We have a dream…

Panajachel Antigua

Ixobel /Panajachel/ Antigua

Finalement nous sommes resté 3 nuits à la Finca Ixobel, kilomètre 376, c’est un écolodge, la formule est à la mode en ce moment en Amérique centrale, c’est une sorte de ferme vaguement écologique, mais dont l’activité repose plus sur le tourisme que sur la production de produits agricoles. Mais le coin est sympa, la nourriture maison est bonne et nous n’avons pas envie de passer le nouvel an seul. Nous avons sympathisé avec Georges, un maya roi du jumbé et de la babine et Chiban, sa copine canadienne. Nous discutons également avec deux mamies allemandes qui ont profité de notre absence, le temps d’aller au marché et à la laverie du bled avec Lapinou, pour nous piquer notre place sur l’aire de camping! La seule place à peu près plate et qui ne soit pas encore dans la boue! Il pleut encore beaucoup, pratiquement tous les soirs et le sol est détrempé. Pourtant j’avais laissé ma chemise sur une branche d’arbre pour signaler que la place était occupée mais elles se sont contentées de déplacer la chemise…et lorsque je me suis arrêté devant elles avec Lapinou pour récupérer ma chemise, voilà ti pas que le grand cheval qui joue à l’homme me demande de déplacer Lapinou parce qu’il lui bouche la vue!!! Manquent pas d’air celle là, où celui là…
Je lui ai bien dis le reste mais ce n’est pas pour cela qu’elle a proposé de se barrer ailleurs, la vieille taupe! Bon, ce n’était pas bien grave parce que on a trouvé un autre coin juste à côté qui était aussi bien, mais quand même, on n’a pas la même éducation…(Tu fais chier Papa! Je lui aurai bien mis mon poing sur la gueule, à la vieille, et repris ma place pour le principe…) Mais bon, Rabhi, il a dit qu’il faut partager et que la terre est à tous le monde et non pas à quelques uns. Bon, après, on a quand même bien discuté et échangé quelques bonnes adresses, choses que l’on n’aurait certainement pas pu faire si je lui avait mis mon poing sur le groin, donc…
Avec Georges et Chiban on n’a pas eu ce problème, le contact est tout de suite bien passé, du coup ils sont aussi restés sur place pour que l’on puisse passer le jour de l’an ensemble. Georges, qui a 28 ans, a été un adolescent de la rue turbulent, ses parents se sont séparés lorsqu’il avait 15 ans et depuis, la rue et la prison ont été ses nouveaux foyers. Nous avons pu ainsi découvrir un peu de cette facette cachée des pays d’Amérique latine. …Bin, apparemment faut effectivement pas trop s’éloigner des sentiers touristiques, éviter de rouler de nuit et éviter les routes trop isolées…A part ça, il y a plein de jolis coins à visiter mais toujours dans un cadre réglementé, c’est d’ailleurs pourquoi la plupart des sites intéressants sont gardiennés, ce qui n’empêche pas parfois, quelques dérapages, environ 1 par an…dans le cadre réglementé et beaucoup plus hors cadre! Mais de ceux là, on en parle très peu, s’agit pas de faire fuir la manne touristique! On oublie donc le tourisme sauvage! Snif… Surtout qu’en cas de problème, personne ne viendra à notre secours car, dixit Georges, tout ici est corrompu et quand il arrive un problème, si « on » arrive à savoir rapidement « qui » est à l’origine du problème, sa résolution ne va pas profiter au malheureux touriste, qui a forcément été bien imprudent et qui, dans son immense richesse, aura juste été un petit peu pénalisé… C’est ainsi que quelques touristes se sont retrouvés littéralement à poil pour avoir juste un peu dépassé les limites balisées.
D’après Georges, dans tous les pays d’Amérique latine, l’ordre est établi en premier par les cartels, en deuxième par la police des gouvernements et en troisième par les gangs de la rue. …Encourageant tout ça! Bon, nous on va essayer de ne voir que le côté touristique, merci!
Donc on va passer trois jours tranquille dans la finca, surtout que le temps est devenu bien pluvieux. Si jusqu’à présent il n’avait plu que la nuit, maintenant il pleut aussi durant la journée avec parfois même on a droit à de violents orages! On va donc passer nos journées, à discuter avec Georges, Chiban et nos deux allemandes qui parlent très bien le français, et à se remplir le ventre avec la bonne cuisine maison de la Finca Ixobel. Le réveillon du jour de l’an sera bien sympathique avec un bon repas et une soirée bien arrosée (…pour Georges et Chiban qui nous ont montré une façon traditionnelle d’avaler les verres de tequila avec le sel et la tranche de citron!) et un mini feu d’artifice pour clôturer l’année 2013 et bien commencer l’année 2014 (les Guatémaltèques raffolent des pétards et feux d’artifice divers).

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Nous nous dirigeons ensuite sur le lac Atitlan par la superbe route de Coban qui vient d’être refaite, donc pas de trous, pas de topes, le rêve jusqu’à Coban. Les paysages de l’intérieur du Guatemala sont superbes, très vallonés avec d’immenses cultures de palmiers destinés à produire de l’huile de palme. Après Coban la route se gâte un peu mais rien d’inquiétant et nous arrivons bientôt à Panajachel au bord du lac Atitlan. Nous établissons notre camp de base à l’hôtel Tzanjuyu qui possède un terrain juste au bord du lac avec une superbe vue sur les trois volcans le cernant. Les propriétaires viennent de changer et la gestion semble devenir un peu plus…sudiste! Le prix de la nuit sur le terrain de camping est établi suivant la taille du véhicule, mais la taille du véhicule est établi sur…rien de concret! C’est au bon vouloir du gars de la réception, qui classe tout d’office en « très grand » et ensuite quand tu as gueulé un bon coup il passe en « grand » et si tu gueule encore plus fort, le gars de la réception envoie une photo à la propriétaire qui décide…Du grand n’importe quoi, la première nuit la propriétaire n’a jamais voulu nous classer dans la catégorie « normale », sachant que le camping est désert et que nous sommes les seuls clients…Le lendemain nous passons la nuit à Chichicastelnango où se tient le plus grand marché de la région. J’en profite pour y acheter un poncho typique (Peut-être fabriqué au Pérou, allez savoir…) en tout cas, il paraît qu’il est en poil de bête, je n’ai pas compris le nom de la bestiole mais j’espère que ça ne puera pas trop à la première goutte d’eau… Les routes entre Panajachel et Chichicastelnango serpentent entre des vallons profondément… profonds et le pourcentage de descente (ou de côte comme vous voulez) est plus qu’impressionnant. Pour faire 30 kilomètres il faut compter environ 1heure et 30 minutes… Certaines côtes se font en première vitesse et certaines descentes debout sur les freins avec les gros bus de liaison qui nous doublent comme des avions dans une odeur de plaquettes de freins brûlés qui ne nous font pas regretter notre choix d’avoir renoncé à la couleur locale du transport public. Vu la profondeur des ravins bordant la route, on serre déjà suffisamment les fesses dans Lapinou pour ne même pas imaginer ce que cela aurait été dans l’un de ses cars de transports en commun. Le retour sur Panajachel est plus facile car Chichi étant plus bas il y a donc moins de descentes vertigineuses pour remonter à Panajachel, seule la dernière partie entre Solola et le lac Atitlan descend fortement sur 8 kilomètres mais si on reste en première, il n’y a pratiquement pas besoin de solliciter les freins. De retour à notre camp de base, nous trouvons un gros camping car américain, acheté par une famille française avec trois enfants, qui descend jusqu’en Bolivie. Nous discutons quelques instants jusqu’au moment où je manque de m’étrangler quand Karine m’annonce qu’elle a payé la nuit au prix des campings car de taille normale!!!! Le leur fait le double de la taille de Lapinou et ils ont payés pour la catégorie inférieure… Faut qu’on m’explique vite avant que j’aille casser la gueule à cet abruti de Victor, le naze qui nous a reçu la première fois avec ses manières mielleuses de tapette. Karine me dit que son mari a du se fâcher pour obtenir ce tarif, mort de rire quand on a vu arriver le mari, une tête de mou qui paarleu commeux un mououou. Bon, il ne faut pas se fier aux apparences mais en tout cas, ils ont bien payé moins cher. Je fonce donc pour péter le groin au Victor qui m’explique,bien sur, que ce n’est pas sa faute, que c’est la propriétaire qui a décidé que Lapinou était plus gros que le camping car américain…Va falloir qu’elle change de lunette la vieille! En tout cas, pas question que l’on paye une nuit de plus au tarif « très grand » mais il a fallu encore discuter une heure et menacer de repartir pour arriver à avoir gain de cause, vraiment pas commerciaux les bestiaux. Nos voisins, qui devaient rester plusieurs jours, sont d’ailleurs repartis dès le lendemain, après s’être fait jeter de la piscine (où il n’y avait personne mais où il fallait encore payer un supplément) et après avoir été obligé de replier la tente du petit qui donnait lieu aussi à un supplément…( je rappelle que, hormis nous, le camping est désert!) ź’on pas du faire une école de commerce les nouveaux propriétaires!
Bon, nous allons quand même rester là trois nuits supplémentaires car on ne veut pas se prendre le chou, d’une part le site est super agréable et super calme (c’est sur que ce n’est pas les voisins qui risquent de faire du bruit…), d’autre part on n’est pas là pour se battre tous les jours, parce que, à 15 euros la nuit, ce n’est quand même pas excessivement cher pour des européens, même si c’est hors de prix pour le Guatemala, et enfin parce-que, dès le premier soir, je t’ai attrapé une dissenterie du diable qui ne nous a pas vraiment laissé le choix…
La fin d’année marquée par mon tri-jumeau, la nouvelle année qui commence avec une bonne vieille diarrhée, où là là, va falloir que ça se calme un peu l’affaire!
On quitte donc Panajachel sans avoir visité grand chose, tant pis, cela sera pour une autre fois dans une autre vie. Direction les sources d’eau chaude Fuente Georginas près de Quetzaltenango.

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La route d’une dizaine de kilomètres qui mène de Quetzaltenango aux sources d’eau chaude est tortueusement splendide, elle traverse un patchwork de cultures diverses accrochées aux flancs abrupts des terrains volcaniques. Carottes, betteraves rouges, salades, radis, oignons, choux égayent de leurs couleurs vives cette campagne animée de centaines de mains, beaucoup de grosses, quelques petites mais la majorité bien bronzées quand même, chaque parcelle de terre est exploitée même dans les endroits les plus invraisemblables. Bien que nous ne partagions certainement pas le même point de vue, la vue sur les volcans environnants est superbe et, cerise sur le volcan, nous ne risquons pas de nous perdre puisque la route est un cul de sac qui finit directement sur le lieu des sources. Nous dormons sur le parking (contre 50 quetzals…) et en profitons pour aller nous baigner à la nuit tombée. Avant 22 heures quand même, car après c’est, extinction des feux, et le lieu doit devenir alors quasi lugubre… On n’a pas oser tenter l’expérience du bain tardif! Déjà que même avec les lumières… Heureusement il y avait d’autres personnes qui se baignaient déjà lorsque nous sommes arrivés! Nous avons tout d’abord foncé dans le grand bassin…ha!… Toujours cet esprit et amour des grandeurs puis à la vue de nos pieds qui ont commençé à prendre rapidement la couleur du homard bien cuit nous avons rapidement entamé un replis stratégique vers des bassins plus hospitaliers. Renseignements pris, il y a trois bassins à utiliser dans le bon ordre pour habituer le corps à la température élevée du grand bassin (entre 45 et 60° suivant la fréquence des pluies…). Inutile de préciser qu’à 60°, plus personne ne peut rentrer dans le grand bassin. Le lendemain matin nous ferons une nouvelle tentative, Mich arrivera à s’immerger complètement un court instant tandis que moi, je me contenterais d’y rentrer seulement jusqu’au nombril. Expérience intéressante de se prendre pour un homard en train de cuire dans un cadre hors du commun, vers les midi nous reprenons la route, direction Antigua, la ville étape de tous les voyageurs d’Amérique avec son fameux parking gratuit sur le terrain de la police touristique.

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Lorsque nous arrivons à Antigua, il y a effectivement déjà 6 camping car de voyageurs déjà installés. Un luxueux camion Man 4×4 anglais que nous avons déjà croisé au Mexique, un ancien bus scolaire occupé par deux jeunes français qui nous ont déjà vu à Panajachel, un camping car belge inconnu avec une grande famille de 4 enfants , un Land Rover suisse, un vieux combi syncro avec un jeune couple allemand, un beau pick-up américain avec une luxueuse cellule canadienne occupée par des brésiliens qui retournent au pays et un couple d’italien avec…juste leur tente! Ils viennent d’acheter un fourgon, ici à Antigua, et ils sont en train de l’aménager pour pouvoir y vivre. La réputation de pôle de rencontre pour voyageurs, d’Antigua, ne semble donc pas usurpée. Un couple de retraité franco-canadien viendra d’ailleurs bientôt se joindre à la petite troupe de tous ses curieux du monde. Je trouve fantastique de pouvoir observer la diversité des gens qui voyagent. Aujourd’hui se côtoient ici des voyageurs de 4 à 65 ans, des gens à peu près normaux, des artistes qui se cherchent, des jeunes saisonniers débrouillards, des gens riches, des gens très riches et au milieu de toute cette diversité, on trouve également nos deux ploucs un peu égarés dans ce zoo du monde… Une véritable arche de Noé, ce parking de poulets! On va y passer 5 jours hyper agréables, à faire un peu mieux connaissance les uns avec les autres et à partager quelques moments exceptionnels. Le réveil du volcan Pacaya par exemple suivi d’un léger tremblement de terre qui a secoué nos camions au petit matin comme si quelqu’un s’accrochait à la portière de chacun d’eux au même moment font partis de ses instants forts. Savourer également quelques recettes belges avec Francois et Sandrine, découvrir le jeu du roi belge ou discuter des vertus du socialisme avec la copine de Marin… Bon, on n’était pas toujours d’accord sur tout avec Mathilde et c’est peut-être cet élan de jeune ferveur socialiste qui a réveillé les volcans El Fuego et El Pacaya… Sur le volcan Pacaya, nous avons vécu un instant purement magique, nous avons eu la chance d’assister de nuit à une éruption volcanique de toute beauté qui a quand même un peu inquiété la guide qui nous accompagnait… Le lendemain le site était en alerte et les visites interdites! Si il y a encore beaucoup de volcans actifs dans toute l’Amérique centrale, je ne pensais pas pouvoir assister un jour à une éruption en direct, entendre le bruit caverneux du volcan qui éructe, sentir cette odeur forte de souffre qui se répand rapidement dans l’atmosphère accompagnée par cette angoisse sourde qui monte lentement en vous. La peur d’inhaler des fumées toxiques, la peur d’une évacuation tardive où les routes deviendraient rapidement surencombrées et inutilisables, la tension qui envahie soudainement le groupe qui devient surexcité, partagé entre l’envie de rester plus longtemps pour profiter du spectacle inouï et l’envie de s’éloigner au plus vite de cette force obscure qui peut nous engloutir d’un rot simplement un peu plus fort que les autres, tout cela vous oppresse doucement comme dans un rêve. Merveilles de la nature que nous ne dominerons, j’espère, jamais totalement. De retour au campement d’Antigua les allemands sont encore debout à observer au loin le volcan El fuego qui commence également à toussoter un peu. Au petit matin le sol s’est mis à trembler.
Le Monde nous parle, la Terre nous parle, l’Univers nous parle, mais pourquoi ne les comprenons nous pas?
J’essaye d’être attentif aux signes, et là, on peut dire qu’en l’espace d’une nuit j’ai été particulièrement bien servi!
Difficile d’ignorer ses manifestations terrestres… mais comment les interpréter?
Est-ce que cela veut dire: « Dégage sale con?…  »
ou bien : « Poursuis ton chemin, j’ai encore tant de beautés cachées à te faire découvrir! »
Dans notre petite troupe, chacun à son idée et demain nous reprendrons, tous, le chemin de nos destinées. Certains feront demi-tour, d’autres continueront un peu avant de retourner aussi à leur quotidien tandis que quelques uns se laisseront encore porter par leur soif de liberté.
Mectoum et bonne route à tous!
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Bon, en ce qui nous concerne, il va peut-être bien falloir penser à avancer un peu en direction de l’Amérique du Sud si on veut espérer être rentré un jour! Nous avons jusqu’à présent parfaitement respecté l’impératif que je m’étais fixé pour ce voyage en Amérique, qui était de savoir prendre son temps. L’inconvénient, c’est que l’on prend tellement notre temps, qu’une vie ne va pas nous suffire pour arriver en Argentine… On va donc traverser rapidement le Salvador et le Nicaragua pour se rapprocher du canal de Panama et voir comment procéder pour faire passer Lapinou en Colombie.
Nous quittons donc Antigua, direction la frontière du Salvador. A environ 25 kilomètres de la frontière nous rejoignons une file de camions qui occupent la voie de droite de la route… Nous empruntons la voie de gauche pour circuler et au bout de quelques kilomètres de file ininterrompue un doute nous assaille…Pas très normal de voir tous ses camions stationnés sur des kilomètres avec les chauffeurs vautrés dessous dans leur hamac. En plus, tous les 100 mètres on trouve soit des militaires soit des policiers tous armés jusqu’aux dents… Il n’y aurai quand même pas eu un coup d’état au Salvador!

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On s’arrête auprès d’une voiture de police pour se renseigner. Il s’agit en fait d’un blocage de la douane par les transporteurs qui manifestent contre la décision du gouvernement du Salvador d’instaurer une taxe de 18 US$ sur chaque entrée de camion dans son pays et une autre du même montant pour chaque sortie! Comme le Salvador est un axe stratégique incontournable pour le trafic de marchandises entre tous les pays d’Amérique centrale, l’enjeu est considérable. Ce qui explique le nombre incalculable de camions en attente sur le côté de la route! Néanmoins les policiers nous disent que les voitures et les touristes peuvent passer sans problème. Nous remontons donc, sur la voie de gauche, les 25 kilomètres de file ininterrompue de camions, sagement alignés les uns derrière les autres jusqu’à la frontière. Un autre détail m’inquiète quand même un peu, c’est qu’en face, nous ne croisons aucun véhicule…Si la frontière laisse passer les voitures et les touristes nous devrions en croiser au moins quelques uns… Arrivé à la frontière La Hachadura mes craintes se voient confirmées. Aucun passage n’est possible sauf à pieds. Quand je demande combien de temps devrait durer ce blocage on me répond que cela fait déjà 8 jours que tout est bloqué et qu’il va sûrement falloir patienter encore une semaine !!! Gloups…! Moi qui avait décidé d’aligner de la borne, ça commence mal. Les Ploucs à Panama, ce n’est assurément pas pour tout de suite. Pour l’heure, un escroc nous propose de nous faire passer au Salvador par une piste parallèle à la route pour revenir ensuite, côté Salvador, faire à postériori et contre propina bien sûr, les papiers d’immigration. Un peu risqué quand même l’ histoire, mais que faire? Nous décidons d’aller passer la nuit au bord de la mer à Las Lisas, un site soit disant paradisiaque pour prendre le temps de décider de la conduite à tenir. La route se termine en cul de sac dans un village embarcadère… De mer point, juste une mangrove sale et pleine de moustiques et un parking pourri nous accueillent… Il faut ensuite prendre une lancha (barque pourrie) pour traverser la mangrove et arriver jusqu’au village pourri en bord de mer. Le sable noir d’origine volcanique finit de noircir le tableau… Même le coucher de soleil ne casse pas des barres. Seule activité intéressante, les locaux qui s’affairent sur un vieux bateaux de pêche hors d’usage côté bâbord. Ce qui reste des tôles en dentelles est découpé pour être vendu au poids à des indigènes qui chargent les lourds morceaux de métal rouillé à mains nues dans leurs barques. Je les observe un long moment. Le petit chalutier, ou plutôt ce qui reste d’une masse maintenant informe de ferraille rouillée jusqu’à la moelle, semble déjà avoir été plus que partiellement aspiré par la vase. Il git pitoyablement sur le flanc, côté bâbord le dernier voyage fait donc parti déjà de la préhistoire mais quid du côté tribord?
Et bien, du côté tribord, au premier abord on a exactement la même vision apocalyptique d’un ex-bateau dont le démantèlement est déjà plus que bien avancé. Pourtant quelque chose choque. C’est tout d’abord un bruit, un bruit de compresseur bientôt suivit d’une odeur. Une odeur de peinture et nous découvrons avec stupéfaction, que du côté tribord, un ouvrier est en train de repeindre en blanc la coque percée du tas de ferraille! L’hémisphère gauche de mon cerveau me suggère que c’est peut-être un moyen de donner au côté tribord de la valeur ajoutée à la ferraille qui va être vendue tandis que l’hémisphère droit y voit la préparation d’un écran pour la projection d’un film en plein air ou la création d’une vieille œuvre d’art moderne.
En partant me renseigner sur le nom de l’artiste on m’informe que la restauration du bateau est bien avancé…!
Il y a du poisson qui ne va pas tarder à attraper le tétanos ou des apprentis réparateurs qui ont vu la vierge…
On reprend la lancha pour retrouver notre brave Lapinou sur son parking pourri ou nous allons passer la nuit à écouter le coq chanté. Je prendrai bien un peu de poulet au déjeuner…
La nuit ayant portée conseil, je retournerai bien sur Antigua attendre tranquillement la fin du conflit alors que Mich veut contourner le Salvador en remontant sur l’ Honduras.
Devinez qui a gagné?
Je vous donne un indice…Au volant il y a un bougon…
En plus il y a une grosse tanche qui nous a dit à l’embarcadère que toutes les frontières avec le Salvador n’étaient pas bloquées. Nous voilà donc parti, de topes en topes et de côtes de fou en descentes de folie, dans la campagne profonde du Guatemala. Deuxième poste frontière, Las Chinamas, on n’a pas pu y arriver car il y avait un pont en train de s’écrouler…, troisième poste frontière,… déconseillée par la police. Arrivé enfin au quatrième poste frontière de San Cristobal après 4 heures de routes défoncées, devinez qui nous attendaient bien sagement?
…Nos copains routiers!

Argh…Je vais l’étrangler!

Bon, maintenant les possibilités de choix se restreignent de plus en plus, on met donc le cap sur l’Honduras en espérant que là, les frontières seront ouvertes. La circulation et la fiabilité de l’information est, ici, aussi fiable qu’en Afrique de l’ouest. Plus tu cherches à te renseigner et moins tu en sais!
On va passer la nuit dans un petit village, au bord de la route principale sur un autre parking glauque à écouter chanter les freins et les moteurs des camions. Je prendrai bien un routier farci au petit déjeuner…
Le lendemain j’étudie l’histoire du Honduras, histoire de s’imprégner un peu du pays avant d’essayer d’y mettre les roues de Lapinou. Entre 1821 et 1981 pas moins de 159 changements de gouvernement, 24 guerres et 260 révoltes armées. Ça s’annonce pas mal l’affaire, en tous cas moi je plains les profs d’histoire du pays…

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