We have a dream…

San Juan del Chilar / Hierve El Agua

La piste qui descend du volcan Popocatepec jusqu’à Puebla est sympathique, la traversée de Puebla un peu moins et nous bataillons un peu à trouver les bonnes routes. Comme Amandine et Vincent ne veulent pas prendre l’autoroute payante et que nous ne trouvons pas toujours les périphériques gratuits autour des villes, nous commençons à faire une indigestion de topes, ses gendarmes couchés comme on dit chez nous, sauf qu’ici, si tu les passes à plus de 10 km/h, tu es sûr d’arracher le train avant… et le train arrière! Dans certains villages il y a une tope, voir un lot de trois topes tous les 50 mètres! Sachant que chaque tope te démonte la moitié du dos et les 3/4 du véhicule tu comprends vite pourquoi les mexicains ont surtout des poubelles pour rouler dans les villages et gardent, quand ils en ont les moyens, leurs belles voitures pour les grandes routes. Donc, après une journée de topes bien remplie, on se fait la totale avec un bivouac pas vraiment glamour sur le parking d’une station d’essence Pemex…C’est ça l’alternance, j’imagine bien Hollande gérant d’une station service mise en liquidation judiciaire…
Demain sera un autre jour.
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L’autre jour.
La route redevient belle, nous quittons les mornes plaines pour attaquer les contreforts de la Sierra Madré Occidentale, les paysages redeviennent superbes et varient de la végétation tropicale à la forêt de montagne. Nous faisons halte dans une oasis bordant la rivière Salado. Vincent demande à quelques villageois si on peut accéder avec les camions au bord de la rivière et après les traditionnelles réponses de normand mexicain nous sommes obligés d’aller vérifier à pied. On doit d’abord enjamber un petit canal sur un petit pont bétonné puis on prend une bonne descente qui débouche sur un passage à gué qui, d’après un mexicain n’ayant pas l’air d’avoir de souche normande, devrait être en dur sous l’eau boueuse…
Tout seul je n’aurai peux-être pas tenté mais à deux on peut se permettre quelques petites excentricités!
Finalement tout se passe sans encombre et on se fait un joli bivouac pleins de moustiques au bord de l’eau. Le lendemain on part faire un tour dans l’oasis à la recherche d’oeufs frais et les villageois(es) sont particulièrement accueillants(es). Nous allons ainsi être invités à goûter de nombreux fruits exotiques directement prélevés sur les arbres environnants. La vie dans cette oasis a l’air paradisiaque et lorsque nous demandons à l’une de nos hôtes qu’est-ce qu’il lui manque pour être heureuse, elle nous répond qu’elle a déjà tout ici! Belle preuve d’humilité…avant d’entamer un long monologue sur Dieu…!
Partage et hospitalité semblent être le mot d’ordre ici. Curieusement les œufs frais ne semblent pas être particulièrement consommés, les paysans préférant laisser leurs poules errer à l’air libre et couver le maximum d’oeuf, le cours du poulet doit certainement être plus élevé que le cours de l’œuf…Nous passons devant la maison d’une paysanne qui est en train de faire frire, dans une petite poêle, se qui ressemblerait à une petite friture de petits poissons sur un petit feu de bois…
Un quart d’heure plus tard, après lui avoir demandé si elle n’avait pas d’oeufs à vendre, nous sommes tous attablés autour d’un bidon à savourer cette délicieuse friture locale, pêchée la veille par ses fils dans la rivière près de laquelle nous venons de bivouaquer. La dame, devant notre curiosité, nous a généreusement invité à déguster ses petits poissons et nous allons même repartir avec un œuf et quelques tortillas gracieusement offerts au nom de l’hospitalité! Encore et toujours un bel exemple de générosité. Mille merci à la dame aux petits poissons.
La traversée d’Oaxaca se fait non sans mal car il y a des manifestations de routiers qui barrent tous les accès à la ville et nous nous retrouvons bloqués avec des centaines de voitures, camions et cars sur une petite piste défoncée avec même un passage à gué a franchir…Une heure plus tard nous retrouvons avec soulagement le calme de la campagne, direction Hierve El Agua.
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Hierve El Agua
J’ai découvert ce site à travers deux photos sur un blog de voyageurs et j’ai eu le coup de foudre. Dès la première photo, je me suis dis: Là, il faut que tu y ailles, Mère Nature a fait des prouesses dans cet endroit et je dois aller lui rendre hommage ici.
…Ne rien attendre de rien, qui disait le bougre…
…et Là, j’attendais beaucoup!…Gloups!!!
…et j’ai quand même reçu encore plus que ce que je pouvais espérer de cet endroit enchanteur. La main humaine a, pour une fois, su mettre en valeur cette curiosité hydrologique sans excès. Pas d’immenses parkings bétonnés, pas d’hôtels ceinturant et dénaturant le site, pas de barrières réduisant l’accès à une portion congrue, juste quelques cabañas comme d’habitude en cours de décrépitude, deux piscines, ultimes refuges pour têtards et araignées d’eau et quelques échoppes artisanales délabrées. Tout va bien. Nous arrivons le soir par la piste venant de Mitla, 13 kilomètres de piste vertigineuse qui gravit péniblement un versant pour redescendre sur un autre, au bord duquel se dressent de majestueuses cascades pétrifiées composées de carbonate de calcium. La piste est taillée à flanc de montagne et pourtant on aperçoit des cultures de mais sur les pentes pratiquement verticales! On ne se demande même pas comment la graine peut rester en place mais surtout comment le paysan peut bien faire pour y travailler et ne pas débarouler en bas au premier pet…La descente sur Hierve El Agua se fait en première et au frein, les pourcentages maximums de pente autorisés ici sur les voies publiques ne sont définitivement pas les mêmes qu’en France et c’est avec soulagement que l’on arrive sur le replat où se trouve le village.
La baignade dans les bassins débordant sur l’immensité minérale et végétale environnante est tout simplement époustouflante. La ballade aux pieds des nombreuses cascades pétrifiées est envoûtante et de nombreuses résurgences d’eau apparaissent aux sommets des concrétions calcaires. Nous pouvons nous promener partout dans ce paradis minéral et, cerise sur le gâteau, nous bivouaquons juste au dessus des cascades. Je me souviendrai longtemps de mon anniversaire dans ce lieu magique, du délicieux poulet Coco préparé à mon attention par Amandine et Vincent et de la piñata (poterie surprise pleine de bonbons) que ma offerte Mich.
Nous passons ensuite rapidement à Monte Alban, site archéologique à côté d’Oaxaca qui ne nous a pas emballé. Tout a été reconstitué et il est difficile de se croire sur un site vieux de plus de 2000 ans. Après 15 jours de de rêve passés avec Amandine et Vincent, nos routes se séparent. Je leurs souhaite de tout cœur de trouver leur chemin afin de pouvoir réaliser leurs légendes personnelles et je les remercie pour les moments exceptionnels que nous avons pu vivre ensemble. N’oubliez jamais que l’Univers conspire à votre bonheur et faite ce qui est juste pour vous. Merci Amandine et merci Vincent pour tout ce que vous nous avez apporté et bonne route. Mektoum.

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Ce soir nous sommes à Sola de Véga, au beau milieu d’une fête de village qui mêle danses traditionnelles et soirée style discothèque avec une musique qui passe allègrement de l’accordéon traditionnel à la musique de rave-partie en passant par le karaok…Un mélange surprenant mais qui nous permet de nous réhabituer doucement à voyager seul. Nous voulions aller directement à Puerto Angel sur la célèbre plage de Zipolyte mais nous nous sommes trompés de route et avons pris la direction de Puerto Escondido…Bien nous en a pris car la route est superbe bien qu’un peu défoncée…Sur certains tronçons il ne reste même presque plus de goudron autour des trous…Des heures à rouler entre 10 et 30 km/h maxi lorsque nous ne suivons pas un cortège de voitures de pèlerins en train de suivre l’un des leurs, parti d’un petit village quelconque pour une course relai jusqu’au point ultime du pèlerinage là haut quelque part sur la montagne. La cohorte de pèlerins est parfois impressionnante, la plupart vont à pieds par des chemins de chèvres, beaucoup d’adolescents font le pèlerinage en bicyclette et tous se retrouvent le soir sur les places des villages! Nous prenons en stop une jolie mamie avec deux énormes sacs à dos! Elle doit rejoindre son mari qui s’est fait mal à un genou et qui ne peut plus porter son sac mais qui continue à marcher…Elle s’occupe donc maintenant de l’intendance et transporte les sacs à dos par la route. Nous aurons donc un peu participé à notre façon à ce pèlerinage national dont l’apogée est le 8 décembre. Il paraît que ce jour, au Santuario de Juquila, on se croirait un peu comme à la Mecque…On va essayer de vite prendre de la distance!

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Nous retrouvons maintenant la côte pacifique à Puerto Escondido sous une chaleur encore étouffante. En s’arrêtant à l’office de tourisme local nous apprenons qu’il y a une plage à une dizaine de kilomètres du village où on peut voir des tortues géantes venir pondre leurs œufs! Youpee!! Et c’est parti mon kiki direction la plage Escobilla!
On arrive juste à temps pour accompagner des groupes de touristes qui veulent aussi voir les tortues! L’affaire parait moins simple qu’à Todos Santos où nous avions assistés à la mise à l’eau des bébés tortues…Le site est sous surveillance militaire et il faut remplir des papiers d’inscription en quatre exemplaires, se déplacer en convoi jusqu’à la plage où nous sommes accueillis par des militaires armés et par une biologiste qui nous fait un briefing sur les bestioles avant de pouvoir enfin s’élancer en file indienne à la recherche des tortues en train de nidifier sur la plage…
…et nous tombons sur un véritable champ de mines! Des dizaines, des centaines, des milliers de tortues sont en train de pondre sur la plage, il y en a de partout, elles se montent même dessus! Une arrivée de tortues dure environ cinq jours et il y en a environ une par mois entre les mois de juillet et janvier. Une « grosse arrivée » peut compter jusqu’à 90 000 tortues!!! Nous avons droit aujourd’hui à une arrivée « normale » et c’est déjà réellement impressionnant. La biologiste qui nous accompagne est cool, elle nous autorise à prendre quelques photos avec le flash et nous montre même les tortues en train de pondre! Et ploc, et ploc, et ploc ploc…le rythme de ponte est élevé car la tortue peut déposer dans chaque nid jusqu’à une centaine d’œufs! Le sexe des futurs bébés sera déterminé par la température du nid aux environs du dix huitième jour: en dessous de 29° ce sera un mâle, au dessus, une femelle…
C’est finalement pas si compliqué que ça les lois de la nature!
Pour terminer notre voyage nocturne au sein de l’empire Tortuga, nous assistons à un merveilleux ballet maritime entre les tortues qui ont finit de pondre et qui retournent à la mer et celles qui sortent de l’eau pour aller bosser. Dur dur la vie de tortue!
Il ne nous reste plus qu’à trouver un coin de mer où l’on puisse aller nager avec elles et se sera parfait. Mais on verra ça demain. Pour le moment nous sommes fin novembre en pleine période de fiestas diverses et nous avons encore droit à la fête du village avec force danses costumées, pétards et feux d’artifices…à 5 mètres de Lapinou! L’odeur âcre de la fumée dégagée par les pétards et les feux d’artifice vient nous piquer les yeux jusque dans le lit! Heureusement tout s’arrête vers les 23 heures…pour reprendre vers 6 heure du mat avec le bourricot de service chargé du nettoyage qui ne trouve rien de plus malin que de faire péter tous les pétards mouillés du soir! Grrrr! Le bougre en a trouvé au moins une quinzaine en 1 heure…Donc juste le temps de te rendormir et bang, à chaque fois tu dirais qu’un avion vient de passer le mur du son! Je crois bien que je vais aller me farcir un balayeur, tout de suite, là…

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Commentaires sur: "HIERVE EL AGUA mon coup de cœur!" (5)

  1. Encore du rêve à travers ces belles photos, magnifique !!

  2. jean philippe a dit:

    ca vaut le coup d’attendre,3 episodes d’un coup….vivement la suite

  3. Philippe Moi a dit:

    Bin oui, plus on descend dans le sud moins on va avoir de connexion internet alors les épisodes seront plus espacés mais regroupés! Ca fait plaisir de voir qu’au bout de presque 1 an de voyage vous ne vous êtes toujours pas lassés!

  4. Malou Bruneton a dit:

    belles photos et beau chapeau de Phil’ prenez soin de vous les BRUNETON

  5. Malou Bruneton a dit:

    nous n’avons plus de nouvelles, vous étes dans la neige ? faites votre de arbre de NOEL !!!!!

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