We have a dream…

Panama

PANAMA 16

Notre première destination au Panama est le volcan Baru là haut dans la montagne à 3475 mètres d’altitude…là où on devrait avoir un peu froid! Les paysages redeviennent montagneux pour notre plus grand plaisir, les bonnets de style péruvien commencent à faire leur apparition, les habits traditionnels aussi reviennent en force au fur et à mesure que l’omniprésence américaine s’estompe. On arrive à la nuit tombée au village de Cerro Punta dans un autre monde. La communauté indienne est fortement typée asiatique, nous sommes samedi soir et tout le peuple des campagnes est descendu au village pour faire ses courses, se montrer ou se bourrer… Les deux ploucs se sentent un peu perdus et seuls au milieu de ces centaines d’yeux qui nous dévisagent comme si nous étions des martiens. Pourtant nous sommes de gentils martiens mais la centaine d’yeux ne le sait pas. Les regards ne sont pas méchants, mais ils n’expriment pas la gentillesse non plus. Ils semblent plutôt mornes, désabusés, résignés. Ses gens dans leurs habits multicolores respirent la tristesse, peut-être est-ce du au froid, peut-être est-ce du à la nuit montagnarde qui tombe rapidement comme un linceul sur une journée de travail agricole épuisante mais ce soir Cerro Punta ne respire pas la joie de vivre. Cette nuit nous ne devrions pas être réveillés par des pétards… Nous trouvons refuge sur un terrain vague en face d’une entreprise de transport. Le patron, à la mine un peu patibulaire mais au langage cohérent, nous affirme que c’est chez lui et que nous ne craignons rien… Puisqu’il le dit, on va le croire!
Et on va passer une bien belle nuit au frais. Chez nous, quand on veut du frais, on tourne le bouton de la chaudière et, hop, on a du frais. Quand on veut du chaud, on retourne dans la chaufferie, on tourne le même bouton dans l’autre sens et, hop, on a du chaud. Et bien ici, quand on voyage c’est un peu pareil sauf que c’est dans les virages qu’il faut tourner. Trop chaud? Il suffit de prendre la route et de tourner dans quelques virages pour monter dans la cordillère truc-muche et hop, 50 kilomètres plus loin, tu te retrouves bien au frais. Trop froid? Tu fais l’inverse, tu redescends au bord de la mer où tu retrouves très vite de la chaleur. Comme quoi c’est pas si compliqué que cela de vivre en harmonie avec la nature. Suffit de choisir les bons endroits, où il faut et quand il faut. C’est pour cela qu’à l’origine l’homme était nomade. L’humeur de l’Univers étant changeante, tout comme celle de l’homme, un excellent moyen naturel d’intégration est bien de pouvoir suivre librement le sens du vent, ou choisir librement de suivre le sens opposé… Mais l’homme a voulu devenir sédentaire par facilité et c’est là que les problèmes ont commencé, que la peur de l’ ailleurs c’est installée, très vite suivie par la peur de l’autre. Quand on voyage, on est obligé de ne plus avoir peur, sinon on ne dort plus. On retrouve confiance en l’autre qui protège la part du voyageur enfouie en lui. En demandant à autrui seulement un coin pour dormir, on réveille souvent une hospitalité et une humanité qui étaient masquées par l’ennui du quotidien, par la routine, par la désespérance. On rallume le feu du nomadisme, cet espoir, ce rêve qui peut si facilement devenir réalité et où l’errance n’est plus ni à craindre ni redoutée mais devient au contraire un cadeau des dieux.

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L’accès au volcan Baru se fait par de trop mauvaises pistes, on en a un peu mare de ce faire secouer alors nous reprenons la route pour Boquete. Pas par la route principale à quatre voies, non, nous choisissons la vraie petite route de campagne et en Amérique centrale, la petite route de campagne est rarement un long ruban de goudron plat… Cette fois nous avons quand même de la chance, le revêtement vient d’être refait jusqu’au village de Boquete avec même un beau marquage jaune au milieu de la chaussée. Grâce à cette marque de modernisme, chaque carrefour va devenir un havre de paix. Plus besoin de se creuser les méninges pour savoir quelle direction prendre, plus besoin de sortir la boussole ou de se repérer par rapport à la position du soleil, plus besoin d’analyser finement la topographie des lieux à la recherche de la meilleure passe pour sauter dans le bon vallon qui ne sera pas un cul de sac, il nous suffit de suivre ce long ruban jaune, ce fil d’Ariane des temps modernes, sauf qu’ici, le labyrinthe est en trois dimension. Nous allons donc tutoyer sans cesse le ciel avant de retourner tournicoter au plus profond des entailles volcaniques laissées par la colère des Dieux. C’est un labyrinthe de grand luxe et nous avons le temps de détailler parfaitement le paysage dans les montées car une fois de plus nous sillonnons l’intérieur d’une petite cordillère et le pourcentage des pentes est plus qu’impressionnant. Lapinou gravit vaillamment les côtes en première courte à environ 5 kilomètres/heure et je prie simplement pour ne pas avoir à m’arrêter en côte au moment d’un croisement car je ne serai pas sûr, vu l’inclinaison de la route, de pouvoir redémarrer. Heureusement celle-ci est pratiquement déserte et si la beauté des paysages à largement le temps de nous captiver à la montée, par contre dans les descentes, l’esprit est plutôt préoccupé par d’autres considérations beaucoup plus techniques comme la résistance des freins à l’échauffement par exemple…, ou la température d’ébullition particulièrement basse du liquide de frein local Dot 3! J’ai du en effet changer tout le lookeed de frein Dot 5 d’origine, au cours du remplacement d’une durite de frein, par du Dot 3 beaucoup moins performant. Sa température d’ébullition, donc d’inefficacité, est bien inférieure à celle du Dot 5 alors que les pentes ici présentes sont beaucoup plus vertigineuses que chez nous… C’est pourquoi dans les descentes, nous avons plus tendance à dégrafer la ceinture de sécurité et à regarder à quel endroit il serait préférable de sauter en cas de rupture soudaine du système de freinage plutôt qu’à rêvasser sereinement devant l’ abîme majestueusement insondable s’offrant à nos pieds…

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Boquete, petit village montagnard sympa. On trouve refuge chez Topaz, une pension renommée auprès des voyageurs. On trouve le lieu et l’accueil très moyen donc on y reste qu’une nuit avant de trouver un site en pleine nature où nous allons pouvoir nous installer dans une petite clairière au bord de l’eau, au milieu des arbres et au bord d’un sentier à Quetzals! On a comme unique voisin un petit papy qui vit seul dans sa hutte avec son chien et quelques poules. Quand on lui a demandé si on pouvait rester là pour la nuit il était tout content de la compagnie et nous a demandé si on allait danser et boire… On va passer deux nuits ici et faire de jolies balades à pieds dans la campagne environnante. Un matin des paysans nous disent avoir vu, depuis leur champs de laitues, des Quetzals, cet oiseau d’Amérique centrale un peu mythique, du coup le lendemain, branle bas de combat à 6 heures du mat pour tenter d’observer la bête. Peine perdue, la journée s’annonçant grise et bien venteuse, les bestiaux se laissent juste un peu entendre au loin, cachés dans les frondaisons de la forêt équatoriale. On se ballade dans des paysages abruptes de toute beauté, on traverse des plantations de café, on s’émerveille devant les arcs en ciel provoqués par l’humidité jouant avec le soleil et les nuages, on joue tranquillement avec le temps qui s’offre à nous dans toute sa merveilleuse quiétude.
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Puis tel un métronome alternant entre le chaud et le froid, nous redescendons sur la cote pacifique à la Playa las Lajas où nous faisons la connaissance d’une famille suisse qui voyage depuis 21 mois entre le Canada, les USA et l’Amérique centrale et qui commence à avoir sérieusement envie de rentrer. Ils avaient envisagé un temps le passage en Amérique du Sud et puis il semble qu’ils aient un peu perdu de la hargne nécessaire pour avancer toujours plus loin. Certainement pas facile de voyager avec de jeunes enfants, d’ailleurs la plupart des familles que nous avons pu croiser jusqu’à présent avaient l’air bien fatigué! Finalement c’est pas si mal que ça d’être un vieil ours pourri, surtout quand il est accompagné par une Miss Univers!
Lapinou devant embarquer le 22 février pour la Colombie, on décide donc de se mettre en roue libre pour une quinzaine de jour afin de marquer une séparation nette dans le rythme du voyage. En quelques sortes des vacances à l’intérieur des vacances. Il y en a bien besoin car depuis un an que l’on parcourt le territoire américain, la succession pratiquement ininterrompue de nouveaux paysages, de nouvelles rencontres, de nouveaux climats, de nouvelles sensations nous laisse parfois pas loin du KO total.
Cette valse frénétique d’émotions nouvelles associées à la triste absence d’émotions anciennes (nos enfants, la famille, les amis, notre terroir et tant d’autres choses encore) font un cocktail hautement corrosif qui, après nous avoir emmené au septième ciel, peut parfois nous laisser épuisé et perdu. Un gros peu de repos nous fera donc le plus grand bien pour attaquer enfin l’Amérique du Sud « le Lapinou entre les dents »!
Pour commencer donc, deux jours à ne rien faire, au chaud sur la plage de las Lajas, suivit de trois jours à ne pas faire grand chose dans la fraîcheur de El Valle (juste une petite visite dans un grand zoo pour découvrir les fameuses grenouilles jaunes, symbole du coin, ainsi qu’une multitude de consœurs exotiques dont certaines seraient dignes de tourner dans des films d’épouvantes. La diversité des espèces est vraiment hallucinante. Même la diversité des routes nous émerveille et parfois nous fait même un peu peur.
C’est vachement bien d’être ignare parce que tout nous émerveille. Vive les Plouc!

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Le village d’El Valle occupe l’ancien cratère d’un volcan et pour visiter la campagne environnante il faut d’abord arriver à en franchir les crêtes. Comme d’habitude nous laissons Lapinou déambuler à sa guise et cette fois il va nous emmener sur une petite route goudronnée, qui monte, qui monte, qui monte jusqu’au moment où elle devient interdite aux véhicules…?
La route continue mais elle devient interdite aux véhicules parce-que elle monte trop! Vous y croyez vous? Moi non, alors je passe outre les panneaux d’avertissement mais la pente devient de plus en plus forte et je dois dire qu’au bout d’un moment ça devient vraiment impressionnant. On dirait que l’on remonte une piste de bobsleigh, les virages sont relevés, Lapinou commence à montrer des signes de faiblesses et là, avec horreur, je commence à sentir une peur sournoise s’insinuer en moi. Je ne suis pas sûr, au cas ou Lapinou viendrait à caler, que les freins suffiront à pouvoir empêcher le camion de reculer… Depuis que j’ai fais réparer un flexible de freins à la mexicaine j’ai l’impression que le camion freine moins bien de l’arrière et si je m’arrête dans cette côte de fou j’ai bien peur que les roues avant, même bloquées, n’aient pas assez d’adhérence pour contenir tout le poids du camion et que l’on reparte ainsi en marche arrière beaucoup plus vite que lors de la montée… Mon cerveau s’emballe, il faut vite trouver un replat pour s’arrêter car non seulement la montée est en train de devenir infranchissable pour Lapinou mais même si on arrive à trouver un endroit pour faire demi-tour, il est déjà trop tard pour redescendre sereinement. On n’a même pas fini la côte que la descente s’annonce déjà comme vraiment dangereuse… Nous passons encore un virage relevé, plus personne ne parle, je sens les gouttes de sueur coulées sur mes tempes, toujours pas d’endroit pour s’arrêter. La pédale d’accélérateur est au plancher et la route monte de plus en plus pendant que le régime moteur lui, descend doucement et s’approche de la zone fatidique des 1800 tours où toute la puissance va s’effondrer. De toute façon, vu l’inclinaison du virage qui approche, on ne pourra pas aller plus haut. Et là, juste au milieu du virage, sur la droite, un petit recoin plat nous attend, juste pour nous, juste au moment où le moteur était en train de délivrer ses derniers chevaux pour une bataille qui s’annonçait déjà comme perdue. Je romps le combat pour me précipiter sur ce havre de paix. Le soulagement est immense et sitôt Lapinou immobilisé, je me rue hors du véhicule comme pour me sentir hors de danger, comme pour avoir l’illusion de reprendre le contrôle des événements sans interface avec la Terre-Mère. Elle et moi, seuls en face à face. C’est la première fois que je ressens, avant qu’il ne se passe quoi que se soit, que je pouvais peut être perdre le contrôle d’un véhicule sans avoir de solution viable de dégagement. Grosse émotion pas particulièrement agréable, donc situation à éviter de renouveler. Je n’aurai quand même jamais cru qu’il puisse exister des routes goudronnées publiques aussi raides. Même à pieds, la fin de l’ascension du ruban goudronné est pénible mais le point de vue arrivé sur le site Altos del Maria est sympa. (Coucou belle-maman!)
Bon, on n’est peut être pas vraiment dans la meilleure des conditions psychologiques pour apprécier pleinement le moment car il ne faut pas oublier que tout ce qui monte doit bien redescendre un jour…

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Dernier épisode: Il ne reste donc plus qu’à jeter Lapinou dans la descente de bobsleigh et prier pour que les freins résistent! Rien que la sortie du replat pour rejoindre la route est périlleuse et Michèle, bien que persuadée que Lapinou va verser à ce moment là, reste stoïquement à mes côtés. Unis pour le meilleur et le pire…
Dieu ou Maître Ferrodo, ou les deux, nous ont entendus et nous retrouvons finalement le fond de notre petit cratère douillet avec bonheur. Lapinou est toujours sur ses quatre roues, les plaquettes de frein toujours bien droites dans leurs étriers prêtes à affronter les cordillères des Andes.
Merci, tout va bien.

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Puis nous passons deux nuits au bord de la mer à Punta Chame où nous avons pu admirer Moïse s’entraîner à marcher sur l’eau.
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Et nous voilà enfin arrivé à Panama City devant le Balboa Yatch Club, point de ralliement de tous les globe-trotters en partance pour l’Amérique du Sud.
Tiens, aujourd’hui c’est morne plaine, il n’y a personne, pas le moindre petit camping car en vue. Remarquez ça ne nous change pas beaucoup car durant toute la traversée de l’Amérique centrale on ne peut pas dire que l’on aura croisé beaucoup de voyageurs en camping car! On a lu sur pas mal de blog que les gens se regroupaient souvent pour des questions de sécurité. On aurait peut-être aimé aussi partager. C’est quand même mieux d’avoir peur à plusieurs tout en sachant que si jamais il y a un problème, ce serait bien sûr chacun pour soi! La paranoïa s’exporte pas mal aussi, je me souviens avoir vu sur un blog, l’établissement d’une stratégie pour sortir d’une agence bancaire avec plein d’argent tout en faisant croire qu’ils n’avaient rien… Et il faut bien être au moins trois équipages pour pouvoir décider quel est le meilleur point de bivouac entre une station d’essence Pemex ou une station d’essence Puma. Dommage de n’avoir pas pu partager ses moments d’exception exceptionnels.
On ne s’attarde donc pas au Balboa et on passe sous le Puente de las Américas pour aller ensuite voir les énormes bateaux porte-conteneurs franchir l’écluse de Miraflores sur le canal de Panama. On se fait soutirer 15$ par personne pour avoir accès au site. Ça devient vraiment pénible de devoir toujours payer pour simplement regarder, encore une différence avec la culture française. Est-ce que vous vous imaginez être obligé de payer simplement pour aller voir une écluse sur la Loire, simplement pour regarder de loin le Mont Gerbier des Joncs, payer encore pour regarder la cascade du Répic, payer pour voir une éolienne, payer pour regarder le barrage de Grangeant, payer pour regarder la tour Eiffel, payer pour observer une grenouille verte, payer pour se promener simplement sur les sentiers de votre enfance, payer pour rentrer chez vous et surement bientôt payer pour respirer…
De la science fiction? Hélas non. En Amérique ce type d’aberration est déjà monnaie courante puisque qu’ici, ils sont passés, sans s’en rendre compte et dans toute l’acceptation du terme, de l’eau courante à la monnaie courante! Ils sont passés de la prodigalité naturelle à l’exploitation commerciale outrancière de cette nature qui nous appartient.  » Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible. » Pas étonnant que les indiens se rebiffent et ils ont déjà gagnés sans vraiment le savoir. Tous ses villages, ses lotissements, ses villas bunkerisés que nous croisons sur notre passage nous font penser à de vastes prisons où sont fiers d’habiter les nantis de ce monde. Gagner du fric pour aller vite s’enfermer par peur de se le faire voler, ils sont quand même vachement forts ses américains! Alors que le plus beau cadeau du monde est bien la liberté, ils travaillent comme des fous pour aller s’enfermer avec la peur au ventre. Et ne rigolez pas, car chez nous, pas si sûr qu’avec l’extension permanente des zones Natura 2000 celles-ci ne se transforment pas rapidement, comme aux USA, en parc nationaux dont l’entrée pourra alors devenir payante. Notre liberté se restreint partout dans le monde et moi qui pensait pouvoir côtoyer la liberté absolue, en Amérique du Nord et en Amérique Centrale j’ai surtout rencontré jusqu’à présent la liberté de payer pour toutes choses habituellement gratuite en France…
Amérique, territoire de liberté? … C’est qui qui a écrit cette ânerie! Vive la France.
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Nous poussons finalement jusqu’à l’écluse de Gatún, moins célèbre que celle de Miraflores donc seulement 5$ l’entrée…, faisons une halte au milieu d’une base militaire partiellement abandonnée à Sherman dans la Shelter Bay Marina où, après avoir déjeuné au restaurant de la Marina, fait nos courses au shipchandler du coin et utilisé la laverie automatique, on se fait jeter par un chefaillon américain qui nous dit qu’on n’aurait même pas du utiliser la laverie, réservée comme tout le reste des installations à la riche clientèle américaine dont les bateaux marinent sagement dans le port. Mais où est donc passé cette hospitalité qui nous avait tant bluffés au pays de l’oncle Sam? Envolée avec le pognon, disparue avec l’ambition, sacrifiée au nom de la rentabilité, enterrée au nom de la sécurité. Nous n’avons jamais croisé autant d’américains antipathiques que depuis que nous avons quitté les USA! Les autochtones d’Amérique Centrale nous avaient souvent mis en garde sur cette outrecuidance américaine que je refusais de voir tellement ils m’avaient charmé dans leur pays mais force est de me rendre compte que, à l’extérieur de leurs frontières, beaucoup se comportent d’une façon odieuse. Et encore nous sommes européens, et j’imagine que leurs rapports avec les indiens doivent être encore plus féroces. Je commence à comprendre pourquoi les pseudo riches de ce monde s’enferment dans leurs prisons dorées, gardez le bien votre pognon car qui sème le vent récolte la tempête mais qui sème la tempête récolte quoi….?
Finalement les indiens me paraissent soudainement moins antipathiques qu’au premier abord. Leur cause m’apparaît soudainement comme beaucoup plus juste. Je suis rentré en Amérique en tant que capitaliste convaincu mais un an de voyage et d’observations simplistes ont ébranlés quelque peu mes convictions. Voyager (vois âgé) c’est voir avec d’autres yeux, peut-être voir avec des lunettes, voir avec plus de précisions des petits détails qui nous apparaissaient avant comme insignifiants. Voyager c’est apprendre la tolérance, apprendre à vivre ensemble, apprendre à se respecter, apprendre à s’aider sans rien attendre en retour. Tout cela on le trouve presque toujours avec les gens qui ont su rester proche de la terre mais dès que l’on approche des nantis abrutis, les barbelés surgissent! ….NO TREPASSING KEEP OUT!

Tu les as vus nos quotidiens
Les portables et les câbles
Qui nous lient au cœur de l’humain
Les connexions dans leur cerveau
On a l’air de quoi toi et moi
Là perdus dans la fourmilière
Comme un poisson cherche de l’air
Des feux qui font plus de lumière
Si on fait pas l’Alaska
C’est qu’on aura trouvé en route
Un coin pour se poser nos âmes
Un petit bout du monde
Qui sera rien que toi et moi
Qui sera notre bout d’étoile
Celui que rien n’enlèvera
Celui qui fait qu’on tient

In to the wild (x12)

Ce soir on couche au pied du phare de la marina de l’autre pédé, la tête dans les étoiles.

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Commentaires sur: "Panama" (5)

  1. Bonsoir,

    Encore une fois, merci pour ces commentaires, pas désagréable du tout cette littérature,
    un plaisir de suivre votre parcours. Bises.

    Blandine & Gérard

  2. On adore et alors la montee bien qu en ayant vecu des pas mal celle de lapinou c est fort. Nous c est plutot arrive en bas des descentes qu on se demandait si on allait pouvoir remonter. on trouvait toujours les descentez plus impressionantes que les montees on imagine donc toute le tendion dans la cabine de Lapinou. Bises

  3. Bon, c’est vrai que des fois je suis un peu de mauvaise humeur et ça doit se ressentir dans mes écrits mais je préfére m’attacher à ce que l’on ressent dans ce voyage plutôt que de réécrire mot pour mot Wikipédia….
    Merci à tous de nous suivre et de prendre le temps de faire quelques commentaires.
    Phil

  4. Bonne nouvelle : tu as découvert la peur avec un engin motorisé grâce à votre voyage!!! Le légendaire et Intrépide PHIL commence à en rabattre ou à voir les reliefs avec plus de raison. Tu n’as pas été tenté par le matériel de Moïse??
    STEF.

  5. Bin oui Steph, avec l’âge on découvre de nouvelles émotions inconnues auparavant… On s’assagit certainement aussi un peu et on découvre le bonheur de simplement contempler l’agitation des autres fous de ce monde dont Moïse faisait incontestablement parti.

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