a récupéré une carte de Panama City est là, ça va quand même tout de suite mieux! En deux temps trois mouvements on se retrouve devant l’immense tour qui abrite encore une fois une multitude de services administratifs divers. Je ne sais même pas quel service je dois chercher mais j’explique tant bien que mal mon cas à trois ou quatre personnes et j’arrive sans trop de mal devant un bureau dénommé « Ventanilla unica ». la nana est sympa cette fois, ça change et elle m’explique que je dois faire établir une licence d’exportation phyto sanitaire pour pouvoir faire sortir Couic. Pour cela il faut encore et encore faire faire quelques photocopies, du certificat de bonne santé bien sûr mais aussi photocopie du passeport de Couic, photocopie du nouveau formulaire à remplir et enfin attestation de la banque où je dois aller effectuer un virement de 5$ sur le compte du ministère. Ça tombe bien je n’avais rien à faire, ça devrait pouvoir m’occuper un moment tout ça! Une petite heure à se promener un peu partout dans le quartier et hop j’ai la licence en poche. Tout baigne, reste plus que le ministerio de relationes exteririores et l’affaire est jouée. En allant voir ce dernier ministère je crois que j’ai fais un peu trop de zèle car la secrétaire qui m’avait délivré la licence d’exportation m’a bien précisé que je n’avais pas d’autres papiers à demander, mais dans le doute, vu le temps qu’il nous a fallu pour obtenir les deux premiers papiers je ne suis plus à une paire d’heure près pour éviter d’avoir à abandonner Couic à l’aéroport. Nous trouvons le ministère rapidement dans le quartier Eldorado, c’est en fait une annexe qui occupe une immense salle avec plein de guichets où il faut prendre un numéro et attendre sagement son tour. C’est noir de monde et je tire le numéro 41, au tableau numérique s’affiche le numéro 82! Gloups, encore 101 personnes devant moi pour seulement deux guichets qui traitent les dossiers déposés, les autres sont pour les retraits et l’accueil. Pas d’anecdote croustillante sur cet épisode, seulement deux heures d’attente pour déposer mes deux papiers à faire certifier conforme suivit de trois heures d’attente pour récupérer les papiers certifiés. 5 heures d’attente c’est bon pour travailler la méditation intérieure…(et maudire les fonctionnaires!) Reste enfin à foncer à l’aéroport pour faire changer la date du vol que j’ai réservé pour vendredi car j’ai découvert entre temps que l’on ne pouvait voyager par les airs avec un chien que du lundi au jeudi car à Carthagène les services vétérinaires de l’aéroport ne sont pas ouverts les fins de semaine… Il est 17 heures, le début des embouteillages en ville. Nous prenons le périphérique nord, réservé aux possesseurs d’une carte d’autoroute. Discussion rapide aux péages qui nous laissent quand même passer. Arrivée à l’aéroport où il est impossible de trouver un endroit pour se garer, les parkings ayant une barrière de limitation en hauteur, nous nous garons loin dans l’herbe, pour être aussitôt rattraper par un garde qui nous dit que si on reste là, Lapinou va être mis en fourrière… Rien ne nous sera épargné aujourd’hui. A force de discussion nous arrivons enfin à pénétrer dans un parking réservé aux personnels. L’accueil de Copa Airline est sympa et heureusement une charmante hôtesse va s’occuper de nous et modifier la date du vol ainsi que la réservation du cleps.
Ouf, tout l’administratif côté Panama est enfin bouclé, il n’y a plus qu’à retourner sur notre parking du Balboa Yatch Club d’où nous allons partir demain à l’aube pour déposer Lapinou sur le port de Côlon. Il fait nuit, il nous reste une douzaine de kilomètre à faire et toute la ville de Panama embouteillée à retraverser! Nous prenons le corridor sud rapidement embouteillé sauf que cette fois au premier péage la caissière refuse de nous laisser passer parce que on n’a pas la carte d’autoroute… On a beau lui dire que sur le corridor nord on n’a eu aucun problème et que de toute façon on n’a pas l’argent pour acheter la carte, rien à faire. Elle appelle son chef, il y a une queue pas possible derrière nous et tous sont debout sur leurs klaxons. Je fais mon gros benêt désespéré et hop, le chef passe sa carte sur le lecteur et la barrière se lève enfin. Le chef nous précise bien de prendre la première sortie sinon on va avoir le même problème un peu plus loin. Il est bien gentil le chef mais traverser cette ville avec la circulation incroyable qu’il y a actuellement et de nuit en plus me parait bien hasardeux, donc on continue jusqu’au péage suivant où bien sûr va se répéter la même scène, sauf que là on ne peut plus jouer sur l’effet de surprise car la caissière me dit que j’ai très bien été informé au premier péage… Perception donc du chef, prise de l’air du gros benêt et hop, ouverture de la barrière! On ne lâche rien, seuls les meilleurs s’en sortiront! Bon, après on n’a pas voulu trop abuser non plus, surtout que j’ai reconnu la route qu’il fallait prendre pour arriver enfin au Balboa. Donc fin de cette journée éprouvante à plus de 22 heures quand même. Je vous jure qu’il faut vraiment les aimer ses sales bêtes…

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