We have a dream…

La vallée de la mort

Ça y est !!!! On l’a fait….à la plouc totale! La Dead Valley, paraît qu’il faut éviter de la faire dans la journée mais plutôt au lever ou au coucher de soleil qui magnifie les variétés infinies des différentes couleurs composant le sol de cette vallée de merde. On a donc pointé le réveil à 6 heures du mat et décollé à….8 heures! Bin oui le temps de s’habiller, de déjeuner, de faire faire le po-pot du cleps et de celui qui est à l’autre bout de la laisse, de se laver un peu la truffe et le reste et on est partis de Lone Pine juste un peu avant 8 heures. Ça commençait pas trop mal car d’habitude on ne décolle pas avant 10 heures… Donc quand on attaque la route infernale menant à la vallée de la mort par l’entrée Ouest il est déjà plus de 9 heures et nous nous trouvons rapidement face à une descente de 8% toute en virage sur plus de13 kilomètres… Quatrième, troisième, seconde vitesse, rien à faire, le pourcentage de pente de la descente est trop important et le frein moteur de Lapinou ne suffit pas à retenir le bestiau+ les deux ploucs+ le chien. J’ai bien pensé larguer le cleps pour gagner du poids mais l’autorisation m’a été refusé.
Donc on a eu un peu, beaucoup, passionnément le temps de penser à la mort… car la vallée de la mort on l’a vu arriver au ralenti!…13 kilomètres en première courte, ça vous laisse le temps de voir la mort en face! Par insolation, par déshydratation, par démoralisation, par précipitation, par explosion, par pendaison, on avait déjà envisagé pas mal de solutions alors que l’on n’était encore qu’à mi-pente…
image

image

image

Surtout que la vallée de la mort va bien porter son nom car, un peu plus tard, c’est le drame! On s’en doutait un peu car depuis un moment il donnait des signes de faiblesse, il ne voulait plus sortir quand c’était le moment, sa viksion était trouble, il était chaud et parfois même il restait coincé. Il a mal supporté la chaleur et la poussière du sable de Pacific City et de Winchester Bay. J’ai bien tenté une opération de dernier secours mais je n’ai fais qu’aggraver le mal et j’ai fini de le disloquer. Le zoom de mon appareil photo est resté définitivement coincé, sûrement au kilomètre 666 de cette vallée maudite. Le diable ne sera pas sur Facebook en 14 millions de pixels…Il y a d’ailleurs quelqu’un d’autre qui va aussi passer de vie à trépas, c’est cet enfoiré de rédacteur de la page « vallée de la mort » du guide du routard, dès que je rentre, je vais lui faire passer le goût du pain. Il nous indique un superbe canyon à faire par une petite piste à sens unique de 36 miles, le Titus Canyon. Mais comme 36 miles de piste défoncé par 48° c’est un peu…mortel, il conseille d’aller directement par la route à 3 miles de la sortie de la piste du canyon, là où ses 3 derniers miles sont à double sens et donnent une bonne impression d’ensemble.
Problème, cela rallonge notre itinéraire de plus de 80 kilomètres et nous oblige à faire deux fois la même route dans cette fournaise prolongeant ainsi notre lente agonie. Mais nous sommes dans la vallée du diable et la promesse de 3 superbes miles sur une splendide piste serpentant dans un canyon aux milles couleurs nous alléchât si bien, que négligeant toutes souffrances tenantes, la direction de Titus Canyon nous primes.
…Funeste erreur.
Après une heure de route étouffante nous prenons la fameuse piste de 3 miles. Nous sommes au vilain milieu de la vallée de la mort, par -76…mètres au dessous du niveau de la mer, pas loin d’être inversement proportionnel au degré Celsius que Satan s’active à maintenir en permanence ici. La piste est désespérément plate et la montagne qui encadre la vallée de la mort nous nargue à environ…3 miles. Plus la montagne se rapproche, plus ma haine du pseudo reporter prend forme et nous arrivons après 3 miles de piste dans la fournaise, juste à la sortie du canyon, face à un beau panneau « sens interdit » matérialisant la fin du double sens. Par chance, je n’ai déjà plus assez de salive pour m’étrangler mais je vais continuer à me faire du mal et tenter quand même une petite reconnaissance des gorges du canyon à pied, histoire de voir si c’est jouable un moment en sens interdit…La ballade va être de courte durée, par 48° à l’ombre même la casquette transpire et la piste est trop étroite pour pouvoir faire demi tour. L’endroit est vraiment maudit mais, foi de plouc, on ne va pas s’avouer vaincu aussi facilement!
Et c’est parti sur la piste infernale…en marche arrière! Fuck the devil…
Bon, après 3 virages Satan a gagné et j’ai lâchement abandonné l’affaire, j’ ai dis à Belzébuth d’aller se faire cramer un œuf, j’ai maudit le guide du routard, et mis plein gaz pour évacuer la pression et refaire une spéciale poussiéreuse du Paris Dakar jusqu’à rejoindre la route goudronnée d’où nous allons prendre la direction d’une autre chose peut-être intéressante à voir à quelques miles de là, le Scotty’s castle.
Damned, cette autre perle du routard est fermée…Tout va très bien Madame la Marquise!

image

image

image

image

A midi, les oreilles en choux fleur, on arrive sur le lieu paradisiaque du bivouac.

Furnace Creek, 48° à l’ombre…! Génial, tu sors le bâtonnet glacé de sa pochette, tu ouvres la bouche et tu suces délicatement le bois frais pendant que le chien se régale en léchant tout le reste tombé instantanément par terre. Un vrai paradis pour chien mais nous, on se demande bien ce qu’on est venu foutre là.
image

image

image

On pousse ensuite le vice jusqu’à Artist’Drive, encore 60 kilomètres dans un autre mauvais sens toujours perpendiculaire au Paradis (La sortie qui monte vers l’Est…). C’est marrant mais la route que l’on aura fait dans cette vallée de la mort ressemble à une croix, c’était surement notre chemin de croix…la longue descente vers l’enfer en venant de l’Ouest jusqu’à Furnace Creek, carrefour central des trois routes empruntées représente le pied de la croix. La route Nord qui mène à la sortie de Titus Canyon représente la branche gauche de la croix et la route Sud qui lui est opposée et qui mène à Artist’Drive représente la branche droite. Enfin notre route de sortie, la montée plein Est vers le Paradis, représente le haut de la croix et nous la prenons en fin d’après midi avec un soulagement immense. Au bout de la côte nous espérons enfin pouvoir renaître. Nous sortons de ce lieu maudit pour nous rendre dans un autre lieu de perdition, Las Vegas.

image

image

image

image

LAS VEGAS

Nous sommes en fin d’après midi lorsque nous arrivons à Las Vegas. Après la chaleur torride de la vallée de la mort avec ses 48° nous sommes content de nous rendre compte qu’à Las Vegas les températures sont nettement plus supportable…il ne fait plus que 36° ici! De cramés on passe simplement à rôtis et on décide alors de faire notre première infidélité à Lapinou en s’offrant une nuit dans un motel 6 avec chambres climatisées. Nous sommes juste à côté du strip, la rue de Las Vegas où cohabitent les principales attractions, Casino, commerces et autres attrapes touristes. Après un bon bain rafraîchissant, la nuit est tombée et nous partons à pieds découvrir la statue de la liberté made in plastic, la Tour Eiffel made in China et les tours de con made par les apprentis David Copperfield qui peuplent la rue cosmopolite. On se croirait dans une fête foraine coupée en deux par une immense avenue dans laquelle des centaines de voitures et de limousines viennent s’imbriquer pour former une immense cacophonie. Les néons clignotent de partout, les vidéos publicitaires projetées sur d’immenses écrans géants vous sautent à la gorge, les racoleurs de spectacles érotiques inondent le trottoir avec les cartes d’admission VIP qu’ils distribuent à tout va et qui finissent par terre quelques mètres plus loin. Après toute cette nature sauvage et authentique que nous venons de traverser nous prenons cette authentique mascarade en pleine poire. Tout est bruit, agitation, frénésie, le culte du paraître est ici à son apothéose. Il suffit d’observer le nombre de limousines incroyables dont le ballet entre les casinos, les hôtels et les parcs à touristes est incessant pour comprendre que ce n’est pas ici que la sobriété heureuse va pouvoir trouver un audimat attentif. Nous poussons nos investigations dans ce monde des lumières en entrant dans le MDG, un casino à l’intérieur duquel, comme dans tous les casinos du coin, s’étend une ville souterraine où tout est fait pour vous soustraire à la lumière du jour et vous faire croire que vous venez de pénétrer à l’intérieur d’un monde enchanté. Avec deux de QI ça doit peut-être marcher…, pourtant il y a quand même une sacrée faune là dedans! Le bar est situé dans un décor de jungle et une multitude d’allées se proposent de vous emmener dans un décor de paillettes et de strass vers tout un univers du jeu et du commerce à sens unique. Tout est fait pour te faire croire qu’en prenant la décision de gravir cet escalier magique scintillant de mille feux, tu viens de quitter la rue sale et suffocante pour passer en un instant du statut de plouc de Haute Loire à celui de VIP de MC. Des centaines de tables de jeu, de machines à sous et de manchots divers vous tendent leurs bras déshumanisés pour essayer de happer vos derniers espoirs pour une vie meilleure. Mais les meilleurs sont restés dehors et ici les regards des joueurs sont éteints, il n’y a plus de joie de vivre derrière les traits fatigués masqués par la tonne de mascaras et le stress engendré par l’appât du gain facile. Au bout d’un moment je me demande si on est dans un casino ou dans un sex shop…Toutes les jeunes dindes sont habillées de la même façon, ou plutôt déshabillées de la même façon, c’est à dire en soutien-gorge et en minijupe dont on a retiré la jupe, le tout sur des chaussures à talon qui ferait rougir mon ami Achille. Celles qui ont un semblant de robe on toutes le même fournisseur, l’originalité n’est pas de mise ici. C’est une robe noire, avec un décolleté vertigineux et qui arrive évidemment à raz la foufoune. C’est d’une tristesse à pleurer de voir toute cette viande, toutes ses volailles préparées de la même façon vulgaire, assaisonnées à outrance, qui tentent de se frayer un passage pour assister au dernier spectacle de David Copperfield, si possible gratuitement en participant au concours qui a lieu tous les soirs de Miss Trash et qui récompense les dindes les plus bêtes pour le plus grand plaisir de quelques gros cochons. Bon allez, j’arrête ! j’ai fini ma formation agricole… et on quitte vite cette basse-cour en sillonnant entre les tracteurs rallongés qui encombrent le parvis du casino et qui déversent un flot ininterrompu de poules.

OVERDOSE

image

image

image

image

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :