We have a dream…

LA FLORIDE COTE EST

En ce début mai le long de la côte Est de la Floride, nous rattrapons enfin la chaleur qui nous manquait tant. Nous nous arrêtons quelques jours à Sainte Augustine où nous recherchons un camping pour se poser un peu et essayer de dérouiller nos chaises longues. Notre GPS dernier cri (surement agonisant…) nous emmène sur les traces d’un camping disparu depuis déjà quelques années…, la deuxième proposition n’est pas meilleure puisque nous nous retrouvons le long d’une route où il n’y a… pas grand chose d’intéressant pour nous! Nous sommes juste à la sortie de la ville, en zone semi- industrielle. Il commence à se faire tard et notre errance à la recherche d’un point d’accueil pour Lapinou va nous amener à l’insu de notre plein gré dans un camping pour résidents temporaire…ment permanents …! C’est à dire en marge de la belle société de consommation américaine, en attente d’un futur meilleur?…
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Quoi qu’il en soit, le nombre d’américains vivant en caravane ou mobilhome transformé en abri fixe est impressionnant. Depuis que nous avons pris la route au USA, de Niagara Fall en passant par les états de Pennsylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana, du Kentucky, du Tennessee, de la Louisiane, de l’Alabama et de la Géorgie ces villages de caravanes sont omniprésents le long des routes sans compter les innombrables parcelles de terrain disséminées servant d’accueil à une ou plusieurs familles occupant les restes de mobilhomes hors d’âge. On a vraiment l’impression d’une Amérique à deux vitesses, pourtant dans toutes les campagnes traversées et dans les petites villes règnent partout cette notion de calme et de tranquillité étonnante. Cette cohabitation qui semble paisible entre les parcelles riches et celles plus déshéritées m’étonne toujours. Est-ce seulement une impression ?…
Est-ce due à la fameuse devise américaine que l’on voit affichée à l’entrée de chaque lotissement… » Neighbour is watching  » (le voisinage veille…) autrement dit tout le monde surveille tout le monde…,
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est-ce due à l’organisation des quartiers en communauté où tout le monde connait tout le monde…et où tu es libre de ne rien faire si cela ne dérange pas ton voisin…
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Je ne sais pas quoi encore en penser mais loin d’être une poudrière comme chez nous, les territoires que nous traversons nous apparaissent au contraire sans vie. Tout est bien propre, bien net. Le soir, en ville les parkings sont déserts, les rues sont désertes, il n’y a aucun bruit après 22h à tel point que l’on pourrait penser à un couvre-feu ! Seuls les voitures de la police sillonnent la ville et traquent les pauvres petits camping cars français cachés dans un coin de plage…Grrrrr!! Les seules manifestations populaires semblent avoir lieu lors d’événements organisés: matchs de foot, de basket, gala de soutien, etc…et rarement après 22h…apparemment rien de spontané ou d’imprévu…pas de débordement, the Law is the Law…
Nous discutons un moment avec un gars qui est descendu de Pennsylvanie en Floride il y a bientôt un an pour travailler à Sainte Augustine. Son salaire suffit juste à le maintenir ici, dans ce camping, dernière case avant la précarité de ceux que nous avons déjà rencontrés qui vivent déjà eux à l’année dans leurs voitures. On l’écoute un moment, il a envie de parler à des gens qu’il ne reverra jamais puis il repart vers son destin.
Même ici, dans ce lieu déshérité, le calme règne en maître absolu. C’est à ne rien y comprendre, les mômes doivent tous être collés derrière leurs écrans et les parents usés ou découragés par la vie. Il y a quelque chose de triste à voir toutes ses caravanes, créées pour découvrir le monde, échouées ici et servant de derniers abris à des oubliés de la route mondiale.

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Le lendemain, magie du voyage, nous ne faisons que quelques centaines de mètres pour côtoyer un autre monde. Nous nous sommes rapprochés de la plage pour nous installer dans un camping haut de gamme plein de canadiens fortunés s’apprêtant à retourner chez eux après avoir passés, comme chaque année, l’hiver au chaud en Floride. On passe d’un parc hétéroclite de vieilles caravanes airstream des années 60 à de somptueux bus à triple essieux tirant le Humer de Madame et la Harley de Monsieur…le contact et la spontanéité en moins…En effet ici tout le monde nous ignore, le seul sourire furtif que l’on voit parfois poindre est… lorsque l’on sort le dieu $ ! Et plus on va descendre dans le sud de la Floride plus cette impression désagréable va se confirmer.

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Heureusement la côte Est jusqu’à Miami est superbe, nous avons suivi la route côtière A1A qui serpente le long de luxueuses propriétés, qui se faufile entre de somptueuses plages et des marais sentant bon l’alligator. Un vrai régal pour les sens. Les plages que l’on peut même emprunter (sagement…) avec Lapinou offrent un lieu de baignade idéal, ajouté à l’observation des pêcheurs, des tortues et du soleil levant. Nous nous laissons ainsi porter par les flots du voyage jusqu’à Miami où la réalité touristiconomique va nous rattraper.

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Miami, urbanisation à outrance, mendicité, sirènes de police incessantes et tourisme exploité au maximum. Nous y restons juste le temps réglementaire pour prendre la photo devant le panneau vantant « Miami beach », juste le temps de faire un tour sur Southampton beach, la rue où il fait bon être vu et nous filons à travers les nouveaux gratte-ciel art-déco dormir sur un parking de Mac Donald en direction des key west…le meilleur est passé.
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A partir de Miami, le périple jusqu’à Key West (soit 500 kms aller/retour quand même…) plus le park national des Everglades (une centaine de kilomètres)…..ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable.
A moins d’avoir un bateau, la route jusqu’à Key West doit bien avoir 50 kms d’intéressant sur 500 !!! Le reste du temps on roule sur une morne ligne droite entre deux rangées de buissons qui masquent complètement la vue! Et lorsqu’il n’y a plus de buisson, on traverse pendant des kilomètres des zones commerciales où se succèdent interminablement vendeurs de bateaux, hôtels, vendeurs de bateaux, restaurants, vendeurs de bateaux, hôtels, loueurs de jet ski et de soleil levant, motel, vendeur de bateaux, bank, etc…et cela se répète inlassablement tout les 20 kilomètres.
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Vient alors l’idée de sortir de ce corridor de merde pour se rapprocher de la mer et de ses sublimes plages…doux rêve complètement irréalisable ! En effet sur cette étroite bande de terre il y a déjà très peu de plages de sable car on est ici dans un environnement de mangroves et tout étant privatisé, dès qu’il y a un bout de sable, il y a une maison avec le beau panneau qui va avec: » NO TREPASSING »… Il n’y a même pas moyen d’arriver jusqu’à la mer !!! Soit l’espace libre est occupé par des parc d’état avec des rangers souriant comme des portes de prisons où il faut payer pour faire attention à ne rien écraser, ni le moindre brin d’herbe ni même la moindre merde hypothétique d’une tortue invisible…, soit il faut passer outre les fameux panneaux  » NO TREPASSING »,…aux risques et périls du contrevenant (le port d’armes est autorisé ici…!)

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, soit il faut s’arrêter dans un hôtel pour profiter de sa plage privée. Mais pour le touriste moyen, pas grand chose de prévu, même l’ombre est payante. Toutes les places de stationnement sont payantes et le personnel de contrôle particulièrement efficace. Putain de chi…., il y en a un qui s’est acharné sur nous, il devait être croisé avec un moustique aux yeux bridés pour pouvoir se hisser sur le pare choc de Lapinou collé contre les cactus… De toute façon c’est lui qui va devoir se gratter pour qu’on paye les amendes…
Seule Key West, comme par hasard la dernière ville du bled, à quelques miles nautiques de Cuba, m’a paru digne d’intérêt. Le centre ville est agréable pour y flâner à pied, il y a une petite activité artisanale diurne et nocturne et quelques belles maisons à découvrir. Mais en tout cas pas assez pour moi pour justifier les 500 kilomètres du détour!
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De retour sur Miami nous enchaînons par le fameux parc des Everglades…capitale mondiale des moustiques ! (c’est écrit à l’entrée du camping principal du parc, le Flamingo campground) ! Encore mieux, comme tout est fermé et qu’il faut s’inscrire et payer soit même, il est expressément recommandé de ne payer qu’une nuit à la fois car les « bugs » (bestioles volantes et piquantes en tous genres) peuvent gâcher le séjour… Si la première nuit nous nous en sommes bien tirės, les vents devaient être favorables, ce ne fut pas le cas de la deuxième nuit où on s’est fait dévorer. Si on ajoute à cela une virée en bateau au milieu de la mangrove pour voir la queue d’un demi crocodile et deux pattes d’ibis rose, une caissière antipathique et des vautours rôdant sinistrement de partout ça ne donne pas vraiment envie de rester. Cerise sur le gâteau, on ne peut même plus faire d’air boat sur le parc, parait que ça effraie les Lamantins….Il faudrait d’ailleurs que les rangers pensent à leur envoyer une lettre recommandée pour les informer qu’ils peuvent revenir, parce que air boat ou pas, nous on en a vu aucun….le spectacle est outside the park….! Même pas pris de photos là-bas!
Nous refaisons donc une nouvelle fois le chemin en sens inverse (les Keys et le flamingo campground sont des cul de sac…pour lesquels il faut faire exprès un détour afin d’être sur de ne rien voir..!

Retour donc à Florida city pour récupérer la US 41 direction Naples. Là, nous longeons le park des Everglades. La route est une longue ligne droite mais à la différence de la route des Keys elle n’est pas enfermée entre des bosquets masquant le paysage, elle traverse des marais, des étangs, d’anciens villages indiens (reconstitués…) où la vie est débordante d’activité. Il suffit de s’arrêter n’importe où pour voir des troupeaux de crocodiles vous observer, pour surprendre des tortues en train de rejoindre la profondeur calme des étangs, pour détailler la posture des hérons attendant patiemment le passage de leurs proies, pour voir quantité d’ibis, de poissons divers. La nature sauvage est enfin à nos pieds, gratuitement et en quantité illimitée…. Vous avez donc, à votre gauche, le parc national des Everglades, où sans rire tout est payant, où tout est interdit et où l’observation de chaque parcelle de vie sauvage se mérite, la vision d’un simple crocodile étant perçu comme un exploit, et vous avez à votre droite, exactement le même paysage que vous pouvez observer gratuitement mais qui lui est plein de vie (la gratuité a un prix… et je me demande même si le parc n’essayerai pas de faire payer les animaux pour les protéger ? …ce qui expliquerait leur rareté là bas et leur nombre ici !) les crocodiles ainsi que de nombreux volatiles sont apparemment passionnés par le spectacle de l’homme agité et le passage des air boat n’a pas l’air de vraiment les déranger et vous devez réellement faire attention, non pas au risque de marcher sur une merde quelconque mais plutôt d’éviter d’écraser la queue de la bestiole qui vient de la poser…Il y a vraiment une différence visuelle de la proximité de la faune impressionnante entre le parc national et son environnement immédiat!
Mais qu’est-ce qu’on a été foutre dans ce parc à merde, à part se faire bouffer par les moustiques? Ici, comme il n’y a pas de forêt et peu de mangrove il n’y a même pas de moustique ! Nous allons même passer la nuit au bord d’un bras d’eau sous la bonne garde gracieuse de trois crocodiles. Le spectacle du soleil couchant sous l’œil des crocodiles est majestueux et le réveil aux sons du chant des oiseaux exotiques paradisiaque. Le matin nous nous offrons un tour en air boat, juste pour nous deux. Vive le hors saison ! Les émotions perçues dans mon enfance devant la télé et les épisodes de Skippy le kangourou remontent à la surface et une vague de bonheur m’envahit.

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