We have a dream…

Le transport de Lapinou en RORO direction le Canada.

Un des gros morceaux du voyage…car le transport maritime représente déjà un budget important, voir même important comme diraient mes amis Dupont et Dupont!…mais il est également non négligeable par l’inquiétude que sa préparation génère. En effet, du bon déroulement des opérations d’embarquement et de débarquement dépend la suite de notre voyage, car sans la présence d’un Lapinou frais et dispo à Halifax le 27 mars, la continuation de notre voyage en serait bien contrariée. Nous avons donc choisi la compagnie allemande Seabridge spécialisée dans le transport de Motor home pour s’occuper de notre shipping et nous devons présenter Lapinou le lundi au port d’Antwerpen (Anvers comme le nom belge ne l’indique pas…la bonne blague quand vous cherchez désespérément les panneaux routiers Anvers, perdus au milieu de tout un tas d’embranchements autoroutiers dans une tempête de neige…)
Il y a un départ tous les mercredi. Deux impératifs nous sont imposés par Seabridge: Lapinou doit être propre sur lui pour pouvoir passer le contrôle sanitaire et il peut contenir toutes nos affaires personnelles…à condition d’avoir l’air vide! Encore une bonne blague belge…
Pour le lavage de Lapinou, trouver une station de lavage n’a pas été simple…Alors que chez nous il y a au moins un karcher dans chaque garage et des stations de lavage dans toutes les grandes surfaces et à presque tous les carrefours, ici, non seulement il y en a très peu, mais en plus quand il y en a une, ils vont la cacher dans un petit coin improbable! Après avoir tourné au moins une heure dans Anvers, pris un p….de tunnel par erreur… mais pas pour rien puisque ça nous a coûter quand même 19 euros. (pour l’allée simple dans un sens…pour ensuite faire demi tour immédiatement après et repayer encore 19 euros dans l’autre sens…)

Hé hé, là si vous nous avez cru c’est que vous nous prenez toujours pour des ploucs…mais le voyage peut avoir cette particularité de changer les voyageurs et nous arrivons ainsi maintenant à être parfois momentanément juste des demi ploucs…ce qui nous a permis sur ce coup là de ne payer qu’une fois…
Trop fort!
On a ensuite juste demandé deux fois où on pouvait trouver une station de lavage et comme on ne comprend pas le flamand (pas plus que le portugais…) au bout d’une heure on connaissait enfin parfaitement toute la banlieue d’Anvers. Trop fort je vous dis!
On n’est pas peu fiers de représenter la Haute-Loire.
…Donc on a quand même finit par trouver une méga station de lavage, et alors que je commence à démonter à grand coup de poing le monnayeur qui ne veut pas me rendre le jeton que j’ai déjà mis 1/2h à avoir (temps nécessaire à un bon plouc pour comprendre le fonctionnement du distributeur qui n’acceptait que des billets neufs…) je vois mon voisin belge de lavage venir vers moi avec un regard désapprobateur, pour appuyer délicatement sur le petit bouton n°2 qui fait office de démarrage de la pression …
Donc une fois Lapinou propre, restait plus qu’à convoquer Gérard Majax pour faire une impression de vide à partir d’un camping car plein comme un œuf…pas facile de faire disparaître à la vue tout le bordel nécessaire au voyage de deux ploucs autour du monde!
Je ne vous fais pas un dessin, mais si le sac de croquettes de Couic venait à fermenter et à exploser, vu la compression des placards, si un douanier est présent à ce moment là dans Lapinou, ça va être un carnage! Bon, finalement tout est rentré aux forceps dans les frêles placards, j’espère qu’il n’y aura pas de gros temps lors de la traversée…sinon il va y avoir du ménage à faire à l’arrivée!
Demain étant un autre jour, nous campons devant les bureaux du transitaire en plein centre-ville d’Anvers pour être sur d’avoir le temps de faire tous les papiers pour pouvoir livrer Lapinou au quai 869 avant 16h.
Lundi 8h et 0°…Je suis devant les bureaux d’HERFURTH LOGISTICS NV, c’est déjà ouvert et on me dis d’aller directement au port, chez PSA quai 869, pour déposer Lapinou.
Aucun papier à faire ici…
La neige commence à tomber, la jauge de gasoil de Lapinou est dans le rouge et comme nous devons laisser le camping car avec 1/4 du plein, ni plus ni moins, nous partons à la recherche d’une station. Mais on a beau connaître toute la banlieue d’Anvers, plouc un jour, plouc toujours….les belges sont décidément très malins car en une seule nuit ils ont caché toutes les rares stations existantes. La pression à bord monte en même temps que la température extérieure descend d’une façon vertigineuse. Il se lève maintenant un vent glacial et le paysage blanchi rapidement, très rapidement… au bout d’une heure et trois tours de ville toujours pas de station d’essence en vue. L’orage à bord va éclater, je redoute que la vanne extérieure de vidange des eaux propres ne gèle, je décide alors de m’arrêter au bord d’un terrain vague pour procéder à la vidange des deux réservoirs d’eau propre de Lapinou. En effet le camping car doit être livré au port avec tous les réservoirs auxiliaires vides, c’est donc sous une véritable tempête de neige que j’arrive heureusement à ouvrir la vanne. En attendant que les réservoirs se vident je décide également de débrancher toutes les batteries auxiliaires qui se trouvent dans les coffres extérieurs fermés par des cadenas chinois à combinaison…
…C’est pas faux!
…Qu’est-ce que tu n’a pas compris? Chinois ou combinaison?
…Aujourd’hui ce sera Chinois…
Ce put…de cadenas ne veut pas s’ouvrir, les molettes sont grippées, mes doigts sont engourdis par le froid et j’ai rapidement épuisé tous les jurons de ma connaissance. Cette journée décidément s’annonce mal!
Michèle, qui me regarde bien au chaud dans son Opel, prend pitié de moi et vient faire acte de présence. Finalement une pince viendra quand même à bout de cette merde jaune. Je peux donc finir la préparation de Lapinou au grand voyage, vidange des réservoirs, isolation des batteries, démontage des bouteilles de gaz, dissimulation de tout ce qui dépasse encore un peu des placards. Pendant ce temps là, Michèle pris d’une idée lumineuse, trouve le courage inouï de demander à un passant l’adresse d’une station d’essence! Pas de problème, il y en a justement une proche du carrefour voisin où on est déjà passé 20 fois ce matin…? Put…de belges, ils ont du la remettre en place pendant que je préparais le camion.
Donc il est déjà 11h quand nous nous présentons au bureau de PSA , quai 869. Pas de chance, juste deux secrétaires et aucune ne parle le français. J’hérite de la plus antipathique…on devine que le service est spécialisés dans le transport de conteneurs et que le chargement de véhicule ne la passionne visiblement pas vraiment, routine quand tu nous tiens…
Elle ferait bien d’ailleurs d’aller se refaire faire une couleur cette bacalhau…
Alors que je lui tend un document que je viens de remplir incomplètement tant bien que mal, elle me pose la question qui tue… » Charging or discharging?  » …

…Heu…, et c’est quoi la différence entre les deux ?

Elle commence à me fusiller du regard en me faisant comprendre qu’elle avait bien deviné de quel département français je venais… Après m’avoir reposé deux ou trois fois la même question et devant mon air abruti ( je crois qu’elle veut savoir si le camping car est plein ou vide…charging ou discharging…et comme il est plein mais qu’il faut qu’il est l’air vide je ne sais pas trop quoi répondre…) elle consent enfin à regarder le tas de papier froissé que j’ai étalé par désespoir un peu partout sur le comptoir. Dans tout ce fatras elle trouve enfin le numéro de dossier salvateur fournit par le transitaire qui se révèle être le véritable sésame pour l’embarquement. Tout s’enchaîne ensuite très vite…trop vite?…l’ordinateur crépite et elle me tend deux bouts de papier avec pour seules instructions:
 » Vous ressortez, tournez à gauche et 800 mètres plus loin vous tournez à droite. Portail rouge, porte jaune, vous vous adressez là… »

…tiens ? Elle parle français la bacalhau maintenant…

J’en profite pour lui demander la différence entre Charging et discharging et elle consent enfin à m’expliquer que Charging concerne les transporteurs qui viennent récupérer des conteneurs au port et discharging concerne ceux qui viennent déposer des conteneurs destinés à être embarqué. Donc on vient bien discharging Lapinou…pour qu’il soit Charging sur le bateau…bon, bin j’ai pas encore tout compris et on sort vite avant que la pression ne remonte!
Après avoir fait donc demi tour en sens inverse, expression micheline qui prend tout son sens ici, car on a vraiment l’impression d’avoir pris l’autoroute à l’envers en circulant au milieu des camions qui arrivent de toutes parts en sens inverse pour faire enregistrer leurs cargaisons, on tourne à gauche et 800 mètres plus loin on toc à la porte jaune.
Là, tout s’enchaîne aussi très vite , trop vite?…
En 5 mn Lapinou se retrouve sur un terrain vague, coincé entre deux gros bulldozers. Moi j’ai juste un bout de papier jaune entre les mains, le même que la bacalhau des bureaux m’a laissé tout à l’heure… Est-ce que c’est le bon quai ? la bonne destination?…mystère…
Lorsqu’on envoie un simple colis par DHL du Puy à Saint Etienne il y a tout un tas d’étiquettes code barre collées de partout pour bien identifier le paquet et là…rien, rien de rien…On m’a fait jeter Lapinou dans un coin contre une signature en bas de ma feuille jaune et basta…pas de marquage sur l’engin, pas de contrôle intérieur, il peut y avoir cinq clandestins à bord…(à voir la prochaine fois pour amortir le prix de la traversée, 43€ le m3 + de nombreuses taxes diverses de chargement, déchargement,assurances, stockage,etc., qui font encore monter la facture de 50%…pour arriver dans notre cas à 3200€ rien que pour la traversée de Lapinou …+ notre transport aérien…)
Le gars du quai nous ramène dans sa BMW au portail rouge, …sur le parc traîne quelques engins de travaux public neufs, plus loin d’autres engins et véhicules divers ont l’air abandonnés depuis déjà pas mal de temps…et un lot de voitures américaines, neuves en son temps, porte la mention  » WRONG PORT « …erreur de port…
Faut être convaincu…
Je voulais attendre mercredi pour être sur que Lapinou soit bien embarqué sur le bon bateau mais comme il est impossible de voir de la route l’endroit où est stocké le camping car…, et vu le temps exécrable qu’il fait maintenant, (la radio annonce des chutes de neiges de 15 cm…), on décide de rentrer fissa à la maison. (après s’être quand même remonter le moral dans un bon resto du centre ville historique d’Anvers…)
La radio devient alarmante concernant les conditions météorologiques qui vont empirées dans la nuit, les département du nord sont déclarés en zone orange, certaines routes sont déjà bloquées, le mauvais temps ne veut vraiment pas nous lâcher.
Tout continue à aller bien…rester zen…
11h de route plus tard nous sommes enfin à la maison, nous avons distancé le mauvais temps et il n’y à plus qu’à attendre et espérer que nous allons tomber sur des dockers performants…

imageimagePort d'Anvers imageimageimageimageimageimageimageimage

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