We have a dream…

Bahia de San Quintin et Bahia de Los Angeles

Et voilà, on est encore triste d’avoir eu à quitter nos nouveaux amis. On doit être trop sentimental car à chaque fois que l’on s’attarde dans un lieu, il se crée avec notre entourage des liens qui, me semble t’il, n’ont rien de superficiels. L’avenir le dira, mais j’espère bien que l’on aura l’occasion un jour ou l’autre de partager encore des moments merveilleux avec toutes ses personnes exceptionnelles qui ont acceptées de prendre le temps de nous connaître un peu et de nous faire partager leurs vies. Tracey, Jay, Sandrine, Franck, Katie, Mark, Astrid, Antonin, Viki, Lucas et quelques autres font partis de ses personnes là, ils font partis de ses gens qui me redonnent espoirs dans l’humanité et je ne pourrai jamais les en remercier assez. Qu’ils sachent que ma porte leur est ouverte pour toujours.
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Aujourd’hui c’est Javier qui a soigné notre tristesse d’avoir laissé Astrid et Anto. Je me suis approché de lui alors qu’il recherchait des clams entre les cailloux à marée basse dans la Bahia de San Quintin, sur une petite plage déserte ou nous avons installé Lapinou pour la nuit. Il ramasse les coquillages en creusant le sable entre les cailloux à marée basse et nous en goutons un gros qui aurait d’après Javier une quinzaine d’année…Encore un moment intensément délicieux dans tous les sens du terme. Il m’a pardonné mon baragouinage espagnol plus que mauvais et nous avons quand même pu partager une belle tranche de vie jusqu’à la nuit. Un des moments forts a été lorsque nous étions en train de déguster le clam, devant Lapinou alors qu’il faisait nuit noire. Javier soudain nous fait signe de ne plus faire de bruit et d’écouter la mer…
Nous entendons un bruit sourd, court et répétitif…
Bong,…..bong,…..bong….
Nous lui demandons ce que c’est et il nous dit que c’est les « piratas »…..!?
Devant nos mines d’abrutis il s’explique. Se sont des pêcheurs qui enfreignent la loi imposée par la coopérative de pêche locale et qui vont pêcher les langoustes à bord de petits bateaux, de nuit et sans feux pour ne pas être repéré par les gardes et ce fameux bong,bong est le bruit des vagues venant s’écraser contre la coque des bateaux. Les pêcheurs plongent ensuite avec, si j’ai bien compris, un tuyau d’air dans la bouche alimenté par un compresseur installé sur le bateau, et cherchent les langoustes avec une lampe électrique…Parfois ils ne plongent pas très profond, environ 3 mètres mais parfois ils descendent beaucoup plus bas et sont alors obligés de respecter des paliers pour remonter, et là il y a souvent des accidents…
Merci Javier, merci.
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Le lendemain, après une nuit sans histoire, juste de temps en temps le bruit des 4×4 venant récupérer les barques de pêche…nous croisons un américain de 91 ans qui habite ici et qui nous déconseille une nouvelle fois de coucher dans des coins isolés. On reprend donc la route pour faire d’abord une halte chez Mama Spinoza, le meilleur endroit de Rosario pour déguster des langoustes et pour faire le plein de gasoil et d’eau avant de rentrer à l’intérieur des terres pour observer les cactus géants qui poussent le long de la route. Nous nous arrêtons cette fois devant un hôtel à Catavina pour y passer la nuit. L’unique route numéro 1, qui relie Tijuana dans le nord de la basse californie à La Paz tout au sud, traverse dans cette région un terrain peuplé d’énormes cailloux qui partagent l’espace avec de non moins énormes cactus. Le ciel aujourd’hui est constitué d’un harmonieux mélange de nuages noirs et de coins de ciel bleu qui rend l’endroit particulièrement…particulier!…
En tout cas parfait pour effectuer de superbes photos lorsque le soleil accepte de jouer le jeu et de révéler cette harmonie qui règne ici entre le minéral et le végétal. L’endroit est désertique, Catavina est un petit hameau, pas vraiment accueillant et le gardien de l’hôtel de luxe pour américains nous demande 260 pesos juste pour coucher sur le parking! On hésite un peu mais vu la gueule du camping à l’entrée du bled on n’a pas vraiment le choix.
En sortant de l’hôtel on tombe sur une affiche placardée sur la vitre d’entrée…
Elle concerne la disparition début septembre d’un touriste de 60 ans qui voyageait seul à bord de son Toyota 4×4 et qui a été vu pour la dernière fois le 05 septembre 2013 dans la baie de San Quintin,…
…gloups! ……..Ça jette comme un froid soudainement.
On était tout guilleret à l’entrée dans l’hôtel et là, à la sortie on a comme un gros coup de blues et on ne regrette plus nos 260 pesos! Par contre si il faut se farcir tout le Mexique avec la peur de se faire enlever ça ne va pas vraiment être drôle… Dommage qu’il y ait ses problèmes de sécurité car les paysages sont superbes et les gens accueillants, mais il va falloir s’y faire, on n’est plus aux USA!
D’un autre côté cela nous fait un plaisir supplémentaire…celui d’avoir la joie de se retrouver encore en vie au petit matin! Car il faut bien avoir conscience qu’un jour tout cela s’arrêtera…
Alors profitons encore et encore de l’instant présent.
La suite demain…si Dieu le veut bien!

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Bon et bien nous sommes demain et toujours vivant! Heureusement d’ailleurs, vu que ça nous a coûter quand même 260 pesos soit 15 euros pour dormir sur un parking dans un village pourri. Remarquez, 15 euros pour une nuit de vie supplémentaire ça passe encore, par contre si ça avait été 15 euros pour se faire zigouiller quand même, là ça aurait été du vol!
On roule donc, avec quand même un peu d’inquiétude sur cette route désertique jusqu’à la Bahia de los Angeles sur la côte Est de la Baja. Au bout d’environ 160 kms, alors que nous avons croisé seulement quelques voitures nous arrivons enfin en vue de « La Isla Angel de la Guarda » qui marque l’arrivée dans la Bahia de los Angeles. Le coin est superbe et le petit village à l’air accueillant bien qu’un peu désertique… ou plutôt désertifié. Les américains étant visiblement moins nombreux à venir passer leurs vacances ici qu’il y a quelques années. Nous faisons un tour rapide du village, rapide parce qu’il n’y a qu’une seule route goudronnée sur quelques centaines de mètres seulement! Il y a bien quelques campings mais à l’air glauque et complètement désert alors on préfère rechercher un accès direct à la mer pour pouvoir aviser ensuite sur la conduite à tenir…
On emprunte la première piste que l’on trouve, on hésite à quelques bifurcations et on arrive tant bien que mal jusqu’au bord de la mer. J’évite l’ensablement de justesse, le sable devenant subitement très mou juste à l’arrivée sur la plage, j’ai juste le temps d’enclencher la marche arrière pour profiter de l’inertie de Lapinou et ressortir de ce piège. Ouf, le plus dur sera juste de retrouver notre chemin pour rejoindre la route goudronnée mais pour le moment, le coin est super sympa et on décide de rester là!
On y est même tellement bien que l’on va y passer la nuit, on ne va pas non plus se mettre trop la pression et dans un coin touristique comme ici je ne pense pas qu’il y ait beaucoup plus de risque que si on décidait de coucher sur un parking à la Romière…
On en profite pour discuter avec deux américaines qui se baladent sur la plage, Terry et Jane. Terry et son mari viennent toujours passer ici deux ou trois semaines de vacances depuis…plus de 40 ans! Elles nous confirment qu’il y a de moins en moins d’américains ici et alors que nous leur demandons à quel endroit nous pouvons louer un bateau pour aller voir les baleines, elles nous proposent de venir avec elles le lendemain car ils doivent aussi louer un bateau et cela permettra de diminuer le prix par personne!
Et voilà qu’encore une fois tout s’imbrique à merveille.
La location du bateau coûte 200 us$ pour une demi journée, à partager avec le nombre de personnes qui montent sur le bateau. Nous serons cinq, ce qui fera donc pour nous deux 80$…, soit environ 1000 pesos…, soit à peu près 60 euros… pour une matinée qui devrait être inoubliable d’après Anto.
Par contre ça devient un peu le bordel tous ses calculs qu’il faut faire maintenant si on veut quand même garder un peu une notion des prix, car sur ce coup là, comme on n’a plus assez de dollars pour payer la totalité de notre part, on va devoir payer moitié en $ et moitié en pesos… Convertir les $ en euros ça allait, convertir les pesos en euros, ça allait à peu près, mais là, convertir les pesos moitié en dollars et moitié en euros ça devient un peu compliqué pour ma petite tête. En plus comme il n’y a pas de distributeur de billet de banque dans ce petit village il va falloir qu’en plus on fasse tout nos fonds de poche vu qu’on a déjà grillé presque tout notre liquide entre les pompes à essence, les campings et les resto qui n’acceptent que rarement les cartes bancaires. Et encore… Quand on trouve un endroit qui accepte le paiement par carte…, c’est le lecteur de carte qui ne marche plus! Bonjour, vous êtes bien au Mexique!
Ça me rappelle notre parcours du combattant pour faire imprimer trois photos à Ensenada. Le premier magasin il n’y avait plus de papier, le deuxième il n’y avait plus d’encre et on n’a jamais trouvé le troisième ( il avait fermé il y a déjà deux ans mais il y avait toujours la publicité…) Quand on est revenu au premier magasin qui avait du papier pour imprimer seulement du petit format ça devait être trop tard dans la journée car le gars nous a alors carrément dit que plus rien ne marchait…S’ont pas payé au rendement ici…lol!
Bon revenons à nos poissons!
On a donc passé une nuit super tranquille au bord de la mer, face à la Isla Angel de la Guarda avec un coucher de soleil fantastique qui a enflammé toute la montagne environnante et un lever de soleil sur les îles de la baie de toute beauté. Nous avons rendez vous à 9 heures avec Arnold, le mari de Terry pour une matinée effectivement inoubliable. Ses américains sont quand même fantastiques car Arnold a prévu de pêcher et alors que nous ne l’avions encore jamais vu, il a pensé à me préparer également une canne pour que je puisse partager avec lui le plaisir de la pêche en mer. Marco va nous emmener sur son petit bateau et nous partons d’abord observer les Tiburon Ballena. Il y a eu pas mal de vent hier, les eaux dans la baie sont un peu troubles et les baleines aujourd’hui ne sont pas en surface. On arrive quand même à en repérer quelques unes et la plongée à leur côté, avec masque et tuba, est un grand moment. Les baleines ne sont pas très grandes, elles nagent vite et il ne faut pas s’endormir sur les palmes si on veut les suivre et les voir un moment dans cette eau pas très claire. J’en repère une et alors que je frétille vigoureusement des palmes…Bong! …Je me fais péter la tête dans la coque du bateau! Avec la tête dans l’eau on perd tout sens de l’orientation et captivé par l’observation de la bête j’ai oublié la présence du bateau. Heureusement plus de peur que de mal et il faut mieux donner un coup de tête dans la coque du bateau plutôt que ramasser un coup de queue de baleine, car même petite, cela peut faire très mal. Un professeur de philosophie pressé rencontré sur une plage de San Quintin nous a dit avoir heurté une baleine en surf et n’avoir pas pu marcher pendant un mois, pour aujourd’hui ce sera juste Terry qui s’approchera un peu trop de l’animal dont la queue en la heurtant lui laissera quand même un bel hématome sur le tibia. Après cette immersion étrange au milieu de ses curieux poissons, c’est une espèce de requin baleine, on file visiter les îles et on en profite pour pêcher. Pour un novice comme moi c’est incroyable, je trempe la canne dans l’eau, je laisse filer l’appât et 1 minute plus tard je force comme un bourricot sur la manivelle du moulinet pour remonter un thon, une perche (ici ils disent un bass…) et plein d’autres poissons bizarres. Marcos en remonte même deux par deux…! Moi qui est l’habitude de pécher toute une journée pour attraper péniblement une demi truite de 10 centimètres de long cela me change! L’endroit est réputé pour être poissonneux et je n’ai pas de peine à le croire, je lance la canne, je fais des gros sacs de nœuds avec le fil dans le moulinet et je ferre comme un âne en croyant ramener le poisson du siècle alors que je suis accroché à un rocher mais qu’est-ce que c’est bon. Nous sommes mi-octobre et avec le froid qui commence à arriver (enfin la notion de froid ici est toute relative puisqu’il fait encore entre 25 et 30° dans la journée), il y a tout un tas de poissons tropicaux qui sont déjà repartis vers des eaux plus chaudes, la meilleure période pour la pêche étant, d’après Arnold, les mois de Juillet et Août je n’ose même pas imaginer le carnage que j’aurai pu faire! mais à cette époque la Bahia de Los Angeles est une vraie fournaise et il est préférable pour le touriste moyen comme nous de rester alors sur la côte Ouest de la Baja où la température est beaucoup plus supportable, rafraîchie par les vents venus du large.
Savoir être au bon endroit au bon moment…où savoir s’adapter à l’endroit et au moment! Nous, on ne sait pas vraiment qui décide ni qui fait quoi mais en tout cas jusqu’à présent c’est bien agréable, alors on ne change rien, on continue à vivre notre légende personnelle en restant attentif à tous les signes !
Merci à Marcos le mexicain qui nous a emmené dans ses coins poissonneux et merci à Arnold l’américain qui a si gentiment partagé son matériel de pêche. D’ailleurs là aussi ça devient un peu le grand souk quand il faut s’exprimer oralement…Je m’explique: Je commence à parler à Marcos en espagnol, je continue à discuter avec Arnold en anglais en même temps que je demande en français à Michèle de prendre des photos… Et bien au bout d’un moment, à force de baragouiner quatre mots espagnols suivis de deux mots d’anglais, de trois mots de français et d’une dizaine de mots inventés… même moi je n’arrive plus à comprendre ce que je veux dire…!
En bref c’est pas triste, je commençais difficilement à m’habituer à parler espagnol et du coup revenir à la langue anglaise sans passer par la case français me perturbe un peu,…beaucoup! Tè, fait pas bon devenir vieux…On a bien fait de voyager maintenant!
Surtout que maintenant Arold veut aller nager avec les lions de mer et que nous, tels les benêts de service, on ne va pas pouvoir s’empêcher de le suivre. Je renfile donc les palmes, le masque sur le front, le tuba dans la bouche et hop, tout le monde à l’eau. Et va y que je frétille encore des palmes pour essayer de rattraper Arnold sauf qu’au bout d’un moment non seulement je ne vois pas grand chose mais je commence à avoir les yeux qui me piquent et l’eau qui commence à rentrer dans les narines…bizarre!
J’ai du mal mettre le masque.
Je m’arrête alors pour vérifier et je me rend compte que, dans l’excitation d’aller nager avec les sea-lions, le masque est toujours sur mon front! J’ai oublié de me le rabattre sur le groin et je ne me suis même pas rendu compte que j’ouvrais les yeux dans l’eau… Pas étonnant que mes yeux commençaient à picoter…C’est grave Docteur Astrid ?
Plouc un jour, Plouc toujours!
Et tout d’un coup la lumière fut! Avec le masque sur les yeux le fond marin s’offre enfin à ma vision, il y a des poissons de partout et les lions de mer sont bien là à batifoler entre les rochers. Je me demande si tout à l’heure avec les baleines j’avais bien mis le masque sur mes yeux…En tout cas c’est fou de pouvoir côtoyer toute cette vie sauvage si près de nous, les lions nous ignorent et sont bougrement rapides dans l’eau alors qu’ils ont l’air si pataud sur le sable de la plage. Il parait que seuls les mâles peuvent être dangereux, on n’a pas été vérifier et les femelles ont été de toute façon trop rapide pour qu’on ait le temps de pouvoir vérifier l’absence de zigounette…
Nous rentrons donc comblés par toutes ses expériences nouvelles en ayant hâte de les renouveler, sans le stress de la première fois et certainement plus au sud, dans la mer des caraïbes réputée pour ses eaux si limpides.
Le soir, nous faisons un véritable festin avec nos trois compères du jour. Arnold a découpé le poisson et Terry et Jane ont préparé un repas de première classe avec le Bass cuit à l’américaine et le thon cuisiné de deux façon différentes. Tout est présenté dans des plats différents avec tortillas, salade, frijoles et sauces à volonté. Mich a fait une méga salade de fruits frais et nous avons amené une bouteille de vin blanc qui va régaler tout le monde. Encore un moment formidable et nous emmenons même une assiette complète pour le lendemain. Ici tout baigne.

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Commentaires sur: "San Quintin et Bahia de Los Angeles" (4)

  1. Encore un beau récit , continuez à nous faire voyager avec vous, bises à vous trois

  2. Malou Bruneton a dit:

    VRAIMENT UN BEAU BVOYAGE QUI NOUS FAIT REVER biz DE NOUS DEUX

  3. Bonjour,

    Nous souhaitons que votre séjour au Mexique se prolonge aussi bien qu’il a commencé.

    Profitez, profitez, la neige est tombée au Guizay.

    Bises à vous deux.

    Blandine & Gérard

    • Les canadiens et Américains du nord ont le même problème avec le froid et ils vont arrivés d’ici une quinzaine de jours en masse ici, en basse Californie. Il est temps pour nous de prendre le ferry pour rejoindre le continent. On va rester encore une petite semaine dans le coin et puis….on ira un peu plus loin!
      Bises

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