We have a dream…

Premiers pas Canadiens

Premiers pas canadien

Après en avoir tant rêvé, nous sommes enfin en terre étrangère, mais pas en n’importe quelle terre étrangère, puisque mon rêve était bien de faire un grand pas pour mon humanité personnelle. Ce grand pas impliquait pour moi de changer de continent, car changer durablement de continent implique un investissement personnel formidable. La logistique n’est pas forcément très compliquée à mettre en place, elle devient même de plus en plus facile à mesure que l’épaisseur du portefeuille diminue…mais il reste toujours des choix à faire, des décisions à prendre qui vont influencer sur le déroulement du rêve.
Nous posons donc le pied pour la première fois sur un autre continent et plus particulièrement sur le sol canadien le 26 mars 2013. Pour alimenter les images d’Epinal qui nous habitent concernant les pays nordiques, évidemment il neige, même fin mars. Mais, premières surprises, après l’humour Michelin de « l’humidité sèche » du Portugal nous trouvons ici un froid sec canadien qui est parfaitement supportable, et certainement beaucoup plus agréable que le temps humide d’hiver que l’on peut trouver dans certaines vallées encaissées de Haute-Loire…
Dans l’attente de notre Lapinou qui devrait arriver sans tarder dans le port d’Halifax, nous usons les banquettes des bus de la ville à la découverte des différents quartiers de la ville.
Lors de nos premiers contacts avec les canadiens nous sommes surpris par leur gentillesse et leur disponibilité. Dans les cars que nous empruntons, les conducteurs sont d’une amabilité surprenante, toujours prêt à rendre service, à s’inquiéter de l’endroit ou nous allons pour que nous ne rations pas le bon arrêt.
Deux petites anecdotes sympa: le premier jour de notre arrivée à Halifax, nous prenons au pif un bus histoire de faire un tour de la ville, il est 10h du matin, il n’y a pas grand monde dans le bus et au bout d’un moment, lors d’un arrêt tampon, la conductrice vient nous voir pour s’inquiéter de notre destination. Comme nous lui répondons d’une façon très candide que nous ne savons pas où nous voulons aller…la discussion s’engage très facilement et nous allons ainsi faire avec bonheur deux fois le tour de la ville en prenant pleins de renseignement divers.
Deuxième anecdote: on essaye une autre ligne dont le terminus arrive sur un parc avec là aussi un temps d’attente et nouvelle discussion avec le chauffeur qui s’inquiète de ne pas nous voir descendre. On lui dit qu’on reviendra voir le parc demain car il devrait faire un peu meilleur mais que nous souhaitons descendre voir le terminal Cerres où doit arriver notre camping car. Arrivé à l’avant dernier arrêt proche du terminal, alors que le car est plein, le conducteur arrête son car, descend de son siège et vient directement vers nous à l’arrière du car pour nous signaler de descendre à l’arrêt suivant si on ne veut pas devoir marcher beaucoup plus longtemps pour avoir accès au port…Je peux vous dire que cela fait chaud au cœur de voir que des inconnus puissent se préoccuper de nous et nous accorder du temps d’une façon tout à fait altruiste. Il en ressort un climat général de sérénité que l’on est bien loin de trouver chez nous. Dans les bus, à chaque sortie de passagers par les portes arrières ceux ci remercient le chauffeur d’un sonore « thank you », personne ne crache de partout, lorsqu’une personne âgée ou même simplement obèse monte dans le car, une place se libère aussitôt pour qu’elle puisse s’assoir, tout le monde respecte les passages piétons et les feux. C’est vraiment une autre façon de vivre beaucoup plus reposante que celle que nous pouvons connaître dans nos citées. Même au niveau de la communication, tout semble plus facile. Nous avons un petit chien Yorkshire et alors qu’au Portugal seules les personnes âgées se contentaient de sourire en regardant uniquement le chien et bien ici, à Halifax, tout le monde sourit, les vieux, les jeunes, les policiers, les riches et les moins riches et tous nous adressent quelques mots de sympathie. Même simplement dans la rue, lorsqu’il n’y a pas trop de monde, les gens que nous croisons nous saluent, même les « exclus » ne sont pas agressifs comme chez nous et globalement le contact est étonnamment facile.

Dimanche 30 mars, nous nous promenons sur le port touristique d’Halifax lorsque je vois un gars en train d’essayer d’apprendre à sa nana à faire du monowheel. (Monocycle électrique ) Comme je m’approche, il me demande directement si je veux essayer! …Et comme je n’ai pas l’habitude de faire du chichi, j’enchaîne avec un grand Ouiiii! Ces Canadiens m’apparaissent vraiment comme des extra-terrestres, d’une gentillesse, d’une simplicité,d’un contact facile et désintéressé comme j’en ai rencontré rarement dans ma vie. Voilà vraiment l’essence de ce que je souhaitais découvrir à travers ce voyage et le fait de la découvrir là, tout de suite me décontenance. Surtout que je n’ai rien à proposer en échange sinon mon entière gratitude. Je me tromperais donc autant que cela sur la nature de l’homme? A moins que ce ne soit simplement la nature de l’homme français, si souvent perçu par les étrangers comme arrogant et égoïste qui me choque…
Enfin, voilà comment j’ai pu faire pour la première fois du mono roue électrique. Un seul mot sur cette expérience: Fabuleux!
Moi qui prône la décroissance, ça commence mal! J’en veux un….!!!

Mardi 02 avril, nous venons de récupérer Lapinou qui nous attendait au port depuis 6 jours. C’est une journée incroyable car une nouvelle fois, pleine d’inattendu. Déjà il a fait beau…et presque chaud au soleil et à l’abri du vent. Ensuite le broker qui s’occupe du shipping de Lapinou nous envoie un mail à 11h45 pour nous informer que la douane a contrôlé Lapinou positif …mais que contrairement aux coureurs cyclistes c’était bon pour nous et que l’on pouvait passer à leur bureau pour récupérer les papiers, payer leur service, passer à la douane pour faire viser ses fameux papiers et enfin récupérer Lapinou au port.
Par contre, mauvaise nouvelle, les services du port ne sont ouvert que jusqu’à 12h…il faudra donc attendre demain matin pour se mettre au volant de Lapinou. Bouhouou !
Nous avons le choix de faire tous les papiers dans l’après-midi avant 16h ou de venir tout faire le lendemain matin pour aller ensuite directement au port. Moi j’irai bien tout de suite finir toutes ses formalités administratives mais Mich est affamée… et quand Mich est affamée, impossible de faire autre chose que de chercher où manger! alors on va d’abord s’enfiler un bon plat de pâte avant de sauter dans le bus pour foncer chez le broker. 14h30, on se fait encore délester de 150 $ contre deux bouts de papier puis on file aux services des douanes pour faire tamponner les papiers du broker avant 16h et on ressaute dans le bus, direction le port…
Bin oui, maintenant qu’on a un copain là-bas, on va quand même aller voir si on peut récupérer Lapinou ce soir…même si on nous a dit qu’on pouvait pas! Ça doit être l’esprit frondeur du français moyen (avec l’arrogance en moins…)
D’ailleurs tout à l’heure en fonçant chez le broker, on s’est fait sermonner par un policier en vélo parce qu’on avait traversé un carrefour alors que le feu pour piéton était rouge…je ne sais plus à combien se montait l’amende cette fois mais j’ai surtout retenu que cela retirait 2 points sur le permis…canadien ouf! On a fait profil bas et attendu que le feu piéton passe au vert…pas facile c’est vrai quand on est pressé ( on a encore quelques vieux réflexes d’oppressés de la consommation et du business…mais on se soigne, d’ailleurs nous sommes en pleine thérapie …!)
Arrivés au port, pas de chance, ce sont d’autres employés qui sont à l’accueil mais nous tentons quand même le coup et je donne mon papier  » DELIVERY ORDER » en demandant si on peut récupérer notre camper…Et à nouveau aucun problème, rebadge visiteur avec gilet de sécurité fluo en plus cette fois et nous remontons dans la même voiture direction un autre bureau où on va réceptionner administrativement Lapinou en signant le  » non negotiable dock receipt  » document qui atteste qu’on a bien contrôler le véhicule sur le port d’arrivée et qu’il n’y a  » no new damages recorded  » et basta! Le tout avec le sourire et no stress!
Nous voilà donc enfin à bord de Lapinou, je tourne la clé de contact avec un peu d’appréhension et Lapinou démarre au 1/4 de tour ! Youpee, le tour du coin va enfin pouvoir commencer !!!
Tous les gens que nous avons pu rencontrer, au port, en ville ou dans les bureaux ont vraiment été d’une gentillesse incroyable, souriant et attentionnés. Et le meilleur est à venir…

Premier objectif: Trouver une bouteille de gaz pour le chauffage.
Direction un magasin de bricolage « Canadian tire » où nous allons payer la bouteille de gaz 70 $ …au lieu de 55 $ dans n’importe quelle station…mais je voulais vérifier sur place que tout fonctionnait bien.

Deuxième objectif: Faire le plein de gasoil de Lapinou.
Ça tombe bien, il y a une station à côté….

…problème…. elle ne vend que du super ! ??? …..

Deuxième station……pareil ! que du super.
Il semblerait que cela veuille commencer à se compliquer un peu…

Troisième station, la station miraculeuse.

Je n’ai pas encore tout compris et je suis toujours sous le coup de l’émotion. Donc, il y a bien un panneau diesel et je m’arrête devant la pompe de GO. Je fais le plein mais au moment de payer avec ma carte bancaire, celle-ci ne fonctionne pas. Cela nous est déjà arrivé en Espagne et apparemment on ne peut pas utiliser cette carte bancaire à l’étranger pour prendre du carburant…alors que je vais sortir un billet de 100 $, un homme d’ une cinquantaine d’année tend sa carte au pompiste en lui disant en canadien  » prenez le sur ma carte, je lui offre son plein !  » Je lui tend alors mon billet pour le rembourser mais il insiste:
Non, non, je vous offre ce plein !
Je regarde le pompiste, qui a l’air aussi surpris que moi, mais qui a déjà encaissé le plein…J’insiste pour rembourser cet inconnu mais devant son refus je demande alors à mon mécène pourquoi il veut m’offrir ce cadeau? Et il me répond simplement qu’il a vu Lapinou, que le véhicule lui a plu et qu’il apprécie les voyageurs. Il me demande rapidement d’où je viens, où je vais, puis repart aussi vite qu’il est apparu!!!
Et je reste là complètement ébahi.
Moi qui suis attentif aux signes et qui, à travers ce voyage initiatique espère découvrir une humanité, je ne pouvais pas être mieux servi !
Alors que je pars avec une vision des hommes très pessimiste… depuis notre arrivée au Canada, je vais de surprise en surprise et là, c’est l’apothéose! Autant de générosité aussi multiple, d’une façon aussi imprévisible que complètement désintéressée me laisse sans voix. Une semaine à Halifax m’a apporté plus d’humanité que j’en aurai espéré dans mes rêves les plus fous. Les Canadiens ont su ébranler mon cœur, interroger mon esprit et m’aider à avancer vers plus d’humanité, seul vecteur durable, à mon sens, du bonheur.

Halifax

Halifax

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Commentaires sur: "Premiers pas Canadiens" (2)

  1. DE BASTIANI SYLVIE a dit:

    BONJOUR ET MERCI pour vos publications sur votre blog que je suis régulièrement.
    je connais mes cousines, elles sont très sympathiques et généreuses, je vois que tous les canadiens le sont….pas comme chez nous, c’est chacun pour soi, et chacun chez soi galère ou pas galère….Bonne route et bises à tous les 2 . SYLVIE

  2. Eh bien, les voyages forment la jeunesse: il n’est jamais trop tard ! Heureux de vous voir retrouver un peu d’optimisme sur l’humanité ; l’homme est un loup pour l’homme, disait l’Ancien. Oui, heureusement, il peut aussi être un aimable compagnon. Bonne chance pour la suite du voyage.

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