We have a dream…

Hole in the rock Utah

Grandstaircase Escalante
Capitol Reef

Claude est parti comme d’habitude avant nous mais cette fois nos chemins se séparent. Nous avons toujours ce petit serrement de cœur quand on quitte des gens qu’on aime bien. Quand on a plus d’attache, même si nous savons très bien que c’est momentanée, lorsque l’occasion se présente de tisser des liens un peu plus longs avec des gens agréables il y a toujours ce moment difficile de la séparation! Mais la beauté du voyage reprend heureusement très vite le dessus et nous nous dirigeons maintenant vers Escalante d’où nous allons prendre une piste mémorable de 200 kilomètres aller/ retour! C’est une piste en cul de sac qui mène au lac Powell et qui a été emprunté au début du 20ieme siècle par les mormons pour rejoindre la Colorado river en coupant la montagne par un passage abrupte nommé  » Hole in the Roc  »
Les deux premiers tiers de la piste sont roulants et nous tenons une moyenne de 70 km/h, un vrai plaisir de conduite avec des passages sablonneux et des enfilades de grandes courbes à travers une grande plaine désertique bordée par de hautes montagnes de part et d’autre. Il est 17 heure et la lumière du soleil déclinant donne une intensité phénoménale aux couleurs des paysages. Un vrai bassin polychrome s’offre à nous à perte de vue. À une dizaine de miles de l’entrée de la piste nous bifurquons pour aller visiter The Devil’s Garden. Une formidable surprise nous attend. Alors que le site vu de parking n’a rien d’extraordinaire et que je suis près à faire demi-tour, Mich va faire pisser Couic un peu plus loin et découvre plutôt un havre de paix qu’un jardin du diable…on dirait un village de schtroumpfs avec ses concrétions rocheuses en forme de champignons harmonieusement disposées en petites clairières. Encore un lieu où l’on s’est senti bien et en harmonie avec la terre. Je me suis d’ailleurs senti pousser des ailes…

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La dernière partie de la piste est plus technique, la piste devient un chemin qui descend dans de petits canyons par un entrelacs d’épingles à cheveux et de marches rocailleuses, le tout agrémenté de passages à gué asséchés mais dont le dernier orage a bien creusé le lit. Lapinou se sort avec honneur de la première partie trialisante puis, alors que nous nous trouvons à nouveau sur un plateau et que la nuit commence à tomber, nous apercevons au loin les éclairs d’un violent orage près de la montagne. Nous prenons alors la décision de bivouaquer sur le plateau, à l’abri des violents « flash flood », gros ruissellements d’eau orageux qui envahissent le fond des canyons en emmenant tout sur leurs passages…J’en profite pour faire de belles photos du ciel et des éclairs qui se rapprochent d’une façon inquiétante. J’espère juste que demain la piste ne sera pas coupée! Nous passons une nuit calme et fraîche au milieu de rien, encore un vrai moment de pure nature. Aucune pollution lumineuse ne vient voiler la limpidité du ciel et la voûte céleste nous entoure de son cocon protecteur. Le matin je regarde le soleil se lever sur ce paysage aussi désertique que magnifique et la fin de la piste est majestueuse à travers un dédale de rochers aux courbes lisses qui rappellent un peu ceux du Moab. Je sortirai bien un ou deux pneus de la piste…mais qui veut voyager loin ménage son Lapinou!
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 » Hole in the rock » On peut dire qu’il se sera mérité celui là, 6 heures de piste quand même’! Et ce n’est pas fini, il y a ensuite la fin de l’ancienne piste empruntée par les mormons avec leurs chariots et leurs mules qui traverse justement le rock jusqu’à maintenant le lac Powell et qui n’est maintenant praticable qu’à pieds…Et là, il faudrait quand même m’expliquer comment les mormons ont pu faire passer des chariots dans un passage aussi étroit!!! Ou alors ils avaient des chariots de nains, parce-que même si le chemin a du se détériorer avec le temps, même si d’énormes blocs rocheux sont venus obstruer le chemin dynamité à l’époque par les mormons, à un moment le passage entre les deux monumentales parois rocheuses est vraiment étroit…même un RZR ne passerait pas! A pieds nous bataillons à descendre et nous sommes obligées de jouer au rugby avec Couic pour pouvoir franchir certaines marches rocheuses. Nous arrivons enfin au bord du lac Powell ou nous allons pouvoir nous rafraichir un peu et surtout nous baigner. Les truites sont toujours aux abonnés absents mais heureusement Mich a pensé à préparer un casse-croûte bienvenu! Par contre nous n’avions pas prévu une descente aussi longue et physique et nous n’avons emporté qu’un litre d’eau…que nous avons pratiquement fini à la descente…et il va bien falloir remonter un jour!
Et dieu fut encore avec nous, quand je vous dis que l’Univers conspire à votre bonheur il faut me croire et être à l’écoute et à l’attente des signes. Alors que nous nous préparons à attaquer une sieste bien méritée, deux bateaux pleins de mioches braillards approchent de l’ancienne passe mormone. Ils accostent sur la plage où nous nous trouvons et rapidement, à 10 personnes par bateau, cela fait soudainement beaucoup de monde qui envahisse notre petit coin de nature sauvage…Une partie de la horde tente la remontée vers le « Hole in the rock » mais vu la chaleur et le côté acrobatique du sentier la plupart renonce avant la mi-parcours. Au bout d’une bonne heure de repos, il nous faut envisager la remontée et nous croisons le pilote de l’un des bateaux qui est surpris de nous voir ici alors qu’aucun autre bateau n’est mouillé dans la petite baie. Nous lui expliquons alors que nous venons d’en haut….et aussi de bien plus loin! Et la magie opère encore une fois. Il nous demande si on a de l’eau et comme on lui montre le reste de notre petite bouteille il ouvre de grands yeux et pousse une beuglante à l’attention de ceux qui sont restés dans le bateau pour qu’ils lui envoient pleins de petites bouteilles d’eau…Et c’est ainsi que nous allons pouvoir remonter, péniblement certe, mais en évitant la déshydratation totale! Mille merci à cet honorable plaisancier sans qui Couic ne serait certainement plus de ce monde.
Je comprend maintenant pourquoi les deux petits chinois croisés hier sur la piste dans leur voiture de location climatisée transpiraient comme des bêtes dans leur 4×4! Si ils ont fait dans la journée, l’aller/retour « hole in the rock » par la piste plus la descente et la remontée à pied du lac, je comprend que la clim de la jeep ne suffisait pas à les sécher. Pour nous il a fallu deux jours et rien que d’y penser, j’en transpire encore.
Après, comme on a pris goût aux pistes et à la solitude on file vers Capitol Reef mais le temps se gâte et de gros orages éclatent. Les pistes que nous avions prévu d’emprunter sont impraticables et malgré un essai pour voir si les informations des visitor’ centers étaient bien actuelles, il faut se rendre à l’évidence, à un moment ou à un autre, elles sont bien impraticables, ni par Lapinou ni par aucun 4 x4. Quand la nature se fâche ici, ce n’est pas pour faire semblant et les dégâts sont conséquents et longs à réparer. Nous reprenons donc la route en sens inverse direction notre dernier parc de prévu, the last but not the least, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, du Grand Canyon National Park.

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Commentaires sur: "Hole in the rock Utah" (1)

  1. Encore une belle aventure, je ne connaissais pas tes talents d’écrivain philou bravo, continuez à nous faire rêver

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