We have a dream…

La Louisiane

La Louisiane

Adieu Floride surpeuplée, surfriquée et surexploitée et bonjour la Louisiane, pays des plantations de coton et de cannes à sucre dont les esclaves ont fait la richesse des planteurs et des commerçants en tout genre. Le Mississipi sert de frontière entre les états de la Louisiane et du…Mississipi et dans l’embouchure du fleuve c’est construit la Nouvelle-Orléans sur un emplacement, en dessous du niveau de la mer, constitué de marais, de moustiques, de chaleur et lieu de catastrophes climatiques diverses…la dernière en date s’appelant Katarina… Tout s’annonce donc bien pour une continuation idyllique de notre voyage au pays des rêves enchantés…Lol!
image

Dès notre arrivée, signe annonciateur de renouveau, un parking situé juste à l’entrée du French Quarter, principal centre d’animation de la New-Orléans, nous tends les bras contre la modique somme de 5 $ par 24h ! Déjà une corvée de moins pour rechercher un coin tranquille pour passer la nuit. Nous nous y installons donc pour deux jours et décrochons le tandem pour partir à l’exploration de New Orléans by night.
Nuit de chance, nous sommes le samedi 01 juin, jour anniversaire de Mich et également jour de la fête de l’huître ici à la Nouvelle Orléans. Ce soir l’ambiance dans la Bourbon Street, lieu complètement déjanté et décadent de la ville, est à son comble. Le spectacle est partout. Dans chaque bar, (un de chaque coté de la rue tous les 10 mètres…), il y a un groupe de rock qui fait claquer les décibels en live! Je ne vous explique pas la cacophonie! Entre deux bars à musique,…deux bars à putes avec des nana ou des mecs qui dansent sur le zinc à moitié à poil où qui racolent devant l’entrée…, et entre les différents types de bar, toute une faune de gens au look excentrique, à l’attitude excentrique, aux mœurs excentriques, à l’odeur excentrique…En bref, nous avons vécu un grand moment où les seuls excentriques dans le coin furent finalement juste les deux ploucs croisés en short et tongues qui promenaient une espèce de rat au bout de leur lasso…

image

image

image

Nous prolongeons notre visite du French Quarter le lendemain au travers de sympathiques rues et places où règnent partout une animation bon enfant. Spectacles de rue, magasins d’habillement ou de déguisements pour personnes et mardi gras, particulièrement présentes et fêtés ici…, échoppes de bouf en tout genre et à toute heure, bordent de belles demeures coloniales aux balcons délicatement ouvragés où poussent de nombreuses plantes tropicales dont le système d’arrosage automatique arrose autant la rue que les plantes…Comme si l’air n’était pas assez humide par ici!…Si vous ajoutez à tout cela un zeste de fourmis volantes et un étonnant chanteur de blues écouté religieusement sur un rebord de trottoir, vous obtenez un cocktail magique, ici et maintenant. Le Petit Futé déconseillait le passage par la Bourbon Street, surement jugée trop vulgaire pour le touriste européen… Mais après le calme aseptisé que nous avons connu jusqu’à présent nous avons adoré l’ambiance débridée de ce samedi soir…que nous n’avons d’ailleurs pas retrouvé le lendemain, à tel point que nous avons même cru un long instant nous être trompés de rue!!! Comme quoi l’importance de l’ ici et maintenant, la bonne heure, le bonheur…ce n’est pas que du pipeau !

image

image

image

image

image

Un soupçon de pseudo galeries d’art essaye de donner un côté intellectuel au site…de jour! …mais l’odeur du système d’égout défaillant et la démarche hésitante des 4/5 de la population noctambule rend cette tentative difficilement crédible. New Orléans a toujours été connu comme un port malfamé, comme un lieu de débauche et de trafic en tout genre et c’est bien l’impression que l’on a aimé en garder.
Comme nous sommes dans un lieu d’excès, au diable les varices, après la débauche du samedi soir nous nous offrons le lendemain une virée magique sur le Mississippi à bord du Natchez, digne descendant des bateaux à vapeur mythiques qui ont fait la renommée du fleuve. Tout y est! L’immense roue à aube, les salons kitsch, les deux cheminées crachant leur vapeur, le sifflet strident et profond annonçant le départ imminent, l’orchestre d’ambiance animant le lunch jusqu’à la mélopée inattendue donnée par le magicien es vapeur sur le toit du bateau.
image

Magie du voyage, magie des extrêmes, la roue à aube tourne aussi vite que le temps où le futur devient très vite le présent,… où le présent devient très vite un souvenir, …et où le souvenir devient très vite oublié, déformé, manipulé…
L’importance de cette prise de conscience du temps qui passe, magnifie l’instant présent parce qu’il n’y a pas de temps à perdre pour être malheureux. Le futur étant de toute façon destiné à devenir souvenirs,…autant que se soit des souvenirs heureux…et si on est conscient qu’ici et maintenant (donc dans le présent) il n’y a aucune raison particulière d’être malheureux, alors c’est le bonheur permanent et le rêve peut devenir réalité. Une phrase vue un jour avec mon père taguée sur un mur à l’intérieur de Paris intra-muros me revient à l’esprit : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et cela correspond bien à ma vision du jour.
Nous passons rapidement devant les causes des ravages provoqués par katarina (manque d’entretien des digues bordant le Mississippi mais surtout inhospitalité première du lieu puisque à l’origine, toutes ses maisons sont construites sur des marais en dessous du niveau de la mer…) et la même question me revient en tête chaque fois que je passe devant des lieux de désolation… Comment autant de gens peuvent vouloir s’entêter à rester dans des lieux ou des contrées aussi hostiles à la vie humaine? Mystère pour notre âme de voyageur alors qu’il y a tant de lieux qui nous paraissent au combien plus paisible et accueillant.

image

Nous reprenons donc notre route à la découverte de ce monde enchanté…en faisant une halte dans une plantation de cannes à sucre au bord du Mississippi…
…symbole de l’esclavagisme si il en est!…Nous n’en sommes plus à une hérésie près!
Nous naissons tous égaux?….Qui a bien pu dire une connerie pareille! Pas toujours facile de naître au bon endroit à la bonne heure…
A la pensée de toutes les souffrances, de toutes les injustices, de toute la misère qu’il y a pu avoir ici, je n’ai guère envie de faire l’effort de me souvenir. Pourquoi toujours vouloir se remémorer les atrocités que la débilité humaine a pu engendrer? Pour que cela ne se reproduise plus? Cela fait des années que l’on commémore à tour de bras…et on voit le résultat. Esprit de culpabilité même inconscient toujours plus développé, dépression, suicide, où à l’inverse malheureusement continuité des mêmes atrocités dans différents lieux du globe. Je préfère positiver dans l’instant présent, apprécier aujourd’hui et essayer de transmettre un peu de joie et de bonne humeur plutôt que de pleurer sur le passé…ou de m’émerveiller sur des bases de souvenirs tronqués et outrageusement exploités à des fins purement commerciales.
On file donc toujours plein Nord pour essayer de trouver un peu plus de verdure, de fraîcheur et de solitude. Un petit village,… non cela n’existe pas aux USA!, une petite ville, charmante d’après le Petit Futé, nous tente bien avec sa petite rivière serpentant au milieu de superbes paysages. Son nom me plait et cela suffit à me motiver. Natchitoches nous tend les bras le long de la Côte joyeuse. Nous y arrivons de nuit, les villes sont toujours plus belles de nuit, et nous allons y passer une nuit fraîche et reposante dans un cadre bucolique à souhait sur un quai bordant la cane River.

image
Nous avons rendez-vous dans deux jours avec Tracey, la fille de Bruce rencontré sur la Natchez road. Cela fait tout drôle de devoir maîtriser à nouveau le temps. Enfin drôle n’est pas vraiment le mot approprié, je dirai plutôt que ce mot, « rendez-vous! »… évoquerai plutôt en moi une notion de capitulisation, de soumission, la fin du « quand je veux et ou je veux », la fin du voyage quoi. Mais les choses ayant toujours deux faces, tout comme le verre à moitié vide qui est aussi à moitié plein, la perspective de pouvoir approcher d’un peu plus près, d’une façon un peu plus intime, la vie d’une famille américaine de middle class m’excite énormément.

image

image

image

image

image

image

Commentaires sur: "La Louisiane" (4)

  1. Malou Bruneton a dit:

    j’ai l’impression de voyager avec vous tellement tout est bien décrit. Je ne connais pas Mich’ mais en photo elle est super jolie faite bien attention à elle !!!!

  2. Mich est ravie du compliment et elle m’a bien précisé de ne pas dire que c’était juste en photo! et non, je n’ai pas changé…, c’est toujours mon boulet depuis plus de 25 ans et je l’aime toujours au point de faire l’exploit mondial de tenter de la supporter 24h/24!!!
    .Ce n’est pas toujours facile mais je crois bien que l’exploit est aussi valable de l’autre côté…

  3. Pascale a dit:

    Nous on l’a supportait que la nuit lol elle nous manque bien…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :