We have a dream…

Le Honduras et le Nicaragua

De frontière fermée en frontière fermée, nous sommes finalement arrivés à la frontière du Honduras, pays réputé comme étant le plus dangereux de l’Amérique centrale. On ne sait plus vraiment quoi en penser car depuis que l’on est rentré au Mexique, toutes les personnes rencontrées disent toujours que c’est le pays après, plus au sud, qui est vraiment dangereux… Les américains nous exhortaient à ne pas aller au Mexique, les mexicains à éviter le Guatemala, les guatémaltèques à se méfier du Salvador, etc… A l’intérieur de chaque pays traversé, lorsque vient le moment de trouver un point de bivouac et que nous nous renseignons auprès de la population sur la tranquillité du lieu que nous avons choisi, nous avons toujours eu la même réponse…Ici c’est tranquille, les problèmes sont dans le village à côté!… Une seule chose est sûr, ne jamais lire le journal!
Le passage de la frontière à El Florido est long, une quantité phénoménale de photocopies de tous les documents possibles et imaginables nous est demandée, autant pour sortir du Guatemala que pour entrer au Honduras mais le pire est à venir, le passage de la frontière, 3 jours plus tard, entre le Honduras et le Nicaragua va nous prendre 5 heures et beaucoup de dollars!!!
Pour le moment nous nous dirigeons sur le site Maya de Copan qui se trouve à seulement un quart d’heure de la frontière. En seulement 15 kilomètres nous nous perdons trois fois… Pas de panneaux signalétiques fiables, le premier panneau que nous suivons nous amène dans la cour d’un hôtel, le deuxième qui indique « Copan Ruinas » nous amène au village du même nom mais pas sur le site archéologique et le troisième, qui indique enfin l’entrée des ruines Maya, nous passons devant sans le voir car ce n’est pas un panneau recto-verso et bien sûr le côté indicateur est destiné aux automobilistes circulant dans le sens opposé. Quand nous arrivons enfin sur le parking Maya il est trop tard pour visiter le site qui ferme à 17 heures, nous nous installons donc pour la nuit dans un pré derrière la station service qui jouxte l’entrée du site et qui est gardiennée 24 heures sur 24. Le lendemain, à l’entrée du site, une superbe brochette de perroquets, emblème de l’Honduras, nous attend. Ils ont été réintroduits sur le parc et y vivent maintenant en semi liberté dans une belle cacophonie. Cela fait une magnifique entrée en matière sur ce site dont l’atmosphère nous apparaît apaisante. On ne ressent pas une impression de grandeur comme à Palenque ou Toniná mais les sculptures et stèles qui ont été découvertes ici sont impressionnantes et en bon état de conservation. Une demi-journée suffit à notre plaisir pour éviter l’indigestion, on attendra le Pérou et son fameux Machu pichu pour récidiver peut -être un peu plus profondément. L’objectif actuel est toujours de rallier le plus rapidement possible Panama par la célèbre route Panaméricaine. Nous allons donc traverser l’Honduras en trois jours, certains tronçons de route sont épouvantables, c’est une succession ininterrompue de trous ou de travaux et le soir je suis content de me jeter dans les bras de Morphée. Rien de spécial à dire sur le Honduras puisqu’on n’a fait qu’y transiter, les paysages sont très beaux et très vallonnés et nous n’avons ressenti, comme dans tous les pays traversés jusqu’à présent, absolument aucun sentiment d’insécurité.
De toute façon, tu t’arrêtes que si il y a un garde armé jusqu’au dents qui peut te surveiller…
Frontière de Los Manos entre le Honduras et le Nicaragua.
C’est la pire frontière que nous ayons eu à traverser! En tout cinq heures de paperasseries diverses et variées, tant pour sortir du Honduras que pour rentrer au Nicaragua. Tout ça parce que on ne nous avais pas demandé de déclarer le chien à l’entrée du Honduras et qu’il nous manquait donc un papier… Résultat, on s’est retrouvé en zone neutre d’où on ne pouvait ni retourner au Honduras ni en sortir…! Trois heures et demi et 15$ plus tard nous pouvons faire les trois mètres qui nous sépare de la douane nicaraguayenne. Et rebelote, photocopies dans tous les sens, déclaration du cleps en bonne et due forme contre dollars sonnants et trébuchants , formalité d’importation temporaire du véhicule, assurance et fumigation exceptionnelle de Lapinou! Les agents de désinfection portent des masques à gaz, font évacuer tout le monde alentour et démarrent leurs engins de mort. Pendant que l’un arrose tout l’extérieur de Lapinou avec un produit hautement toxique, l’autre, avec une sorte de lance-flamme qui « heureusement » ne lance que de la fumée hautement toxique, s’occupe de sulfater l’intérieur de la cabine et l’intérieur de Lapinou. Désolé Couic, mais je pense que tes puces savantes ne devraient pas survivre à ce mauvais coup là. Ensuite il faut ressortir tous les cinquante centimètres, à Pierre Paul Jacques et José, tout ou partie de la tonne de papiers tamponnés dont tu as laissé tes photocopies dans une dizaine de bureaux différents. Et mangue sur le gâteau, lorsque tu n’es plus qu’à dix centimètres de la chaîne qui te sépare du Nicaragua, tu as une espèce de résidu de fausse couche d’extrémiste soviétique qui te réclame encore un dollar par personne, pour le social qu’il dit l’abruti, et pour la sécurité qui se croit obliger de rajouter ensuite! Manquait plus que ça, alors que je suis une cocotte minute à la limite de l’explosion, l’autre y vient me parler de social… A ce moment là, je me suis fais une promesse, fuck le Nicaragua et je ne dépenserai pas un centime dans ce pays de merde et quitte à rouler jour et nuit, je vais faire le maximum pour arriver le plus vite possible au Costa Rica.
…Estelí, il fait nuit, on s’arrête sur le parking d’une station service, moderne, propre sur elle, bétonnée avec commerces et parking. On demande à un pompiste si on peut rester là pour la nuit. Il nous répond qu’il n’y a pas de problème…pour rester garé là, mais que le lieu n’est pas sûr la nuit, qu’il y a des bandes rivales qui viennent s’y affronter, que la station est fermée à partir de 20 heures et que ce parking n’est pas gardé la nuit…
…Et l’autre résidu de fausse couche qui me vantait la sûreté du Nicaragua! Je voudrais bien me réincarner une fois en Lénine pour te l’envoyer au Goulag celui-là!
Bref, on va quand même arriver à finir cette difficile journée en beauté, en s’installant un peu plus loin sur le parking privé de la police de transit du bled, sagement garé à côté des Lada Samara de la police nationale. (l’influence soviétique sur le régime Sandiniste se fait sentir jusque dans le choix des véhicules de la police…) On va récupérer nos forces vitales en passant une nuit méga tranquille à dormir sur nos quatre oreilles. Le lendemain, tout le monde est debout à 6 heures! C’est que j’ai une promesse à tenir, môa. A 11 heures nous traversons la capitale Managua. Le réseau routier est exceptionnel, la Panaméricaine est un vrai boulevard et je retrouve enfin le plaisir de conduire tout en pouvant apprécier le paysage. Dommage que je ne veuille pas l’apprécier car il a l’air pas mal du tout… Si tout se passe bien, dans trois heures nous sommes à la frontière du Costa Rica et j’aurai tenu ma promesse de ne pas dépenser une seule córdoba ici. Yes!
Sortie de Managua, qu’est-ce qu’il me veut cet emplumé bleu avec sa casquette qui s’agite au milieu de la chaussée en me faisant signe de me garer sur le bord de la chaussée… Ah! Il n’est pas seul, toute la basse-cour est là… Je sens que ma promesse de ne pas dépenser un sou au Nicaragua va devenir tout de suite plus difficile à tenir, la réputation des policiers du Nicaragua n’étant pas très bonne, il va falloir la jouer fine! Je viens de changer de file sur une bande continue…
Mich me suggère de jouer la diversion en faisant semblant d’être content de le voir pour lui demander la direction de la frontière… Cela déstabilise un peu mon jeune poulet mais il revient rapidement à la charge en entreprenant de m’expliquer consciencieusement ma faute! Et bien sûr la suite habituelle arrive dans la foulée avec « una muleta » de vingt dollars à payer immédiatement… Et là, SuperMich est intervenue avec un bon spitch sur les pauvres touristes juste de passage, en transit, sans argent et devant absolument arriver à la frontière avant la nuit… J’ai fait mon petit lèche en leur racontant qu’on venait de passer une excellente nuit chez leurs collègues d’Esteli et l’incroyable s’est produit. Le chef m’a rendu la carte grise de Lapinou et me disant gentiment de repartir… Quatre heures plus tard nous sommes au Costa Rica.
Que dire du Nicaragua… Nous y sommes restés seulement 24 heures mais il semble y avoir un réseau routier d’une qualité exceptionnelle, nous avons quand même fait quelques incursions sur le réseau intérieur pour contourner des manifestations religieuses qui bloquaient certaines petites villes et même là, le revêtement routier était irréprochable. Ce que nous avons vu du pays était propre, le pays nous est apparu moins pauvre que le Honduras mais c’est une opinion particulièrement subjective vu le peu de temps passé ici. Ce qui est certain par contre, c’est que notre vision personnelle de la police Nicaraguayenne ne peut être négative, car en seulement 24 heures, nous avons pu bénéficier de l’hospitalité de la police d’Esteli et de la clémence de celle de Managua. Par contre ne me redemander pas mon opinion sur les douaniers!
Mon rêve du soir…, traverser une frontière de but en blanc à fond avec Lapinou sans m’arrêter.

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :